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Le paradoxe français des retraites : pourquoi les femmes touchent-elles encore 27 % de moins que les hommes ?

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Le chiffre qui fait mal au cœur

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La question des retraites est un sujet brûlant, on ne parle que de ça depuis des années, mais il y a un chiffre qui revient et qui est franchement difficile à avaler : en France, les femmes perçoivent en moyenne 27 % de moins que les hommes sur leur pension. Vingt-sept pour cent ! C’est une différence colossale. Quand on y pense, notre système est pourtant réputé être assez protecteur, surtout pour les mères de famille. Alors, comment expliquer que nous nous situions au-dessus de la moyenne des pays développés pour cet écart, selon l’OCDE ?

Les spécialistes ne sont plus surpris, non. Mais l’ampleur du fossé, elle, continue d’interpeller. Alors que la moyenne des 38 pays de l’OCDE est à 23 %, nous faisons figure de mauvais élèves. C’est ça, la vraie question, n’est-ce pas : comment le pays des droits sociaux peut-il afficher une telle disparité au moment de la retraite ?

Une comparaison internationale qui fait réfléchir

Bien sûr, il y a toujours pire ailleurs. Il faut relativiser, je suppose. Le Royaume-Uni, par exemple, où l’écart est de 36 %, ou le Japon, carrément à 47 % ! Quand on voit ça, on se dit qu’on est peut-être pas si mal. Mais franchement, il faut regarder les bons exemples pour progresser.

Plusieurs pays européens ont réussi à maintenir cet écart sous la barre des 10 % : la République tchèque, l’Islande, l’Estonie ou encore la Slovaquie. Ça prouve que c’est possible d’atténuer ces inégalités de fin de carrière. Nous, la France, on reste coincé à 27 %, quatre points au-dessus de la moyenne internationale. Ce n’est pas négligeable. Pourquoi ? Parce que l’écart des pensions n’est en fait que le reflet d’une vie entière de petites injustices accumulées.

Les carrières en dents de scie, la vraie coupable

C’est le premier constat, et c’est le plus flagrant : l’écart de retraite découle en grande partie des inégalités subies sur le marché du travail. L’OCDE l’analyse très bien, c’est la « charge disproportionnée de travail familial et domestique non rémunéré » qui vient plomber les droits des femmes. Ce n’est pas nouveau, mais ça ne fait qu’accentuer les difficultés.

Concrètement ? Les femmes travaillent plus souvent à temps partiel. Elles sont celles qui mettent leur carrière entre parenthèses, ou l’interrompent carrément, pour s’occuper des enfants ou pour accompagner un proche dépendant. Chaque interruption, chaque temps partiel, c’est moins de cotisations, c’est moins de trimestres, et in fine, c’est une retraite amputée.

Ce travail invisible qui ne paie pas : le poids du domestique

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On en revient toujours là : le travail invisible. Celui qu’on fait à la maison et qui n’est compté nulle part, ni en salaire, ni en trimestres. Une note de l’Insee de 2022 est assez parlante : les femmes consacrent en moyenne 3h26 par jour aux tâches domestiques, alors que les hommes y passent 2h. Vous imaginez ?

Faites le calcul : ces 1250 heures par an que les femmes passent à la maison représentent l’équivalent de plus de sept semaines de travail à temps plein non rémunérées. Sept semaines où on ne cotise pas, où on ne prend pas de l’ancienneté. Et sur une vie professionnelle entière, ce « petit » décalage silencieux se transforme en une montagne de trimestres manquants et de salaires moindres. C’est vraiment un mécanisme sournois qui nous rattrape au moment de la retraite.

Le piège du système français : entre bonus et décote

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Le paradoxe français, c’est qu’on a voulu mettre en place des protections. On a les fameux « trimestres dits gratuits » qui permettent aux mères de partir un peu plus tôt, selon le nombre d’enfants (de 4 mois à 4 ans). On a aussi cette bonification de 10 % sur la retraite des parents, si on a au moins trois enfants. Ces mesures, selon l’OCDE, sont efficaces pour atténuer l’impact des courtes interruptions, surtout pour les petits salaires. C’est bien.

Mais, enfin… non, attendez. Malgré ces filets de sécurité, notre structure de retraite vient amplifier le problème. Le rapport insiste sur l’importance spécifique que notre régime donne à la durée de cotisation. Et c’est là que le bât blesse : les femmes, à cause de leurs carrières heurtées (temps partiel, interruptions), peinent souvent à atteindre la durée d’assurance exigée. Résultat ? Elles subissent plus fréquemment une décote, c’est-à-dire une réduction de leur taux de pension. Notre système, en visant l’équité totale par la durée, oublie l’équité réelle face aux parcours de vie.

L’effet loupe de l’Agirc-Arrco (la retraite complémentaire)

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Un autre élément vient jeter de l’huile sur le feu en France : le régime complémentaire Agirc-Arrco. Il fonctionne par points, bien sûr, et il est très présent chez les retraités. Son mécanisme est simple, mais ses effets ne le sont pas : le plafond de rémunération pour cotiser est très élevé.

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Plus vous avez un gros salaire, plus la part de votre complémentaire va peser lourd dans votre pension globale. Et comme, malheureusement, les hommes perçoivent toujours des salaires moyens supérieurs, ils cotisent plus et obtiennent une pension globale bien plus confortable grâce à cette complémentaire. C’est un mécanisme qui, même s’il est technique, renforce l’écart de genre. C’est la raison pour laquelle, même si l’écart se réduit lentement depuis 2007, il reste supérieur à la moyenne de l’OCDE.

L’espoir est là, mais il faudra être patient

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Que faire ? L’OCDE est claire : il ne suffit pas de rajouter des bonus pour les mères. Il faut s’attaquer aux causes profondes. Il faut « cibler les différences entre genres en matière d’emploi, d’heures travaillées et de rémunération ». Et, surtout, il faut agir sur la « répartition du travail familial et domestique non rémunéré ». Ça, c’est un changement de société qui prend du temps, évidemment.

Les projections nous donnent quand même une lueur d’espoir, même si elle est lointaine. L’écart de pension devrait décroître progressivement pour s’établir à 7 % en 2060. 2060, c’est très long, mais cela montre que les efforts actuels, notamment sur l’égalité salariale, finiront par porter leurs fruits. En attendant, pour les générations qui partent aujourd’hui, le fossé des 27 % reste une réalité amère.

Selon la source : pleinevie.fr

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.