Ce bâtiment inca vieux de 600 ans était un incroyable amplificateur de son

Ce bâtiment inca vieux de 600 ans était un incroyable amplificateur de son credit : freepik

Le secret acoustique des Incas

credit : freepik

Franchement, on n’imagine pas à quel point nos ancêtres étaient ingénieux. Un groupe de chercheurs, mené par l’Université de Californie, Los Angeles (UCLA), vient de mettre en lumière une découverte fascinante concernant l’architecture inca, datant du milieu du XVe siècle. Ils étudient un bâtiment au Pérou qui, par sa conception même, semble avoir été pensé pour une raison incroyable : amplifier le son. C’est fou, n’est-ce pas ?

Cette structure est tout à fait particulière. Elle se compose de seulement trois murs et possède une ouverture assez large à l’une de ses extrémités. Les experts pensent aujourd’hui qu’elle a été spécifiquement conçue pour ses propriétés acoustiques uniques. C’est une tout autre manière de voir ces bâtisseurs.

Le mystère du « Carpa Uasi »

credit : freepik

Ce fameux bâtiment porte le nom de carpa uasi. Ce nom, en quechua je suppose, signifie tout simplement « maison tente », ce qui fait référence, vous l’aurez compris, à son côté ouvert. Ce qui est étonnant, c’est que les chercheurs croient que c’est la seule structure de ce type qui existe encore aujourd’hui. Même si les archéologues la connaissaient depuis longtemps, personne n’avait identifié son potentiel en tant qu’amplificateur sonore avant ce nouveau travail.

On pourrait se demander comment une telle fonction a pu passer inaperçue pendant tant d’années ! Mais l’hypothèse est là, et elle est solide : l’architecture inca était aussi une architecture sonore.

Une hypothèse sonore audacieuse

credit : freepik

L’équipe de recherche avance l’idée que la conception du carpa uasi possédait des propriétés acoustiques très spécifiques et ciblées. Imaginez : le son des tambours, qui servaient probablement à marquer le début ou la fin d’une bataille, aurait été amplifié puis diffusé hors de cette ouverture frontale. C’est un système de communication incroyablement efficace pour l’époque.

Stella Nair, professeure agrégée d’histoire de l’art à UCLA et responsable de ces recherches, l’explique très clairement. Elle affirme : « Nous explorons la possibilité que le carpa uasi ait amplifié les sons à basse fréquence, comme les tambours, avec une réverbération minimale. » En fait, grâce à cette recherche, les spécialistes vont pouvoir déterminer pour la première fois ce que les Incas valorisaient d’un point de vue sonore dans un tel bâtiment. Une pure merveille d’ingénierie.

Plus que de la simple pierre : L’ingénierie éphémère

credit : freepik

Quand la plupart des gens regardent l’architecture inca, ils restent souvent bouche bée devant la qualité du travail de la pierre. Et c’est normal ! C’est impressionnant. Cependant, comme le dit si bien Stella Nair, ce n’est vraiment que « la pointe de l’iceberg ». On a tendance à oublier qu’ils se préoccupaient aussi de ce qui était temporaire, éphémère, voire impermanent. Et le son, bien sûr, fait partie de ces choses.

Le son, voyez-vous, était profondément valorisé, c’était même une partie incroyablement importante de l’architecture andine et inca. À tel point, semble-t-il, que les bâtisseurs ont toléré une certaine instabilité dans la structure, et ce, juste pour son potentiel acoustique. Céder un peu sur la stabilité pour gagner en sonorité… Avouez que c’est une preuve de sophistication qui force le respect!

L’impact de l’invasion espagnole

credit : freepik

Il faut dire que la structure, dans sa forme originale, était probablement moins stable qu’elle ne l’est maintenant. L’histoire a joué son rôle, et l’architecture aussi. Lorsque les Espagnols ont envahi l’Empire inca, ils ont réutilisé ce carpa uasi, en le transformant en fondation pour une église. C’est pourquoi on retrouve aujourd’hui l’église de San Juan Bautista juste au-dessus.

Pour comprendre à quoi ressemblait la structure avant d’être modifiée, et comment le son y circulait, l’équipe utilise une combinaison de dessins faits à la main et de modèles 3D. Le site est situé à Huaytará, au Pérou. C’est une collaboration vraiment multidisciplinaire, qui réunit des experts en archéologie, en musique, et qui inclut même un archéologue péruvien local ainsi que le prêtre de l’église elle-même. C’est ça, la science d’aujourd’hui, tout le monde y participe.

Conclusion : Un héritage d’ingénierie sonore

credit : freepik

Ce que l’on apprend, c’est que le son était essentiel, et ce, dès les premières cités, remontant à plusieurs milliers d’années avant J.-C. Les bâtisseurs de l’époque faisaient preuve d’une intelligence incroyable dans ce qu’on appelle « l’architecture aurale ». Les Incas, ils ne sont qu’un maillon de cette très, très longue tradition d’ingénierie sonore sophistiquée.

Mme Nair, qui travaille actuellement sur son troisième livre sur l’architecture andine (dans et autour de la cordillère des Andes, vous savez), insiste sur ce point : nous devons regarder au-delà des pierres. Les Incas n’étaient pas seulement de grands maçons. Ils étaient aussi, manifestement, de très grands ingénieurs acoustiques. C’est un héritage qui mérite d’être écouté, si je puis dire.

Selon la source : iflscience.com