L’étau se resserre autour du Parti libéral du Québec (PLQ) en cette fin d’année 2025. Alors que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) accélère ses démarches en interrogeant l’entourage immédiat de la députée indépendante Marwah Rizqy, le chef Pablo Rodriguez tente de maintenir son leadership malgré la tempête politique qui secoue sa formation.
L’UPAC cible l’entourage de Rizqy
L’enquête de l’UPAC sur les allégations de malversation et de financement irrégulier durant la course à la chefferie du PLQ a franchi une nouvelle étape. Des sources confirment que les enquêteurs ont rencontré Isabelle Lord, directrice du bureau de circonscription de Marwah Rizqy. Mme Lord est une figure centrale de l’imbroglio actuel : coordonnatrice régionale bénévole pour la campagne de Pablo Rodriguez lors de la course, elle cumule près de 20 ans d’expérience dans les cabinets libéraux.
Lea-Kim, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Son nom avait récemment refait surface au cœur des tensions internes. Il y a un mois, Marwah Rizqy, alors cheffe parlementaire, avait tenté de nommer Isabelle Lord pour remplacer sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse, congédiée sans préavis. Cette décision avait été annulée par Pablo Rodriguez, précipitant l’exclusion de Mme Rizqy du caucus libéral. Mme Lord est toutefois demeurée à l’emploi de la députée de Saint-Laurent, qui siège désormais comme indépendante.
Le « mea culpa » de Pablo Rodriguez
Face à la pression grandissante et aux appels à la démission, Pablo Rodriguez a profité du bilan de fin de session pour tenter de reprendre la main. Se décrivant comme un « fighter » à la « couenne dure », le chef libéral a exclu de quitter son poste, brandissant la menace d’élections hâtives pour appeler à l’unité.
Crédit : votrequotidien.ca (Image IA)
Il a néanmoins dû présenter des excuses publiques concernant la gestion de ses dépenses électorales. M. Rodriguez a admis avoir commis une « erreur » en louant un local de campagne appartenant à son épouse, pour un loyer avoisinant les 20 000 $. « Si c’était à recommencer, je louerais ailleurs », a-t-il concédé, tout en martelant que toutes les transactions ont été faites « dans les règles de l’art » et conformément aux directives du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).
Un caucus divisé et des absences remarquées
Si le chef affirme ne pas s’inquiéter de ses appuis, la fracture au sein du parti semble réelle. Une lettre de soutien circule actuellement, ayant recueilli la signature d’une quarantaine de présidents d’association de circonscription sur les 125 que compte le Québec. Pablo Rodriguez a minimisé la fronde, soulignant qu’aucun chef ne fait jamais l’unanimité.
Le malaise était toutefois palpable lors du point de presse de fin de session. L’absence de la députée Marie-Claude Nichols, proche alliée de Marwah Rizqy, a été justifiée par la maladie d’un proche. Quant au député Greg Kelley, conjoint de Mme Rizqy, son retour en Chambre n’est attendu qu’à la prochaine session, laissant l’image d’une famille libérale encore loin d’être réconciliée.
Selon la source : lapresse.ca