PSPP : son vrai combat est-il contre Carney ou contre nos angoisses ?

PSPP : son vrai combat est-il contre Carney ou contre nos angoisses ? credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une fin de semaine détournée par l’Histoire

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On s’attendait à parler d’avenir, et voilà que le passé refait surface sans crier gare. Ce week-end, lors du congrès péquiste, la fameuse bataille des Plaines d’Abraham n’était pourtant pas au programme officiel. Mais, vous savez comment c’est en politique, il suffit d’une petite étincelle. En présentant ce moment charnière de notre histoire comme le début d’un « partenariat » entre Anglais et Français, le gouvernement fédéral a, disons-le franchement, mis le feu aux poudres.

Pour Paul St-Pierre-Plamondon, c’était inespéré. Mark Carney, avec cette interprétation historique plus que controversée, lui a servi des munitions référendaires sur un véritable plateau d’argent. Le chef du Parti Québécois n’a pas perdu une seconde pour riposter, qualifiant ces propos de colonialistes et décortiquant l’argumentaire point par point. Les militants souverainistes ? Ils buvaient littéralement ses paroles, ravis de ce regain de combativité.

Le plus ironique dans tout ça, c’est le sort réservé au travail de fond. À peine les militants avaient-ils eu le temps de prendre connaissance des 276 propositions de la plateforme électorale dévoilées durant la fin de semaine, que celles-ci se faisaient éclipser. Tout a été avalé tout rond par ce lancement officieux de la campagne référendaire, précipité par les commentaires de Mark Carney. « On y est », semblait nous dire le chef péquiste.

L’adversaire visible et le monstre caché

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Pour gagner une guerre, ou du moins une bataille électorale, la base, c’est de savoir contre qui on se bat. Aux yeux de Paul St-Pierre-Plamondon, l’affaire semble entendue : Mark Carney est le véritable général du camp du Non. C’est lui l’homme à abattre — politiquement parlant, bien sûr — lors du référendum promis pour un premier mandat. Dans cette optique, le prochain chef du Parti libéral du Québec ne serait qu’un simple soldat, un gradé de moindre importance.

Mais je me pose la question, et peut-être vous la posez-vous aussi : est-ce qu’il ne se trompe pas de cible ? Et si son adversaire le plus redoutable n’était pas un homme en chair et en os, mais quelque chose de beaucoup plus insaisissable ? Je parle ici de l’anxiété. Cette angoisse diffuse qui nous tient tous un peu à la gorge ces temps-ci.

Regardez ce qui se passe chez nos voisins du Sud. Les sautes d’humeur quasi quotidiennes du président américain suffisent à nous donner des sueurs froides. Une déclaration lancée au milieu de la nuit peut provoquer des cauchemars pendant des semaines. On pense tout de suite aux droits de douane sur nos produits, n’est-ce pas ? Mais ça va plus loin. Un jour, il menace de prendre le contrôle du Groenland, juste à nos frontières ; le lendemain, il remet sur le tapis cette vieille idée du 51e État. Donald Trump lorgne nos ressources en eau, nos minéraux critiques… C’est à n’y plus rien comprendre.

Il y a tellement de gens, et je les comprends, qui ont simplement arrêté de regarder les nouvelles ou de lire les journaux pour protéger leur santé mentale. Trop, c’est trop. Ce trop-plein d’inquiétude pousse certains à se couper complètement des sites d’information.

Le poids du quotidien et la peur du lendemain

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On n’a même pas besoin de regarder vers les États-Unis pour sentir cette boule au ventre. Pour beaucoup de Québécois, l’ennemi est directement dans leur portefeuille. Le coût de la vie prend toute la place, obsédant chaque pensée. Le prix du panier d’épicerie qui grimpe sans cesse, l’augmentation du loyer… ce sont ces soucis-là qui sont au cœur des conversations. Certains en sont réduits à se demander s’ils pourront encore se loger, tout court. C’est une réalité brutale.

Et la liste des peurs est longue, malheureusement :

  • La crainte de perdre son emploi face à l’arrivée de l’intelligence artificielle ou à cause de la compétition mondiale ;
  • Les difficultés économiques générales ;
  • La détresse psychologique profonde face aux changements climatiques qui s’accélèrent.

L’anxiété, c’est le mal du siècle, et nous n’y échappons pas. Alors, quand on parle de souveraineté… Si plusieurs la voient comme une libération, pour d’autres, c’est juste une couche d’incertitude de plus sur un gâteau déjà indigeste. C’est là tout le défi.

Conclusion : L’émotion sera-t-elle plus forte que la conviction ?

En observant les 1500 personnes réunies à Saint-Hyacinthe, on ne peut nier une chose : le Parti Québécois a des troupes. Une armée de fidèles, prête à faire de ce projet le combat de leur vie. Mais qu’en est-il des autres ? Le chef du camp du Non, que ce soit Carney ou un autre, aura-t-il vraiment besoin de mobiliser des foules ?

Peut-être pas. Les Québécois anxieux pourraient rejoindre les rangs du Non, non pas par conviction politique, mais par peur. Tout simplement. La peur est une émotion puissante, souvent plus forte que n’importe quel bataillon. Les autres partis provinciaux le savent bien et risquent de jouer la carte de la « stabilité » pour rassurer cette population ébranlée, bien avant même qu’on parle de référendum.

D’ailleurs, dans son discours de clôture, Paul St-Pierre-Plamondon n’a pas dit un mot sur la santé ou l’éducation. Peut-être voulait-il le faire, mais l’occasion offerte par Carney était trop belle. Reste que, s’il peut neutraliser un adversaire politique avec des mots, combattre un ennemi invisible comme l’anxiété collective sera une tout autre paire de manches.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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