Quand le patrimoine public devient un terrain de jeu privé : l’affaire des golfs de Washington
Richard Davis - 2026-01-24 11:53
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une ambition qui dépasse les frontières… et le bon sens ?

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On se souvient tous de cette histoire un peu folle, vous savez, quand Donald Trump voulait carrément acheter le Groenland. Ça avait fait sourire pas mal de monde sur la scène internationale. Eh bien, il semble qu’il ait décidé de revoir ses ambitions géographiques à la baisse, mais avec tout autant d’appétit. Cette fois, ça se passe littéralement dans sa cour arrière, à Washington D.C.
Le président américain a jeté son dévolu sur trois terrains de golf publics. Ce ne sont pas n’importe quels terrains, ce sont des espaces aménagés sur des terres fédérales. C’est assez stupéfiant quand on y pense. D’ailleurs, le bureau éditorial du New York Times a sorti des chiffres qui donnent le tournis ces derniers jours. Ils estiment – et ils disent que c’est une estimation prudente, c’est dire – que Trump et sa famille ont empoché plus de 1,4 milliard de dollars en profitant de la présidence.
Et attention, on ne parle pas d’une décennie d’affaires… cette somme aurait été amassée en seulement un an, depuis sa réélection en janvier 2025. C’est colossal. Et visiblement, ce n’est pas assez, puisque les parcours publics de Langston, East Potomac Golf Links et Rock Creek Park sont les prochaines cibles pour agrandir sa collection, qui compte déjà 16 golfs à travers le monde.
Un patrimoine communautaire brusquement confisqué

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Pour bien comprendre le malaise, il faut savoir que ces trois terrains étaient gérés par des gens dévoués, un organisme à but non lucratif nommé National Links Trust (OBNL). Ils avaient les choses en main. Il y a cinq ans, donc à la fin du tout premier mandat de Trump, ils avaient signé un bail solide, un truc de 50 ans avec le département de l’Intérieur. C’est du sérieux.
Mais voilà, la politique a ses raisons que la raison ignore… ou plutôt que l’argent dicte ? Au début de l’année 2026, coup de théâtre : le National Links Trust reçoit un avis. Le gouvernement annule le bail. La raison invoquée ? Les investissements promis n’auraient pas été faits. Franchement, ça ressemble à une excuse fabriquée de toutes pièces.
Les dirigeants de l’OBNL ne se sont pas laissés faire, évidemment. Ils ont rappelé qu’ils avaient injecté 8,5 millions de dollars dans des rénovations. Et ça se voit ! Les golfeurs sont revenus. Tenez-vous bien : le nombre de rondes jouées par an a bondi, passant de 83 000 à plus de 174 000. C’est énorme comme progression.
Ce qui me chagrine le plus là-dedans, c’est l’aspect humain et historique. Ces terrains font partie de l’âme de la capitale depuis un siècle. C’est l’un des rares endroits où on peut jouer 18 trous pour une somme modique, entre 21 $ et 48 $. C’est accessible, c’est populaire.
Le projet avait même attiré la sympathie de grands noms. Trois architectes réputés, Gil Hanse, Tom Doak et Beau Welling, offraient leur expertise bénévolement. Oui, gratuitement ! Tout ça pour aider à moderniser les lieux sur le long terme. Le Washington Post rappelait d’ailleurs récemment l’importance du parcours Langston, ouvert en 1939. C’est un lieu chargé d’histoire pour la communauté noire, un des rares refuges pour les golfeurs afro-américains à l’époque de la ségrégation. C’est ce patrimoine-là qui est menacé.
Bulldozers, terre et démolition : la méthode forte

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Les choses ont commencé à sentir le roussi en septembre dernier. Trump a laissé entendre qu’il voulait rénover – et probablement rebaptiser – le parcours East Potomac Golf Links. C’est un bijou ce terrain, dessiné dans les années 1920 par Walter Travis. La vue y est imprenable sur les monuments de Washington.
Mais en octobre, c’est passé du discours aux actes, et pas de manière subtile. Des camions, des tonnes de camions, ont commencé à déverser de la terre près d’un des parcours. Des bulldozers ont tout retourné pour réaménager les pentes. Le problème ? L’OBNL n’avait rien demandé. Absolument rien.
Les journalistes locaux ont fouillé un peu – enfin, pas besoin de creuser très loin – et ils ont découvert l’origine de cette terre. Accrochez-vous : ce sont les débris de la démolition de l’aile est de la Maison-Blanche ! Trump a décidé de raser cette partie pour y construire une salle de bal. Comme ça, sur un coup de tête. La légalité de cette démolition sans l’accord du Congrès est d’ailleurs toujours devant les tribunaux, mais le mal est fait.
Et pour le golf ? Le chat est sorti du sac, comme on dit. Des sources gouvernementales ont confié à Golf Digest que le plan est de transformer East Potomac en un parcours de championnat, peut-être pour accueillir la Coupe Ryder. Adieu les architectes bénévoles, Trump veut les virer pour placer Tom Fazio, l’homme qui a dessiné plusieurs de ses parcours privés. Il a pris le contrôle, c’est un fait, même si le flou persiste pour les deux autres terrains.
Conclusion : Le prix à payer pour les citoyens

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En décembre, Donald Trump a tenté de rassurer en promettant un rabais pour les résidents de Washington quand les travaux seront finis et que le golf portera sûrement son nom. Mais soyons réalistes deux minutes… Quand on voit les tarifs de ses autres clubs, le « rabais » risque d’être une goutte d’eau dans l’océan.
Regardez les chiffres, c’est affolant. Si vous voulez jouer au Trump National Los Angeles ce samedi, préparez la carte de crédit : c’est 750 $ le matin, 500 $ le midi et 125 $ en après-midi. Vous préférez la Floride ? Au Trump National Doral près de Miami, le parcours Blue Monster coûte 595 $ et le Red Tiger 235 $ en après-midi.
On est à des années-lumière des 21 $ actuels. Les citoyens ordinaires ne remettront probablement jamais les pieds à East Potomac. Trump a la réputation, dans le monde du golf, d’être un tricheur, tant dans son jeu que dans sa gestion. Ce qui arrive à Washington ressemble tristement à une partie truquée de plus.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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