Course à la chefferie de la CAQ : Drainville mise tout sur l’expérience et le « vrai monde »
Richard Davis - 2026-01-26 11:11
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une entrée en scène stratégique

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C’était inévitable, ou presque. À peine vingt-quatre heures après avoir officiellement lancé sa candidature pour prendre la tête de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Bernard Drainville s’est retrouvé sous les projecteurs du plateau de Tout le monde en parle, ce dimanche soir. On sentait l’urgence du moment. Il est venu là pour vendre sa vision, non seulement de son parti, mais de la province tout entière.
Son argumentaire de vente ? Il tient en deux mots qui risquent de revenir souvent : stabilité et expérience. Pour lui, ce sont ces valeurs refuges qui deviendront cruciales alors que l’élection provinciale de novembre approche à grands pas. C’est une stratégie classique, certes, mais dans le climat actuel, il semble parier que les électeurs chercheront avant tout à se rassurer.
Identité, économie et la définition du « vrai monde »

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Il y a cette idée reçue qui colle à la peau des candidats. Drainville, lui, on l’associe souvent au volet identitaire. « La CAQ c’est deux choses : la fierté et l’économie », a-t-il résumé pour simplifier les choses. Mais voilà, sa rivale dans cette course, Christine Fréchette, semble avoir le monopole de l’étiquette économique, et ça, ça a l’air d’agacer un peu l’ancien péquiste.
Il s’est d’ailleurs défendu avec une certaine vigueur. « Vous avez raison de dire que je suis davantage identifié à l’aspect identitaire, mais quand on parle d’économie, on parle de quoi ? » a-t-il lancé, un brin rhétorique. Pour prouver qu’il n’est pas en reste, il a sorti son CV : son enfance sur une ferme — est-ce de l’économie ? — et surtout, ses études à la prestigieuse London School of Economics. C’est sa façon de dire : ne me mettez pas dans une case trop vite.
Et puis, il y a ce fameux concept du « vrai monde », sa ligne directrice de campagne. On se demandait un peu ce que ça voulait dire concrètement. Eh bien, il a tenté de l’expliquer. Il ne parle pas des élites, mais de « ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler, qui paient leurs impôts, qui s’occupent des enfants et vont les chercher en courant à la garderie en fin de journée ». Selon lui, ces gens-là n’ont pas de lobby pour porter leur voix. C’est une image forte, celle du parent pressé, qui vise directement le cœur de l’électorat caquiste.
Esquives historiques et larmes de rage sur le 3e lien

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L’entrevue a pris une tournure un peu plus… flottante lorsqu’on a abordé l’histoire. Un silence assez surprenant s’est installé quand on l’a questionné sur les propos de Mark Carney. Jeudi dernier, à la Citadelle de Québec, le premier ministre canadien avait qualifié la bataille des Plaines d’Abraham de 1759 — qui a mené à la Conquête anglaise — de moment de « partenariat » plutôt que de domination. Une déclaration qui fait grincer des dents au Québec.
Invité à réagir, Drainville a préféré botter en touche. Au lieu de répondre sur le fond, il a attaqué son ancienne famille politique, le Parti québécois (PQ). « Moi là, j’ai déjà été au PQ, puis j’ai tourné la page là-dessus », a-t-il martelé, expliquant qu’il est convaincu qu’un référendum est ingagnable et qu’il faut plutôt s’unir.
Par contre, sur le dossier du 3e lien entre Québec et Lévis, il n’a pas changé d’un iota, même si le projet dans son corridor actuel est critiqué par les maires des deux rives. Il admet volontiers que les hésitations du gouvernement ont fait mal. « Ça fait partie des choses qui ont amoché le lien de confiance », a-t-il concédé. Il est même revenu sur cet épisode douloureux du 20 avril 2023, lors de l’abandon initial du projet. Il n’avait pas été mis dans le coup. « J’ai eu une réaction émotive […] parce que j’étais furieux. C’étaient des larmes de rage », a-t-il confié, rappelant que la décision avait été prise malgré lui.
Conclusion : Un engagement qui dépasse la chefferie

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Ce qui est clair, c’est que Bernard Drainville ne compte pas disparaître du paysage si jamais il échoue à remplacer François Legault. Il l’a assuré : même s’il ne gagne pas la course, il sera candidat pour la CAQ dans sa circonscription de Lévis aux élections générales de l’automne prochain. « Je veux participer à la relance de la CAQ, que ce soit comme chef ou comme député », a-t-il affirmé.
Le dénouement de cette saga politique aura lieu le 12 avril prochain, lors du congrès du parti. C’est à cette date que l’on connaîtra le nom du prochain chef, et par conséquent, du futur premier ministre du Québec. D’ici là, la campagne promet d’être intense.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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