Retour sur la Lune : Le Duel NASA-Musk met-il en péril l’échéance de 2029 ?

Retour sur la Lune : Le Duel NASA-Musk met-il en péril l’échéance de 2029 ? credit : freepik

La grande ambition d’Artémis III face à la réalité des conflits

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Ah, l’espace! On nous le répète sans cesse, c’est incroyablement difficile. Et quand la politique s’en mêle, ça devient franchement épique. Le plan initial de la NASA pour la mission Artémis III, visant à ramener l’humanité sur la Lune, semblait pourtant si clair : le vaisseau Orion, lancé par le système lourd SLS, devait retrouver Starship de SpaceX en orbite lunaire. Ensuite, deux astronautes y monteraient, direction la surface. Le tout prévu pour mi-2027.

Mais, permettez-moi d’émettre un doute profond. Ce scénario idéal risque bien de ne pas se concrétiser. Pourquoi ? Entre les retards techniques et ce qui ressemble de plus en plus à une petite guerre publique entre Elon Musk, le PDG de SpaceX, et Sean Duffy, l’administrateur par intérim de la NASA (qui, bizarrement, est aussi secrétaire aux Transports et ancien animateur chez Fox News), l’ambiance est tendue.

Pourquoi cette course contre le temps est si difficile

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La mission Artémis n’est pas un simple remake d’Apollo. L’objectif, c’est de retourner sur la Lune pour y rester. Évidemment, cela exige des efforts colossaux et, surtout, un niveau de sécurité que nous exigeons aujourd’hui de la NASA. C’est cela, entre autres, qui explique les multiples reports.

La première date envisagée, souvenez-vous, c’était 2024. Puis, on a glissé à cette année (2025), puis à l’année prochaine (2026). Enfin, fin 2024, on s’était mis d’accord pour ce fameux milieu de 2027. Sauf que, selon une analyse publiée il y a plus d’un an par le Bureau de la responsabilité gouvernementale (GAO), la mission pourrait bien être repoussée jusqu’à 2028. On avance, on recule, c’est la valse habituelle des grands projets spatiaux, n’est-ce pas ?

Starship : Les explosions passées et les défis techniques à venir

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La cause principale de ce casse-tête temporel ? Le Starship de SpaceX, bien sûr. Ce véhicule a connu plusieurs explosions lors de ses tests initiaux. Oui, le dernier test fut un succès, ce qui est une excellente nouvelle, mais la réalité, c’est que le programme est toujours en retard. Selon leur feuille de route initiale, le vaisseau aurait dû démontrer sa capacité d’atterrissage sécurisé et, surtout, sa capacité de ravitaillement en carburant dans l’espace. Ces étapes n’ont pas encore été franchies.

Ce fameux transfert de propergol cryogénique de grande envergure, de Starship à Starship, est une capacité critique, absolument nécessaire pour Artémis III et IV. C’est ce que la NASA nous disait l’an dernier. Après cette démonstration de transfert, la NASA devra examiner les résultats et certifier le système d’atterrissage, ce qui est essentiel pour la sécurité de nos astronautes. Et ça, ce n’est pas une mince affaire, car il faut que ça fonctionne parfaitement, sans la moindre erreur.

L’offensive de Sean Duffy et la riposte d’Elon Musk

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C’est dans ce contexte de retards persistants que Sean Duffy est apparu à la télévision cette semaine, annonçant que la NASA recherchait de nouveaux partenaires pour Artémis III. C’était une attaque frontale contre SpaceX. Il a martelé : « [SpaceX et Musk] repoussent leurs délais, et nous sommes dans une course contre la Chine. Je vais donc ouvrir le contrat. Je vais permettre à d’autres entreprises spatiales de rivaliser avec SpaceX. »

Ce qui est un peu étrange, c’est qu’Elon Musk faisait partie de l’administration Trump jusqu’à l’été. Son Département avait même supervisé une proposition budgétaire qui aurait pu dévaster plusieurs programmes scientifiques de la NASA, tout en prévoyant l’annulation future du SLS et d’Orion. L’idée était de forcer la NASA à dépendre exclusivement du secteur privé pour aller sur la Lune et vers Mars. Mais, soyons honnêtes, aucune entreprise n’est prête à faire ça toute seule pour l’instant.

Suite à l’interview de Duffy, Musk n’a pas tardé à répliquer avec une querelle d’écoliers, le traitant de « Sean Dummy » et allant jusqu’à dire que « la personne responsable du programme spatial américain ne peut pas avoir un QI à deux chiffres. » Duffy a rétorqué, avec une certaine classe, que « les grandes entreprises ne devraient pas avoir peur d’un défi. »

Blue Origin peut-il sauver la mise ? La pression politique est forte

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Le candidat le plus probable pour prendre la relève est l’entreprise de Jeff Bezos, Blue Origin, qui a déjà un contrat pour des futures missions Artémis. Mais c’est là que le planning devient un cauchemar. Le lander lunaire humain de Blue Origin, Blue Moon, est actuellement prévu pour Artémis V, en 2030. La question est cruciale : peuvent-ils accélérer leur calendrier de deux ans et demi pour correspondre au plan initial d’Artémis III ? C’est une sacrée question.

Pourquoi cette urgence politique ? L’administration Trump voit le programme lunaire chinois comme une véritable menace. La Chine prévoit d’envoyer des taïkonautes sur la Lune d’ici 2030 – un calendrier qui imite grossièrement celui d’Artémis. Duffy, poussé par la politique, veut absolument que l’atterrissage ait lieu pendant l’administration Trump, soit avant le 20 janvier 2029, jour de la prochaine investiture présidentielle américaine.

Les dernières étapes : Quand tout doit aller parfaitement

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Avec environ trois ans et demi devant nous, il est techniquement possible de réussir cet atterrissage sur la Lune. Il y a, cependant, un gros bémol : tout doit aller droit. Cela signifie que SpaceX, Blue Origin, ou tout autre partenaire commercial, devra réussir absolument tous les tests et atteindre tous les objectifs fixés. Il n’y aura plus de place pour les explosions ou les retards de certification.

Un autre élément fondamental sera l’expérience de la mission Artémis II. Ce sera la première mission habitée d’Artémis, qui emmènera quatre astronautes — Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen — faire le tour de la Lune. Ce sera la première fois en plus de cinq décennies que l’humanité s’éloignera autant de la Terre. Le succès et les leçons tirées d’Artémis II seront une étape indispensable pour valider la suite du programme.

Conclusion : Le temps presse et les enjeux sont énormes

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Entre les ambitions audacieuses, les contraintes budgétaires, les exigences techniques (comme ce fameux transfert cryogénique) et, franchement, les chicanes politiques de haut niveau, le chemin vers 2029 est semé d’embûches. Si le duel Musk-Duffy met en lumière les tensions entre l’innovation privée ultra-rapide et les impératifs de sécurité gouvernementaux, il nous rappelle surtout la pression colossale pour battre la Chine et respecter la date limite politique.

Pour que la prochaine décennie ne commence pas par un échec, il faudra que les partenaires commerciaux, qu’ils s’appellent SpaceX ou Blue Origin, fassent preuve d’une efficacité redoutable. Le succès de notre retour durable sur la Lune dépend désormais de la capacité à transformer les promesses techniques en réalité certifiée, et vite !

Selon la source : iflscience.com