Choisir son enfant grâce à l’IA : la sélection génétique, un pas vers l’eugénisme moderne ?
Richard Davis - 2025-12-09 08:19
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Quand la science permet de choisir son futur enfant

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Cette pratique, techniquement faisable, ouvre une boîte de Pandore. Elle brouille la frontière entre progrès médical et dérive eugénique. Si l’entreprise Herasight promet des gains prédictifs, la communauté scientifique tire la sonnette d’alarme. On se retrouve face à une question profonde : jusqu’où peut-on aller dans la conception d’un enfant sans basculer dans une forme de marchandisation du vivant ?
Un contournement légal inquiétant

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Une fois ces précieuses données en main, ils les envoient à des entreprises basées, par exemple, aux États-Unis, où la régulation est plus laxiste. Les cliniques britanniques, comme l’explique l’embryologiste Cristina Hickman, se retrouvent alors pieds et liés. Légalement, elles ne peuvent pas refuser de transférer un embryon, même si le choix des parents repose sur une analyse faite à l’autre bout du monde. La régulation est dépassée, laissant les autorités impuissantes.
La promesse fragile des scores polygéniques

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Mais il faut faire très attention à ces belles promesses. D’abord, cette étude émane des fondateurs mêmes de l’entreprise, ce qui pose un sérieux problème d’indépendance. Ensuite, et c’est crucial, même les meilleurs modèles n’expliquent qu’une petite partie du risque. Près de 80% de la variabilité du diabète échappe encore à la prédiction. La vie, heureusement, est bien plus qu’une simple addition de gènes.
L’alerte des scientifiques : une science immature

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Ils pointent d’autres écueils majeurs. Ces modèles reposent surtout sur des données de personnes d’origine européenne, ce qui les rend peu fiables pour d’autres populations. Surtout, un score n’est qu’une corrélation statistique, pas une certitude biologique. Un « bon » score ne garantit pas la santé, et un « mauvais » score ne condamne pas à la maladie. Fonder un choix de vie sur cela est un pari risqué.
Les risques d’un nouvel eugénisme social

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Quel poids psychologique pour un enfant élevé dans l’idée qu’il a été « choisi » pour être le plus intelligent ou le plus sain ? Comme le souligne le professeur Angus Clarke, cette attente pourrait peser lourd sur sa construction. La parentalité ne devrait pas se réduire à une optimisation statistique. Il est urgent d’avoir un vrai débat démocratique pour encadrer ces pratiques avant qu’elles ne façonnent, dans l’ombre, l’humanité de demain.
Selon la source : science-et-vie.com
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