Une annonce en solitaire à Montréal
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C’est une situation pour le moins… unique. Le Québec se retrouve, une fois de plus, à faire bande à part. Selon ce qu’on a appris, notre province sera la seule au Canada à participer pleinement au programme fédéral de rachat d’armes d’assaut. Le lancement officiel? C’est pour ce samedi, à Montréal. On attend du beau monde pour l’occasion.
Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, sera sur place pour officialiser la chose. Il ne sera pas seul, évidemment. À ses côtés, on retrouvera son homologue québécois, Ian Lafrenière, ainsi que Nathalie Provost. Sa présence est lourde de sens, vous vous en doutez : c’est la secrétaire d’État à la Nature, mais c’est avant tout l’une des survivantes du terrible féminicide de l’École polytechnique en 1989.
La semaine dernière, Ottawa et Québec s’étaient tapé dans la main avec une entente de financement pour coordonner tout ça. Mais ailleurs au pays? C’est le silence radio, ou presque. Une source au gouvernement nous a confirmé que les autres provinces ne se sont pas manifestées, ou alors elles refusent carrément de s’embarquer dans ce rachat national d’armes prohibées. On se sent un peu seuls, non?
Des millions de dollars et une logistique complexe
Parlons chiffres, parce qu’il y en a beaucoup et ils donnent le vertige. Ottawa espère, si tout va bien, mettre la main sur environ 152 000 armes à feu prohibées durant cette opération. La facture? Elle risque d’être salée. Le fédéral estime que ça pourrait lui coûter jusqu’à 742 millions de dollars. De cette somme, imaginez, 248 millions iront directement dans les poches des propriétaires pour compenser la perte de leurs armes.
Mais voilà, la portée « nationale » du programme en prend un coup. En dehors du Québec, c’est maigre. Seules les villes de Winnipeg, d’Halifax et du Cap-Breton ont signé des ententes. C’est tout. Ailleurs, c’est la fronde : l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba ont dit non merci. Même en Ontario, la Police provinciale (PPO) ne veut pas en entendre parler.
Alors, que va faire Ottawa dans ces zones réfractaires? Eh bien, c’est la GRC qui va devoir s’y coller avec des unités mobiles de collecte pour les citoyens qui voudraient quand même se débarrasser de leurs armes. Au Québec, le calcul est différent, plus pragmatique disons. Une source gouvernementale nous l’a confié franchement : tant qu’à se faire imposer un programme par le fédéral, on aime mieux le gérer nous-mêmes et encaisser l’argent pour rembourser nos dépenses. Pas fou.
D’ailleurs, Ottawa va verser jusqu’à 12 millions de dollars à Québec pour l’organisation. C’est la Sûreté du Québec (SQ) qui va chapeauter le tout, avec la possibilité de déléguer à des polices locales comme le SPVM à Montréal ou le SPVQ à Québec, même si les ententes restent à négocier. Ian Lafrenière voit ça comme un pas vers des communautés plus sécuritaires.
Comment ça marche? (Et les petits caractères)
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Bon, concrètement, si vous avez une de ces armes, qu’est-ce qui se passe? C’est présenté comme un programme volontaire, du moins en partie. Le gouvernement fédéral précise que les collectionneurs peuvent garder leurs joujoux, à une condition stricte : les faire désactiver par un armurier agréé. La bonne nouvelle pour eux, c’est qu’Ottawa paiera la facture.
Pour ceux qui décident de s’en séparer, c’est toute une procédure. On ne se pointe pas au poste de police avec un fusil sous le bras, hein. Vous recevrez des trousses pour transporter les armes de façon sécuritaire avant un rendez-vous prévu. Ensuite? Elles partent vers la destruction. Qui s’en occupe? Mystère. Un fournisseur tiers, dont l’identité est gardée secrète pour des raisons de sécurité évidentes.
Il ne faut pas oublier qu’il y a déjà eu un précédent. Un volet pour les entreprises (armuriers, compagnies de sécurité, etc.) a permis de récupérer plus de 12 000 armes d’assaut. Ce volet, qui s’est terminé en mars 2025, a tout de même coûté la bagatelle de 22 millions de dollars. On est loin des petits montants.
Critiques, doutes et résultats mitigés
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Tout n’est pas rose au pays du rachat d’armes. Il y a eu un projet pilote au Cap-Breton l’automne dernier, et disons que les résultats n’ont pas cassé la baraque. En six semaines, ils ont récupéré… 25 armes prohibées. L’objectif était de 200. C’est huit fois moins. Ça laisse songeur sur l’efficacité à grande échelle.
Depuis mai 2020, Ottawa a banni environ 2500 types d’armes, les jugeant dignes des champs de bataille et non de la chasse. Mais les critiques fusent de toutes parts. Heidi Rathjen, de PolySeSouvient, tire la sonnette d’alarme. Pour elle, si on n’arrête pas la vente du SKS (une nouvelle arme semi-automatique), le programme est voué à l’échec. Son craignage? Que l’argent de la compensation serve juste à racheter des modèles plus récents et légaux, comme ce fameux SKS.
De l’autre côté du spectre politique, le député conservateur Pierre Paul-Hus n’y va pas avec le dos de la main morte. Pour lui, c’est du gaspillage pur et simple. Il estime qu’on tape sur les mauvaises personnes : les propriétaires légitimes, les chasseurs, les sportifs. Selon lui, ce ne sont pas eux qui sont responsables de la hausse des crimes, mais bien les gangs et la contrebande illégale qui traverse la frontière américaine. Deux visions du monde qui s’affrontent, encore une fois.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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