Comment nous avons réduit notre assiette
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Le problème, c’est que depuis le XXe siècle, nous avons assisté à une baisse dramatique de cette diversité. L’industrialisation de l’agriculture a massivement favorisé les monocultures, ce qui n’est pas sans conséquence. Le chiffre est édifiant : selon le WWF, seulement douze espèces végétales et cinq espèces animales fournissent aujourd’hui 75 % des cultures alimentaires mondiales ! Imaginez. Pire encore, trois espèces végétales (le maïs, le blé et le riz) dominent la production globale, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime qu’il existe entre 7 000 et peut-être même 30 000 espèces comestibles. On a clairement fait un choix de simplification drastique, non ?
La nuance entre « diversité » et « biodiversité » alimentaire
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Prenons un exemple simple pour que ce soit clair : si vous mangez une carotte, un poivron et un artichaut, en termes de diversité, vous n’avez compté qu’un seul groupe (les légumes). En termes de biodiversité, par contre, vous avez consommé trois espèces différentes ! Pourquoi est-ce si vital de faire cette distinction ? Parce que chaque espèce, même au sein de la famille des légumes, apporte des nutriments et des molécules actives distinctes. Si on veut vraiment couvrir tous nos besoins, il faut absolument maximiser cette biodiversité. Et puis, franchement, c’est plus intéressant à manger.
Le microbiote : l’autoroute secrète vers le cerveau
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Un microbiote en pleine forme, c’est un microbiote qui est, lui aussi, très diversifié. Et ce qui est fou, c’est que notre alimentation peut moduler sa composition très rapidement, en l’espace de quelques jours seulement. Les chercheurs pensent même que cet impact, s’il est maintenu sur plusieurs mois, pourrait se répercuter de manière significative sur notre bien-être mental. Notre ventre, c’est vraiment notre deuxième cerveau, vous voyez.
Les fibres et le butyrate : nos meilleurs amis anti-inflammatoires
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Mais comment ce petit acide gras fait-il tout ça ? Le butyrate a des effets spectaculaires. Il module la réponse immunitaire et exerce une puissante action anti-inflammatoire en augmentant l’expression de certains gènes. De plus, il agit comme un scellant : il diminue la perméabilité de l’épithélium intestinal, limitant ainsi le passage de molécules toxiques ou inflammatoires vers la circulation sanguine. C’est un gardien indispensable.
D’ailleurs, le lien est encore plus direct : certains neurotransmetteurs essentiels à notre humeur, comme la sérotonine, le GABA ou la dopamine, sont synthétisés à partir de précurseurs que l’on apporte… par l’alimentation ! Une bonne assiette, c’est donc aussi une meilleure chimie cérébrale, je suppose.
Le fossé des fibres et le ratio oméga-3/6 déséquilibré
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Et ce n’est pas tout. Notre santé mentale et intestinale dépend aussi des graisses que l’on choisit. Un bon ratio oméga-3/oméga-6 (idéalement 1:4) a des effets bénéfiques sur le microbiote. Malheureusement, l’alimentation occidentale est gravement déséquilibrée en faveur des oméga-6, ce qui, au lieu de nous aider, engendre un état inflammatoire généralisé.
Alors, où trouver ces précieux oméga-3 ? Dans les poissons gras (saumon, maquereau, sardine) ou dans les huiles végétales terrestres comme le lin ou le colza, comme le rappelle l’Anses. Évitez peut-être l’excès d’huile de tournesol ou de pépin de raisin, très riches en oméga-6, qui contribuent à ce déséquilibre. Enfin, n’oublions pas les polyphénols (dans le cacao, les baies foncées, l’artichaut) qui offrent eux aussi des effets anti-inflammatoires en modifiant positivement le microbiote.
C’est d’ailleurs là que l’importance de la biodiversité prend tout son sens : un artichaut cuit, par exemple, est champion des fibres (11 g/100 g) mais pauvre en vitamine C. À l’inverse, le brocoli cuit est riche en vitamine C (90 mg/100 g) mais moins en fibres. Il faut donc varier les espèces et penser à la saisonnalité pour garantir un apport complet.
Attention à l’exposome : les menaces qui perturbent l’équilibre
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Le microbiote est même capable de bioaccumuler ou de modifier chimiquement ces composés toxiques. D’où la recommandation fréquente de privilégier les aliments issus de l’agriculture biologique, qui contiennent nettement moins de ces substances indésirables. Mais l’ennemi se cache aussi dans notre cuisine ! L’utilisation d’ustensiles en plastique ou, pire, en Téflon, peut libérer des polluants persistants (les fameux PFAS, ou substances per- et polyfluroalkylées) ou des perturbateurs endocriniens. Ces molécules finissent par se bioaccumuler dans les bactéries de notre microbiote. Vaut mieux opter pour l’inox ou le verre quand c’est possible, je trouve que c’est plus sûr, non ?
Varier, sans verser dans l’anxiété
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Les pistes sont claires : augmenter la biodiversité des végétaux consommés, privilégier un bon ratio oméga-3/oméga-6 et faire attention aux polluants environnementaux (xénobiotiques, PFAS). L’enjeu est de taille.
Toutefois, il y a un dernier point, et il est crucial : prenons soin de notre alimentation, certes, mais attention à ne pas tomber dans l’anxiété excessive, ce que certains appellent l’orthorexie. Cela pourrait engendrer des troubles et nuire au bien-être général. Après tout, la notion de plaisir doit rester essentielle et centrale dans l’alimentation. Manger sainement, c’est aussi manger avec joie.
Selon la source : science-et-vie.com
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