Tension extrême au Minnesota : même les Autochtones dans le viseur de la police migratoire

Tension extrême au Minnesota : même les Autochtones dans le viseur de la police migratoire credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une communauté sur le pied de guerre

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C’est une situation pour le moins angoissante qui se déroule actuellement dans le Midwest américain. Imaginez un peu l’ambiance : les communautés autochtones sont littéralement sur le qui-vive, forcées de s’organiser pour protéger les leurs face aux agents de l’ICE, cette fameuse police fédérale de l’immigration. On ne sait même pas combien de personnes ont été embarquées exactement. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce que les agents fédéraux ne disent rien, ils ne donnent aucune info. C’est le silence radio total.

C’est ce que remarque Nick Estes, qui est membre de la Tribu sioux de Lower Brule et professeur agrégé à l’Université du Minnesota. Il explique qu’il y a toutes sortes de rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, des informations parfois impossibles à vérifier, ce qui n’aide pas à calmer les esprits, vous vous en doutez. Il précise que c’est très difficile de donner un chiffre précis sur le nombre de détenus, à part ce qu’on glane ici et là en ligne.

Ce qui semble clair, par contre, c’est que l’ICE cible un endroit bien précis : le quartier de Little Earth, dans le sud de Minneapolis. C’est un véritable cœur battant pour les Autochtones urbains, un lieu de rassemblement vital. Face à ça, M. Estes ne reste pas les bras croisés ; il participe à des patrouilles citoyennes. C’est une initiative de l’American Indian Movement, une organisation historique fondée en 1968 pour les droits civiques. L’idée, c’est de montrer qu’ils n’ont pas peur, mais surtout d’avertir les gens quand les agents sont dans le coin. Si la présence des patrouilleurs ne suffit pas à empêcher une interpellation, au moins, ils documentent tout. Ils témoignent.

Arrestations arbitraires et lourde symbolique historique

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Ces dernières semaines, les médias rapportent de plus en plus de cas d’Autochtones interpellés. Et le pire, c’est que ces gens disent avoir été arrêtés sans aucune raison valable. D’après ce qu’on entend, les agents s’en prennent à n’importe qui… du moment qu’ils n’ont pas l’air blanc, note Nick Estes. Ça fait froid dans le dos. Prenez l’exemple de Sophie Watso. C’est la cousine de Xavier Watso, l’influenceur abénaki d’Odanak que vous connaissez peut-être. Elle est citoyenne américaine, membre de la communauté Shakopee Mdewakanton Sioux au Minnesota. Elle a pourtant été arrêtée le 14 janvier dernier.

Xavier Watso a partagé une vidéo et des photos de l’arrestation sur Facebook. Heureusement, elle a été relâchée après avoir passé quelques jours en détention. Mais pas n’importe où : au bâtiment fédéral B.H. Whipple de Fort Snelling, en périphérie de Minneapolis. C’est là que se trouve le siège de l’ICE. Et là, l’histoire nous rattrape de façon assez terrible. Ce bâtiment se trouve sur le site d’un ancien fort militaire, juste à côté de l’endroit où se dressait un camp de concentration durant la guerre de 1862 entre les Dakota et l’armée américaine.

C’est une ironie tragique, non ? La Société d’histoire du Minnesota rappelle que le gouvernement y a incarcéré plus de 1600 membres de la Nation dakota, surtout des femmes, des enfants et des non-combattants. On estime qu’entre 130 et 300 d’entre eux sont morts durant l’hiver 1862-1863, tués par la rougeole et les conditions de vie atroces. Et l’histoire semble bégayer aujourd’hui. D’autres cas ont été signalés début janvier, comme l’arrestation de trois membres de la Tribu oglala sioux du Dakota du Sud. Le président de la tribu, Frank Star Comes Out, avait d’abord confirmé l’info et parlé de pressions fédérales pour des accords d’immigration, avant de se rétracter en disant avoir été mal compris. C’est flou. On sait aussi qu’un membre de la Nation ojibwe de Red Lake, Jose Roberto Ramirez, a affirmé avoir été brutalisé par l’ICE au début de l’année.

Méthodes musclées et profilage : la peur s’installe

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Les méthodes employées par l’ICE font vraiment débat. Si on se fie aux vidéos qui tournent en ligne, on voit des agents habillés comme des militaires, en tenue de camouflage, le visage masqué… Ils arrêtent des gens sans mandat. Parfois, ils vont jusqu’à briser les vitres des voitures pour en extirper les occupants de force. C’est exactement ce qu’on voit dans la vidéo publiée par l’amie de Sophie Watso. Et si quelqu’un essaie de s’interposer ? Ils n’hésitent pas à utiliser la force, des produits chimiques irritants ou du poivre de Cayenne.

Du côté officiel, le département de la Sécurité intérieure (DHS) rejette tout en bloc. Pour eux, ce sont les agents les victimes d’agressions. Ils assurent que les arrestations sont basées sur des soupçons raisonnables de statut illégal et nient tout profilage racial. Mais sur le terrain, le son de cloche est différent. Nick Estes affirme que les militants sont spécifiquement ciblés. Les agents notent les plaques d’immatriculation, vérifient les bases de données et suivent les gens jusqu’à chez eux. On parle de profilage actif contre des gens qui exercent simplement leur liberté d’expression.

Face à cette menace, les communautés s’organisent. Au Michigan, une demi-douzaine de communautés ont publié des avis de mise en garde. Austin Lowes, le chef de la Tribu chippewa de Sault Ste. Marie, a condamné fermement ces activités agressives qui sèment la peur et l’anxiété. La communauté de Bay Mills, elle, a sorti un guide détaillé : ayez votre carte tribale à jour, mais aussi un passeport, et surtout, sachez comment réagir si on vous arrête. La Nation oneida a même déclaré que l’ICE n’était pas la bienvenue sur sa réserve.

Conclusion : Droits bafoués et mobilisation générale

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Il ne faut pas oublier un détail crucial : aux États-Unis, les Autochtones ont la pleine citoyenneté depuis l’Indian Citizenship Act de 1924. Ils sont chez eux. Pourtant, la Tribu conseille de garder son calme face aux pratiques répressives de l’ICE pour éviter que la situation ne dégénère. Des Premières Nations organisent des sessions d’info et ouvrent des points de service à Minneapolis pour renouveler les cartes d’identité. Mais pour être franc, Nick Estes pense que l’ICE s’en moque éperdument. Selon lui, croire que la police locale ou fédérale respectera les droits constitutionnels, c’est un mythe. Ce n’est pas l’expérience vécue par les gens ici.

Le Fonds pour les droits des Autochtones (NARF) a aussi publié un guide : gardez votre calme, demandez un avocat, faites un plan de sécurité. Parce que la peur est partout, comme le dit M. Estes. Chaque aspect de leur vie est touché. C’est pour ça que tous ses voisins ont rejoint la patrouille ; ce n’est plus un choix, c’est une nécessité.

La tension est telle que des syndicats et des petites entreprises ont appelé à une journée de grève générale ce vendredi. C’est une réponse directe à l’assassinat de Renee Good, abattue par un agent de l’ICE le 7 janvier, et au climat d’intimidation général. La coupe est pleine.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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