Mark Carney et l’heure de vérité : quand le frigo vide pèse plus lourd que la diplomatie

Mark Carney et l’heure de vérité : quand le frigo vide pèse plus lourd que la diplomatie credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

L’urgence se fait sentir dans les tripes

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C’était un dimanche gris, ce 25 janvier 2026, lorsque le premier ministre Mark Carney a quitté la Colline du Parlement. L’image est forte, mais elle cache une réalité beaucoup plus terre à terre qui commence à gronder sérieusement. Depuis son élection, on a l’impression qu’il a passé plus de temps dans les airs qu’à Ottawa, sillonnant le globe pour serrer des mains et trouver des partenaires. C’est bien beau tout ça, mais il doit maintenant redescendre sur terre et offrir de l’aide concrète aux Canadiens. Et vite.

S’il y a un mot qui revient en boucle ces jours-ci, que ce soit devant les caméras ou dans les corridors un peu plus discrets du pouvoir, c’est bien celui-là : abordabilité. C’est le mot à la mode, malheureusement.

J’ai croisé la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, et je lui ai posé la question qui tue : c’est quoi la priorité pour les mois à venir? Sa réponse a été directe, sans détour. « On sait que l’abordabilité est un problème », m’a-t-elle lancé. Elle admet que le coût de la vie est « beaucoup trop élevé ». Et elle a raison, on se le fait rappeler violemment chaque fois qu’on met les pieds à l’épicerie. Mélanie Joly, qui s’occupe aussi du développement économique pour les régions du Québec, a eu cette phrase assez imagée : « Il n’y a rien de plus choquant que de voir le prix d’une pomme de salade ou du bœuf augmenter. On le sent dans nos tripes quand on fait nos courses. » Dans nos tripes. L’expression est forte, mais est-ce que les bottines suivront les babines?

Entre factures d’épicerie et grands voyages : le grand écart

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Ce n’est pas comme si c’était une surprise. On se souvient tous de cette petite accalmie, un peu artificielle peut-être, quand la TPS a été suspendue de décembre 2024 à la mi-février 2025. Ça a fait du bien sur le coup, je suppose. Mais depuis? La facture d’épicerie est repartie vers les sommets. Et les nouvelles ne sont pas bonnes.

Jetez un œil au Rapport canadien sur les prix alimentaires 2026. Les prévisions donnent le vertige : les prix vont encore grimper de 4 à 6 % cette année. Pour les amateurs de viande, c’est pire. Dans le cas du bœuf, la hausse pourrait carrément atteindre 7 %. Quand je rappelle à la ministre Joly que ce n’est pas un problème nouveau, elle évoque un « sentiment d’urgence ». Elle dit que c’est important que les gens, surtout les faibles revenus, aient un peu plus d’argent dans leurs poches. C’est le moins qu’on puisse dire.

Mais voilà le hic. Le contraste est… frappant. Mark Carney a passé un temps fou sur la route depuis qu’il est au pouvoir. Le New York Times, qui ne manque rien, soulignait la semaine dernière qu’il a cumulé 60 jours de voyages à l’étranger rien que depuis mars! Pour vous donner une idée, c’est énorme. À titre de comparaison, son homologue britannique Keir Starmer ou même le président français Emmanuel Macron ont tourné autour de 40 jours à l’international sur la même période.

Le premier ministre se défend, évidemment. Il dit qu’il faut développer des marchés d’exportation ailleurs qu’aux États-Unis. C’est logique, économiquement. Mais… il y a un « mais ». Cette quête de nouveaux partenaires ne doit pas faire oublier la réalité. Les Canadiens, honnêtement, se soucient pas mal plus de payer leur épicerie, leur loyer ou leur chauffage que de savoir si de nouveaux véhicules électriques chinois arrivent ou si on a accès à des milliards de dollars du Qatar ou des Émirats arabes unis. Un ministre me disait récemment : « C’est pareil partout, cette question de l’épicerie, de la France à l’Azerbaïdjan ». Mouais. Pas sûr que ça rassure grand monde ici.

La riposte libérale : des chèques et des promesses

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Le chef conservateur Pierre Poilievre, lui, a flairé le filon depuis une éternité. Il martèle ce thème dans chaque discours, dénonçant l’inaction du gouvernement et le fardeau des familles. Les libéraux savent qu’ils sont vulnérables. Lors de leur forum de planification à Québec la semaine dernière, trois thèmes étaient au menu : l’économie, la sécurité, et… l’abordabilité. Il semble qu’ils veuillent enfin placer ce dernier point à l’avant-plan. Mais comment? Et surtout, combien?

Mark Carney va bouger demain. Selon les informations qui circulent – et que Radio-Canada a obtenues – le gouvernement s’apprête à annoncer une bonification de 25 % du crédit pour la TPS. Et ce n’est pas juste pour un an, mais pour les cinq prochaines années. C’est du concret.

Voyons les chiffres, parce que c’est ce qui compte. Cette mesure toucherait environ 12 millions de Canadiens. Pour une personne seule, ça représente des économies de 130 $. Pour une famille avec deux enfants, on parle de 270 $. Ce n’est pas le Pérou, mais c’est ça de pris. De plus, le gouvernement va verser cette année un paiement spécial unique qui correspond à peu près à la moitié de la valeur annuelle du crédit.

Conclusion : Ça passe ou ça casse

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C’est un premier pas. Il fallait faire quelque chose pour s’attaquer à cette situation qui étrangle des millions de gens. Ne rien faire aurait été suicidaire politiquement; ça aurait donné l’image d’un gouvernement complètement déconnecté, plus intéressé par les sommets internationaux que par la fin du mois de M. et Mme Tout-le-Monde.

Mark Carney a maintenant un défi colossal : convaincre les Canadiens qu’il ne les a pas laissés tomber. Si son gouvernement devait tomber dans les mois qui viennent… eh bien, la simple menace américaine ou les enjeux géopolitiques ne suffiront probablement plus à convaincre les électeurs qu’il est l’homme de la situation.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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