Un avertissement urgent de trois experts
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Je trouve ça vraiment frappant, vous savez. On dirait qu’on revient en arrière. Alors que l’hiver s’installe au Royaume-Uni et que les hôpitaux se préparent déjà à une pression intense, trois grands noms de la santé publique et de la psychologie sociale lancent une alerte sévère dans les pages du prestigieux British Medical Journal (BMJ). Leur constat est sans appel : nous n’avons pas retenu les leçons essentielles de la pandémie de COVID-19.
Ces experts – les Professeurs Stephen Reicher (Université de St Andrews), Martin McKee (London School of Hygiene & Tropical Medicine) et Stephen Griffin (Université de Leeds) – pointent du doigt une recrudescence des cas de grippe qui, selon eux, expose crûment cet échec collectif. Ils insistent sur le fait que des mesures simples et pourtant éprouvées sont négligées, laissant la population vulnérable. C’est un peu comme si on avait oublié la panique des services de réanimation il y a seulement quelques années.
Leur message central est pourtant clair : il faut une approche en couches, combinant plusieurs outils. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un fossé, et c’est bien là le problème.
Les trois piliers négligés : vaccin, isolement, air pur
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Leur analyse se concentre sur trois piliers fondamentaux, et force est de constater que chacun d’eux vacille. Prenons d’abord la vaccination. Le Pr Griffin le dit lui-même : il y a des différences entre la grippe et le COVID, bien sûr, mais les minimiser est dangereux. Les leçons apprises restent valables. Pourtant, les chiffres sont parlants et plutôt décourageants. Fin novembre, à peine 40% des personnes de moins de 65 ans à risque s’étaient fait vacciner contre la grippe. En comparaison, environ 70% des plus de 65 ans, des femmes enceintes et des jeunes enfants l’avaient reçu. C’est un écart énorme. Griffin ajoute, avec un certain bon sens, que les vaccins ne sont pas parfaits, c’est vrai, mais qu’à grande échelle, ils permettent de garder les écoles ouvertes et les hôpitaux à flot.
Ensuite, il y a l’isolement. Là, on touche à une question sociale brûlante. Le Pr McKee est très direct : dire aux gens de rester chez eux quand ils sont malades n’est qu’une suggestion tant que le gouvernement ne fournit pas de soutien concret. Et le soutien actuel est… maigre. L’allocation maladie légale britannique est inférieure à 120 livres sterling par semaine. Imaginez vivre avec ça quand vous avez un loyer à payer. En Allemagne, par contraste, les salariés ont droit à huit semaines de salaire complet. La différence est abyssale et rend la « responsabilité individuelle » presque une moquerie pour beaucoup de travailleurs.
Le troisième pilier, c’est la ventilation, l’aération. Le Pr Reicher exprime une vraie déception, presque amère. On avait espéré, dit-il, que le COVID ferait de l’air pur une priorité centrale du 21e siècle, comme l’eau potable l’a été pour le 20e. Cet espoir, selon lui, a échoué. Malgré les appels répétés, les investissements dans des systèmes d’air pur dans les écoles, les bureaux et les bâtiments publics sont rares. Peu de choses ont changé concrètement. On continue à vivre et travailler dans les mêmes espaces parfois confinés.
La responsabilité ne peut pas reposer que sur les individus
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C’est peut-être le point le plus important de leur plaidoyer. Les experts soulignent avec force que faire face aux pressions hivernales sur le système de santé demande bien plus qu’une simple injonction à la responsabilité personnelle. C’est une pensée que j’ai souvent eue, d’ailleurs. On demande aux gens de bien se comporter, mais on ne leur en donne pas toujours les moyens.
Les gouvernements, insistent-ils, doivent mettre en place des mesures de soutien concrètes qui rendent possible le « bon » comportement. C’est une question de logique, finalement. Si vous ne pouvez pas vous permettre de perdre une journée de salaire, vous irez travailler même fiévreux. Si l’école de vos enfants est mal aérée, vous croiserez les doigts.
Le Pr Reicher résume tout cela de manière très percutante en conclusion : « Le défi n’est pas de savoir quoi faire. C’est de rendre possible, pour tout le monde, de le faire. » Cette phrase, je la trouve particulièrement juste. On sait quoi faire. Vacciner, aérer, isoler. La science est claire. Mais la mise en œuvre, elle, bloque.
L’avertissement final est sans ambiguïté : si les gouvernements n’agissent pas pour soutenir les comportements responsables, les conséquences seront lourdes. Les écoles fermeront, les hôpitaux seront submergés, et des vies seront perdues. C’est un scénario que l’on a déjà vécu, et qu’il serait tragique de répéter par négligence.
Conclusion : Un appel à l’action collective et gouvernementale
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Au final, cet article dans le BMJ n’est pas juste un rapport technique de plus. C’est un cri d’alarme basé sur l’expérience récente et douloureuse de la pandémie. Il nous rappelle, ou devrait nous rappeler, que la santé publique est un effort collectif. On ne peut pas demander aux individus de porter seuls le poids de la lutte contre les virus saisonniers ou pandémiques.
Les solutions existent et sont connues. L’étude elle-même, publiée le 7 janvier 2025 sous la référence DOI 10.1136/bmj.r2638, les détaille. Mais la balle est désormais dans le camp des décideurs politiques. Vont-ils enfin écouter ces experts et mettre en place les conditions – financières, techniques, sociales – pour que les leçons du COVID servent enfin à quelque chose face à la grippe et aux menaces futures ? L’hiver, et l’impact sur nos vies et notre système de santé, nous donneront la réponse. J’espère, pour le bien de tous, qu’elle sera positive.
Selon la source : medicalxpress.com
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