Lutte contre le VIH : l’ONU dénonce un « revers historique » causé par la crise du financement
Richard Davis - 2025-11-26 00:40
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La riposte mondiale contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) traverse actuellement sa période la plus sombre depuis des décennies. C’est le constat alarmant dressé mardi par l’ONUSIDA, qui pointe du doigt une crise majeure de l’aide internationale ayant provoqué une véritable « onde de choc » dans les pays les plus vulnérables.

Des coupes budgétaires aux conséquences dévastatrices
Lors de la présentation de son nouveau rapport à Genève, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONUSIDA, a lancé un avertissement solennel. Elle a mis en lumière les effets catastrophiques des réductions drastiques de l’aide publique au développement par de nombreux grands donateurs.
Le rapport souligne particulièrement l’impact de l’arrêt brutal des financements par les États-Unis, survenu après le retour du président Donald Trump à la Maison-Blanche plus tôt cette année. Il est important de noter que l’ONUSIDA dépendait auparavant à 50 % des fonds américains. Cependant, Mme Byanyima a précisé que ce retrait s’inscrit dans une tendance plus large de désengagement financier international.
« Les coupes sont dramatiques et généralisées », a déploré la directrice générale, ajoutant que l’écosystème complexe soutenant la lutte contre le VIH dans des dizaines de pays à revenu faible et intermédiaire a été « profondément ébranlé ».
Un système de santé à bout de souffle
Sur le terrain, les répercussions sont immédiates et tangibles. Des cliniques ont dû fermer leurs portes sans préavis, laissant des milliers de patients sans recours. De nombreux agents de santé ont perdu leur emploi ou ne perçoivent plus leur salaire, entraînant des perturbations majeures dans les services de dépistage, de traitement et de prévention.

Des chiffres inquiétants
Les données financières illustrent l’ampleur du problème :
- L’an dernier, 18,7 milliards de dollars étaient disponibles pour la lutte mondiale contre le sida.
- Ce montant est inférieur de 17 % aux besoins annuels estimés pour atteindre les objectifs de 2030.
- Cette baisse de financement est une tendance observée progressivement depuis dix ans.
Dans 13 pays, le nombre de nouvelles mises sous traitement a reculé par rapport à l’année précédente. Des pénuries critiques de trousses de dépistage et de médicaments ont déjà été signalées, notamment en Éthiopie et en République démocratique du Congo.
La prévention, grande oubliée de la crise
Les services de prévention, déjà fragilisés avant cette crise financière, subissent le contrecoup le plus sévère. Selon l’ONUSIDA, environ 9,2 millions de personnes sur les plus de 40 millions vivant avec le VIH dans le monde ne recevaient aucun traitement l’année dernière.
Mme Byanyima s’est dite particulièrement préoccupée par l’effondrement des stratégies de prévention. Sans un redressement rapide des investissements, le monde risque d’enregistrer 3,3 millions de nouvelles infections d’ici 2030.
Bien que le nombre de décès liés au sida ait diminué de 54 % depuis 2010 (630 000 décès l’an dernier), le rythme de réduction des nouvelles infections stagne. L’an dernier, 1,3 million de nouvelles infections ont été recensées, un chiffre identique à l’année précédente et trois fois supérieur au seuil nécessaire pour éliminer la menace du sida d’ici la fin de la décennie.
« Si cette situation ne s’inverse pas, si les investissements dans les services de prévention ne sont pas à nouveau augmentés, nous allons assister à une hausse des nouvelles infections », a conclu la directrice générale, à l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida.
Selon la source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2209682/riposte-mondiale-sida-revers-onu-maladie
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