Le nouveau Far West du cuivre : prix records, vols en série et câbles coupés
Richard Davis - 2026-01-24 11:26
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une fièvre du métal qui nous coûte cher

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On a l’impression que tout augmente ces temps-ci, mais pour le cuivre, c’est carrément une explosion. Ce n’est pas juste une affaire de graphiques boursiers obscurs ; ça commence à avoir des répercussions bien réelles, et franchement inquiétantes, sur notre quotidien. Imaginez un peu : le métal rouge atteint des sommets, frôlant les 6 $ la livre ces dernières semaines. C’est du jamais vu, ou presque.
Cette flambée des prix, qui semble inarrêtable depuis quelques années, a malheureusement un effet pervers immédiat : une recrudescence massive des vols. C’est devenu le casse du siècle pour les malfaiteurs, mais la facture, elle, c’est nous — le public et les victimes — qui la payons au prix fort. C’est un cercle vicieux assez déprimant quand on y pense.
Pourquoi les prix s’envolent-ils autant ?

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Alors, qu’est-ce qui se passe exactement sur les marchés ? J’ai jeté un œil aux chiffres, et c’est vertigineux. Le cuivre se négocie aux alentours de 6 $ la livre sur le marché COMEX, et tenez-vous bien, on est à près de 13 000 $ la tonne au London Metal Exchange. Ces deux indicateurs clés sont en hausse constante depuis le début de l’année. On a même touché un pic en juillet 2025 — oui, c’est tout récent — juste après que le président américain Donald Trump a annoncé de nouveaux droits de douane. Ça a mis le feu aux poudres.
Simon Lacoume, un économiste sectoriel qui bosse chez Coface à Paris, résume assez bien la situation : on est face à un record. Il explique qu’on a vu plus de 40 % de hausse des prix sur la dernière année. C’est énorme, « très très fort en termes de comparaison », comme il dit. Et pourquoi cette frénésie ? Eh bien, c’est la faute… ou grâce, selon le point de vue, à la forte demande. Tout ce qui touche à la transition énergétique, les voitures électriques, les réseaux de stockage, et même le numérique avec ces fameux centres de données qui poussent partout… tout ça réclame du cuivre. L’électrification massive est un gouffre à matières premières.
Le souci, c’est que l’offre ne suit pas. Ouvrir une mine après avoir trouvé un gisement, ça prend un temps fou aujourd’hui. D’ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) tire la sonnette d’alarme : si ça continue comme ça, l’offre ne répondra qu’à 70 % des besoins en cuivre en 2035, selon leur rapport de 2024. Ça laisse présager des pénuries, et donc, des prix encore plus élevés. C’est mathématique, je suppose.
Les voleurs s’en donnent à cœur joie (et font n’importe quoi)

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Évidemment, avec des prix pareils, le vol de cuivre est devenu une activité ultra-lucrative. Les corps policiers et les géants des télécommunications sont sur les dents. Comme le souligne Simon Lacoume, quand les prix montent, la rentabilité du recyclage (et donc du vol) explose. Les chiffres font froid dans le dos : à l’échelle du pays, on a recensé 1278 actes de vandalisme et de vol de cuivre chez Bell. Ça représente une augmentation marquée de 40 %. C’est énorme quand on y pense, presque un vol sur deux en plus.
Chez Telus, c’est la même musique, voire pire par endroits. Rien qu’en 2025, ils signalent une hausse de 45 % du nombre total de vols, et spécifiquement pour les câbles de cuivre, on parle de +23 %. Le problème, c’est que ces voleurs ne sont pas des ingénieurs… Charles Gosselin, de chez Bell, explique qu’ils coupent souvent tout ce qu’ils trouvent sur les poteaux, espérant tomber sur du cuivre. Le drame, c’est qu’en faisant ça, ils sectionnent des réseaux de câbles coaxiaux ou de la fibre optique. Ils détruisent tout pour, parfois, ne rien récupérer d’utile, mais les dégâts sont faits.
Il y a même des « points chauds » identifiés en Ontario. M. Gosselin a listé les secteurs autour de Cambridge, Hamilton, London, Windsor, Brantford et Guelph. Si vous habitez par là, vous avez peut-être déjà subi des coupures sans savoir que c’était l’œuvre de pilleurs de métaux qui revendent ensuite leur butin aux ferrailleurs après l’avoir trié.
La facture est salée : danger public et coûts astronomiques

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Ce n’est pas juste une histoire d’argent perdu pour les grosses compagnies, c’est là que ça devient inquiétant pour nous. L’impact se fait directement ressentir dans la population. Charles Gosselin rappelle que pendant les pannes, les gens ne peuvent plus appeler les services d’urgence. Imaginez ne pas pouvoir faire le 911 à cause d’un vol de câble… C’est glaçant. Pour les commerces, c’est la galère aussi : impossible d’utiliser les terminaux de paiement ou de gérer les commandes en ligne. « À chaque occasion où il y a un acte de vandalisme, il y a des interruptions de service », insiste M. Gosselin.
Et parlons argent, parce que ça chiffre vite. Chaque incident entraîne des dommages estimés entre 5000 $ et 10 000 $. Mais parfois, ça dérape complètement. Tenez, en novembre 2025, la Police régionale de Waterloo a dû intervenir pour un vol sur un système de ventilation d’une entreprise à Kitchener. Les voleurs voulaient juste le cuivre dedans. Résultat des courses ? Des dommages estimés à 120 000 $. Tout ça pour quelques kilos de métal !
Face à ce fléau, Bell tente de riposter. Charles Gosselin explique qu’ils engagent parfois des poursuites civiles contre les voleurs reconnus coupables au criminel, histoire de récupérer un peu d’argent et de faire peur aux autres. Il place aussi beaucoup d’espoir dans le projet de loi C-14 du gouvernement fédéral. Ce texte vise à resserrer la vis sur la remise en liberté sous caution et la détermination des peines pour les vandales qui s’attaquent aux infrastructures critiques. Espérons que ça aura l’effet dissuasif escompté, parce qu’en attendant, les câbles continuent de disparaître.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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