Cette option de paiement « sans frais » utilisée par 2 Français sur 3 pourrait vous coûter bien plus cher que prévu
Richard Davis - 2025-12-15 10:41
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Le réflexe devenue routine… mais dans un décor qui a changé

credit : votrequotidien.ca (image IA)
Vous connaissez la danse, c’est presque devenu une habitude. Un panier rempli sur un site, un petit clic sur l’option « 3x sans frais », un dernier pour confirmer… et hop, en quelques secondes, le canapé ou la nouvelle console est à vous, son prix étalé gentiment sur plusieurs mois. C’est tellement simple, presque automatique. Franchement, qui n’a pas déjà utilisé ce système pour se faire plaisir sans vider son compte d’un coup ?
Sauf que, voilà, ce petit geste confortable, ce coup de pouce du quotidien, il n’évolue plus du tout dans le même monde qu’il y a seulement trois ou quatre ans. Tout a changé depuis 2022. La remontée des taux d’intérêt, l’inflation qui pèse sur le portefeuille, et cette explosion des acteurs qui vous proposent de payer plus tard : Klarna, Alma, Floa, Oney, Scalapay ou même PayPal. Ce qui ressemblait à une astuce sympa pour éviter de piocher dans son livret A ou son assurance-vie, eh bien, c’est en train de se rapprocher dangereusement d’un crédit classique, avec tout ce que ça implique. Et la vraie question, celle qu’on devrait tous se poser avant de cliquer, c’est : à quel moment est-ce que ce réflexe reste vraiment intéressant ?
Du service de paiement au mini-crédit : la bascule

credit : votrequotidien.ca (image IA)
Tout a vraiment décollé pendant le Covid, vous vous souvenez ? Les achats en ligne ont explosé, et avec eux, cette petite case magique « payer en 3 ou 4 fois ». À l’époque, l’argent ne coûtait presque rien, les taux étaient au plancher, et les enseignes trouvaient ça facile de financer ce service pour nous séduire. Maintenant, l’option est partout, même en magasin. Une étude de Floa et Kantar de mai 2025 nous dit même que près de 66% des Français utilisent ce qu’on appelle le BNPL, pour « Buy Now Pay Later ».
Mais derrière le slogan accrocheur « achetez maintenant, payez plus tard », il y a plusieurs réalités qui se mélangent. Techniquement, en dessous de 90 jours, ce paiement échelonné est encore considéré comme un simple service de paiement. Au-delà, la loi le classe carrément comme un crédit à la consommation. Pendant longtemps, le paiement en 3 ou 4 fois a évolué dans une sorte de zone grise, sans vrai contrat de crédit ni contrôle sérieux de votre capacité à rembourser. C’était flou. D’ailleurs, au Royaume-Uni, l’usage excessif a été tel qu’on a même inventé un mot dans la presse pour parler du surendettement lié à ça : le « klarnage ».
La face cachée du « sans frais » : coûts, risques et durcissement

credit : votrequotidien.ca (image IA)
Quand l’argent était peu cher, ce « sans frais » pour le client n’était, en réalité, jamais totalement gratuit. Le commerçant, lui, payait une commission de 1 à 2% à la fintech, un coût qu’il intégrait dans sa marge pour déclencher la vente. Mais depuis la remontée des taux et l’inflation à partir de 2022, la musique est complètement différente.
Les acteurs du secteur doivent désormais se financer bien plus cher, le risque que les gens ne paient pas augmente, et les durées de paiement s’allongent : on parle maintenant de 5, 6, voire 12 fois. Certains taux d’intérêt, pour des montants inférieurs à 3 000€, frôlent carrément le taux d’usure, autour de 20%. Les banques qui financent ces opérations portent ce « coût du risque » et le répercutent, d’une façon ou d’une autre, sur les commerçants… et in fine, sur nous, les consommateurs.
Du coup, les fintechs du BNPL, qui avaient misé sur la fluidité à tout prix, quitte à accepter des profils financièrement fragiles, se retrouvent secouées par la hausse des défauts de paiement. Leur marge de manœuvre est mince : augmenter les frais ou durcir les conditions d’accès. C’est ce qui se passe. En parallèle, les contrôles se renforcent. On passe du simple formulaire déclaratif sur ses revenus et charges à l’utilisation de l’open banking et à la consultation directe des fichiers de la Banque de France. La nouvelle directive européenne DCC2, qui assimile clairement le paiement fractionné à un crédit, impose désormais une signature, des informations précontractuelles complètes et une vraie vérification de solvabilité. Comme le résume bien Pauline Tolila, directrice commerciale et marketing Europe chez Younited, dans les colonnes d’Elle : « Si un paiement fractionné met en difficulté le consommateur ou le marchand, ce n’est bon pour personne. Il faut trouver un juste équilibre entre fluidité et responsabilité. » C’est tout le dilemme.
Conclusion : Alors, bonne idée ou mauvaise habitude ? Comment juger

credit : votrequotidien.ca (image IA)
Alors, dans tout ça, est-ce que payer en plusieurs fois reste une bonne idée ? D’un point de vue strictement financier, ça peut être rationnel, oui. Mais à une seule condition : que le coût total du crédit (son TAEG, voire son TAEA si on ajoute une assurance) reste inférieur à ce que vous pourriez gagner en laissant votre argent placé, que ce soit sur une assurance-vie, un PEA ou de l’épargne salariale. Si un marchand offre un paiement fractionné réellement sans frais pour vous, il vous permet de garder votre capital investi : les intérêts que vous allez toucher peuvent alors compenser le fait d’étaler la dépense.
Dans la vie de tous les jours, c’est aussi un outil pour lisser une grosse dépense ponctuelle et éviter un découvert bancaire coûteux. Mais attention, comme le rappelle Pauline Tolila, « ce n’est pas un moyen de paiement comme un autre, à utiliser avec parcimonie. Il n’est jamais bon de vivre à crédit et il ne faut pas laisser ce réflexe devenir un prétexte pour consommer davantage. » C’est bien dit.
Alors, avant de cliquer sur « payer en 3 fois », au-delà de vérifier votre épargne disponible, posez-vous ces trois questions simples : est-ce que cet achat est vraiment nécessaire ? Est-ce que les mensualités vont alourdir mon budget de façon durable ? Et est-ce que je pourrais faire face si une dépense imprévue survenait en même temps ? C’est en répondant honnêtement à ça que vous saurez si le clic est un coup de pouce malin… ou le début d’une mauvaise habitude.
Selon la source : pleinevie.fr
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.