Un médecin radié prescrivait de faux remèdes : le scandale de l’« endothérapie » et des pilules inventées

Un médecin radié prescrivait de faux remèdes : le scandale de l’« endothérapie » et des pilules inventées credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Quand la confiance des malades est trahie

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C’est une histoire qui donne froid dans le dos, surtout quand on pense à la vulnérabilité des gens qui cherchent désespérément un peu de soulagement. L’affaire du docteur Michel G., ce praticien de Bordeaux radié il y a déjà un moment – en 2017, pour être exact – nous rappelle jusqu’où peuvent aller les dérives quand la soif de profit rencontre le désespoir.

Ce médecin a continué à exercer en douce, et illégalement, en proposant ce qu’il appelait l’« endothérapie ». C’est un terme très sérieux, n’est-ce pas ? Sauf qu’en réalité, ce n’est qu’une méthode qui n’a jamais été validée par la science. Il prescrivait aussi des cachets, des pilules « polycomplexes », dont il avait, tenez-vous bien, inventé la composition lui-même. Le tribunal correctionnel de Paris a tranché : exercice illégal de la médecine, tromperie, et toute la panoplie. On parle ici de patients souvent atteints de maladies lourdes, comme la sclérose en plaques. C’est ahurissant de cynisme.

L’endothérapie : une promesse sans fondement scientifique

Quel était le protocole ? Michel G. faisait miroiter à ses patients un « parcours de soins » basé sur son fameux concept, l’endothérapie. Il commençait par un « immunobilan » personnel. Imaginez : une simple prise de sang qu’il interprétait tout seul dans son coin. Ce bilan, disait-il, permettrait de rééquilibrer le système immunitaire. Évidemment, il n’existe aucune preuve scientifique pour étayer cette méthode, pas une seule étude sérieuse qui tienne la route.

Ce que les magistrats ont mis en avant, et c’est crucial, c’est que les affirmations de ce médecin sur l’efficacité de ses produits ont « vicié le consentement » des patients. Pour parler simplement, cela signifie qu’ils ont été trompés au point de croire sincèrement à une solution qui n’était qu’une illusion, perdant ainsi la possibilité de faire un choix éclairé. C’est une forme de manipulation, je suppose.

Ces fameuses pilules ‘polycomplexes’ inventées de toutes pièces

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Et puis, il y avait les produits miracles, les « polycomplexes ». Le docteur G. en était l’inventeur, du moins de leur formule. Ces gélules étaient conditionnées et commercialisées par une pharmacie basée en Italie. Ça rend la traçabilité plus compliquée, n’est-ce pas ?

Le vrai problème, hormis le fait qu’elles étaient sans utilité prouvée, c’est qu’elles n’avaient jamais reçu d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France. C’est une violation grave des règles sanitaires que l’on ne peut pas ignorer. Ces pilules étaient vendues directement aux patients via une petite association qu’il avait créée. Cela renforçait l’opacité de toute l’opération. Un commerce clandestin sous un vernis de pseudo-médecine, en somme.

L’association, le montage financier opaque

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Pour donner un air sérieux à tout cela, Michel G. avait monté une association. L’idée était simple mais efficace : c’était le cadre idéal pour réaliser ses bilans sanguins et, surtout, pour distribuer ses fameux cachets. Le journal 20 Minutes a rapporté qu’au lieu de payer des consultations ou des médicaments, les patients étaient invités à faire des « dons ».

Et quels dons ! Selon l’enquête, on parle de près d’un million d’euros récoltés. Un million, pour des traitements bidon ! Ce système permettait de financer toute l’activité tout en masquant complètement son caractère commercial. C’est là que les magistrats ont vu une pratique trompeuse organisée, exploitant de façon éhontée la confiance des personnes malades.

Abuser la confiance des malades chroniques : la gravité des faits

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Il faut se mettre à la place de ces patients. Quand on souffre de maladies chroniques, invalidantes, quand la médecine classique arrive à ses limites, on cherche naturellement une porte de sortie, un espoir, même infime. Et c’est justement là que des individus comme Michel G. se glissent. Il ne s’agit pas seulement de vendre de faux médicaments, mais de vendre de faux espoirs, ce qui est peut-être pire.

La tromperie et la gravité des délits résident dans le fait d’avoir abusé la confiance de personnes qui avaient un besoin vital de croire en leur médecin. Ce n’est pas une erreur de diagnostic, c’est une exploitation méthodique. L’exercice illégal de la médecine est toujours grave, mais ici, il y a la dimension supplémentaire de l’abus de faiblesse morale.

La condamnation du Dr G. : fin de l’impunité

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Heureusement, la justice est passée. Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine sévère, même si elle est avec sursis. Michel G. a été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis. Mais ce qui est peut-être le plus important, c’est l’interdiction définitive d’exercer toute profession médicale ou paramédicale. Enfin, il ne pourra plus nuire.

Les magistrats ont bien fait de souligner la nature mensongère des affirmations du praticien. Sa tromperie ne portait pas uniquement sur les produits, mais sur l’ensemble de sa démarche, de son « bilan » à la commercialisation. J’espère que c’est une leçon pour ceux qui pourraient être tentés par de telles pratiques frauduleuses.

Les complices : un réseau familial et transnational

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Ce n’était pas une entreprise solitaire, non. Deux autres personnes ont été reconnues coupables, ce qui montre que le système était bien huilé. Tout d’abord, l’épouse de Michel G. Elle a pris un an d’emprisonnement avec sursis. Pourquoi ? Parce qu’elle était au cœur de la logistique : la gestion de l’association, la distribution des fameuses pilules. Elle a aidé son mari à mener à bien l’ensemble de ses activités illégales. On ne peut pas prétendre ne pas savoir quand on est aussi impliqué, n’est-ce pas ?

Et puis, il y avait un autre médecin, Pascal T., un Français qui travaillait en Espagne. Lui reprenait carrément le protocole de Michel G. pour les patients qu’on lui envoyait. C’est grave, car cela donne une dimension transfrontalière au problème. Le tribunal l’a condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une interdiction d’exercer. Cela prouve que la complicité, même à l’étranger, est sanctionnée. Le réseau était plus étendu qu’on ne pourrait le croire au premier abord.

Vigilance face aux faux espoirs

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Que retenir de cette triste affaire ? Que l’exercice illégal de la médecine, surtout quand il touche à des personnes vulnérables, est sévèrement puni, et tant mieux. L’histoire de Michel G. et de ses pilules « polycomplexes » est un rappel douloureux de l’importance de la validation scientifique. Il ne faut jamais se contenter d’une parole ou d’une méthode non reconnue, peu importe à quel point elle semble prometteuse.

Pour nous, lecteurs, la leçon est claire : soyons vigilants. Il faut toujours vérifier les accréditations, s’assurer que les traitements ont une autorisation de mise sur le marché et, surtout, se méfier des systèmes de « dons » ou d’associations opaques qui servent à financer des pratiques douteuses. La santé, c’est trop précieux pour la laisser entre les mains de charlatans, fussent-ils d’anciens médecins.

Selon la source : pleinevie.fr

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