Course à la chefferie du NPD : la tension monte et les clans se forment
Richard Davis - 2026-01-16 12:35
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Le compte à rebours est lancé pour les cinq candidats

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On sent bien que la pression monte d’un cran chez les néo-démocrates, vous ne trouvez pas ? Il reste moins de deux semaines, c’est vraiment la dernière ligne droite pour les cinq candidats qui espèrent prendre la tête du parti. Rob Ashton, Tanille Johnston, Avi Lewis, Heather McPherson et Tony McQuail… ils sont tous là, le nez dans le guidon, à essayer de recruter de nouveaux membres et, surtout, à chercher de l’argent pour atteindre leurs cibles de financement. C’est le nerf de la guerre, après tout.
Ce jeudi, il s’est passé quelque chose d’assez marquant, je dirais même un tournant. Avi Lewis, le candidat de Colombie-Britannique, a réussi à décrocher un appui qui pèse lourd dans la balance : celui de Leah Gazan. C’est tout de même la première députée fédérale du parti à se mouiller officiellement pour un aspirant chef. Ils ont fait ça de manière assez moderne, via une vidéo sur les réseaux sociaux où on les voit ensemble.
Dans cette séquence, Leah Gazan ne tarit pas d’éloges sur Lewis. Elle le présente comme un ami, certes, mais surtout comme celui qui, selon elle, est le mieux placé pour « reconstruire le parti » et redonner de l’espoir dans cette période un peu trouble. C’est un signal fort, alors que les autres députés, comme le Québécois Alexandre Boulerice ou Jenny Kwan — qui préside le caucus — ont décidé de rester neutres pour l’instant. Jenny Kwan a d’ailleurs été très claire jeudi en disant qu’elle ne soutiendrait personne, tout en reconnaissant que la lutte est, je cite, « acharnée ».
Guerre de financement et bataille de l’expérience

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Du côté d’Avi Lewis, on ne mise pas que sur les élus. Il a su s’entourer de figures emblématiques comme l’écologiste David Suzuki ou encore l’épidémiologiste québécoise Nimâ Machouf. Et puis, il y a cette transparence financière qui est assez unique dans cette campagne. Son équipe est la seule à avoir dévoilé ses chiffres : le documentariste affirme avoir récolté la somme impressionnante de 783 000 $ à la fin du mois de décembre. C’est colossal, non ?
Mais attention, en face, l’équipe de Heather McPherson ne se laisse pas impressionner. La députée albertaine, qui représente Edmonton Strathcona depuis 2019, joue une autre carte. Elle sillonne le pays depuis des semaines. Sa stratégie ? Aller chercher les militants ancrés dans leurs communautés plutôt que de courir après les vedettes, même si elle a quand même réussi à rallier Rachel Notley, l’ex-première ministre de l’Alberta, ce qui n’est pas rien.
Et puis, il y a le soutien de Charlie Angus. L’ancien député de Timmins-Baie James, qui a siégé de 2004 à 2025, n’y est pas allé de main morte. Dans une vidéo publiée mercredi, il a lancé une petite pique qui visait clairement les adversaires de McPherson, et probablement Lewis qui a échoué deux fois à se faire élire en Colombie-Britannique. Angus a dit que diriger le parti n’était pas « un emploi de débutant » et qu’il fallait un leader qui « sait comment gagner ». McPherson est d’ailleurs la seule candidate à détenir actuellement un siège aux Communes, un détail qui compte.
La carte syndicale et les obstacles de la dernière chance

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Il ne faudrait surtout pas oublier Rob Ashton dans l’équation. Lui, il joue à fond la carte du monde ouvrier. Bien qu’il ait quelques soutiens d’élus à Victoria, sa force de frappe vient d’ailleurs. Leader syndical aguerri, il a obtenu l’appui massif du Syndicat des Métallos. On parle ici d’une organisation qui représente 225 000 travailleurs à travers le pays. C’est une machine de guerre politique.
Marty Warren, le directeur national du syndicat, a été très élogieux début décembre, affirmant voir en Rob un leader capable de protéger les industries et de se battre pour les travailleurs « d’un océan à l’autre ». Concrètement, ça veut dire des bénévoles qui font des appels et organisent des rencontres dans les locaux syndicaux. C’est une aide logistique précieuse.
Pour les deux autres candidats, le fermier ontarien Tony McQuail et la conseillère municipale Tanille Johnston, la pente semble un peu plus raide. Ils ont visiblement plus de mal à atteindre leurs cibles de financement et à rassembler des appuis majeurs. Le temps presse, car la date butoir est fixée au 28 janvier. C’est à cette date qu’ils doivent avoir fini le recrutement des membres et, détail crucial, verser une dernière contribution de 25 000 $ pour avoir leur nom sur le bulletin de vote.
La suite ? Ça va aller vite. Le prochain débat est prévu le 19 février à Vancouver. Et c’est finalement en mars, à Winnipeg, que les néo-démocrates choisiront celui ou celle qui aura la lourde tâche de succéder à Jagmeet Singh.
Conclusion : Une course encore ouverte

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Au final, rien n’est joué, même si certains profils se détachent. Entre l’argent et la notoriété médiatique de Lewis, l’expérience parlementaire de McPherson et la base syndicale solide d’Ashton, les membres du parti ont l’embarras du choix. Chacun incarne une vision différente de l’avenir du NPD.
Il faudra surveiller de près les prochaines semaines, car en politique, tout peut basculer jusqu’à la dernière minute. Winnipeg sera le théâtre d’une décision majeure pour l’avenir de la gauche canadienne.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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