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Le mimétisme extrême : Ces petites araignées qui sentent le caca d’oiseau pour ne pas finir en collation

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Le maître incontesté du camouflage répugnant

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Dans le monde animal, échapper aux prédateurs, c’est toute une affaire, n’est-ce pas ? On voit défiler des spécialistes incroyables, des rois du camouflage qui savent se fondre dans le décor, ou ceux qui misent sur la force du nombre. Mais sincèrement, l’astuce qu’ont trouvée certaines araignées, celle-là, je ne l’avais pas vue venir. Elle est d’une efficacité… disons, écœurante, mais géniale.

Je vous parle des fameuses araignées « crotte d’oiseau ». Elles appartiennent à la famille des Thomisidae, et plus précisément au genre Phrynarachne. Leur technique est simple : elles ne cherchent pas seulement à se cacher, elles veulent carrément ressembler aux déjections de leurs propres prédateurs, principalement les oiseaux. Quand on y pense, qui aurait envie de grignoter des excréments? Absolument personne, je suppose. C’est le mimétisme poussé à son paroxysme.

L’art de ressembler à des fientes : du corps à la texture

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Le genre Phrynarachne, qui compte environ trente-cinq espèces, a vraiment poussé le concept de « ressembler à du caca » à un niveau spectaculaire. Ces petites bêtes se trouvent principalement en Australasie, dans les régions tropicales d’Afrique et en Asie du Sud-Est. Ce qui est frappant, ce n’est pas seulement la couleur — souvent un mélange de blanc, de brun et de jaune — mais aussi la forme de leur corps et même leur texture rugueuse, qui imitent parfaitement l’aspect d’une fiente d’oiseau séchée.

Et pour pousser l’illusion encore plus loin ? Certaines espèces, très malines, tissent même une petite plaque de soie blanche sur la feuille où elles se tiennent. Cela amplifie l’effet visuel de la crotte fraîchement tombée sur le vert du feuillage. C’est l’attention aux détails qui fait toute la différence, franchement.

Quand l’odeur s’en mêle : la double stratégie olfactive

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Bon, si l’apparence ne suffisait pas, certaines espèces de ce genre sont allées un cran plus loin. Elles sentent mauvais. Je veux dire, elles sentent littéralement la crotte d’oiseau !

Prenez par exemple Phrynarachne ceylonica. Cette odeur terrible a un double avantage stratégique. D’abord, elle attire de quoi manger, principalement des mouches. C’est un peu dégoûtant comme méthode de chasse, mais efficace : les mouches pensent trouver un festin et paf, elles finissent au menu de l’araignée. Ensuite, et c’est le plus important, cette puanteur repousse les créatures qui, elles, aimeraient bien la manger, comme certaines araignées sauteuses. C’est une défense olfactive parfaite. On dirait presque que l’évolution a dit : « Si tu ne peux pas être invisible, sois juste immangeable. »

De nouvelles espèces identifiées : un genre mal documenté

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Il faut dire que le genre Phrynarachne est plutôt mal documenté dans la littérature scientifique. Tenez, plus de la moitié des espèces répertoriées ne sont connues qu’à partir de spécimens femelles, et parfois seulement d’anciennes illustrations. On dirait presque que ces araignées sont aussi douées pour le camouflage visuel que pour l’invisibilité académique.

Heureusement, une étude récente est venue éclaircir tout ça en identifiant deux nouvelles espèces. Les auteurs de cette étude ont noté, et c’est très technique, que « les organes copulateurs de beaucoup d’entre elles sont bien illustrés », ce qui a permis de différencier ces nouveaux spécimens de manière très fiable. C’est la preuve qu’en science, même les détails les plus intimes peuvent être cruciaux pour la classification.

Deux découvertes et des hommages entomologiques

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Alors, qui sont ces nouvelles étoiles malodorantes ? La première, Phrynarachne gorochovi, a été découverte aux Philippines, marquant la toute première fois qu’une espèce de ce genre est officiellement répertoriée dans ce pays. Elle est jaune et brune, recouverte de bosses, un vrai petit paquet bosselé. Elle a été nommée ainsi en l’honneur d’Andrei Vasil’evich Gorochov, l’entomologiste russe qui a eu la chance de collecter l’holotype.

La seconde, Phrynarachne storozhenkoi, vient de Bornéo, dans une région malaisienne. Elle est plus jaune, avec des taches noires et des marques brun foncé. Elle rend hommage à Sergei Storozhenko, également entomologiste russe, pour son 70e anniversaire. Tiens, c’est amusant de voir ces hommages, une belle manière de remercier les gens qui passent leur vie à chercher ces petites créatures, non ?

Bornéo, une première officielle, grâce à la science citoyenne

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Ce qui est vraiment intéressant, c’est que jusqu’à présent, aucune espèce de Phrynarachne n’avait été enregistrée officiellement à Bornéo. Ces découvertes changent donc la carte de répartition que nous pensions connaître, puisque *P. storozhenkoi* y est désormais officiellement répertoriée.

Mais attendez, il y a de l’espoir pour de futures identifications. La plateforme de science citoyenne iNaturalist, où tout un chacun peut poster des photos de nature, regorge déjà d’observations qui pourraient bien signifier qu’il y a encore d’autres espèces cachées dans ce genre un peu puant, je suppose. C’est génial de voir à quel point les gens ordinaires, avec un simple téléphone ou un appareil photo, peuvent aider à faire progresser la zoologie. Qui sait combien d’autres créatures se cachent en se faisant passer pour des déchets ?

Conclusion : L’ingéniosité sans limites de la nature

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En fin de compte, l’histoire des araignées « crotte d’oiseau » nous rappelle à quel point la nature peut être inventive. Quand il s’agit de survivre, il n’y a pas de limites : le déguisement total, allant de la couleur à la texture, et même à l’odeur, est une tactique imbattable. Ces récentes découvertes de P. gorochovi et P. storozhenkoi ne font que confirmer que même les créatures les plus petites et les plus malodorantes ont encore des secrets fascinants à nous révéler.

Le monde naturel est plein de surprises, et franchement, mieux vaut ne pas s’y fier à l’apparence, ni à l’odeur, d’ailleurs, si vous vous promenez en Asie du Sud-Est !

Selon la source : iflscience.com