Nouveau souffle pour la Fondation Dr Julien : entre millions et ambitions
Richard Davis - 2026-01-26 11:24
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une page se tourne après la tempête

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On ne va pas se le cacher, les dernières années n’ont pas été de tout repos pour le réseau des centres de pédiatrie sociale. Vous avez sûrement entendu parler des turbulences : des démissions en série, des administrateurs qui claquent la porte, et ces allégations qui ont éclaboussé le fondateur lui-même. C’est toujours triste de voir une si belle cause traverser de telles zones d’ombre. Mais bon, la vie continue et les institutions évoluent.
C’est dans ce contexte un peu particulier que la direction a changé de visage. Depuis la mise à l’écart du Dr Gilles Julien du conseil d’administration en 2024 — une décision qui en a surpris plus d’un, je suppose —, c’est Pascal Martel qui a repris le flambeau. Monsieur Martel n’est pas un inconnu dans le monde des affaires : il est associé directeur de la fiscalité et des services juridiques chez KPMG au Québec. Un profil sérieux, rigoureux, pour tenter de remettre de l’ordre dans la maison.
De grandes ambitions : la chasse aux dons nationaux

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Pascal Martel ne manque pas d’ambition, et c’est peu dire. Il rêve d’une campagne de financement qui dépasse largement la traditionnelle guignolée. On l’aime bien, notre guignolée annuelle, c’est un peu l’image de marque, le « branding » comme on dit, mais pour le nouveau président, il faut passer à la vitesse supérieure. Il veut ramasser « du vrai argent », selon ses propres termes. Il affirme avoir le réseau d’affaires nécessaire pour le faire et attend juste que l’organisation soit au point. « J’ai très hâte », confie-t-il, et on sent une certaine impatience positive dans ses propos.
Pour vous donner une idée de ce qu’il vise, il prend pour modèle la Fondation des jeunes de la DPJ. Eux, ils ont réussi à amasser plus de 5 millions de dollars rien qu’en 2024. C’est inspirant, non ? M. Martel trouve ça « incroyable » mais il voit encore plus grand. Son objectif n’est pas seulement de renflouer les caisses, mais d’ouvrir d’autres centres dans des régions qui crient à l’aide. Il s’appuie sur un sondage récent qui montre que la notoriété de l’institution reste forte. Les gens sont lucides : ils ont vu les problèmes, mais ils croient encore à la cause et sont prêts à donner.
Ah, j’allais oublier un détail important de ce virage stratégique : l’autonomie. La Fondation prévoit de ne plus gérer directement les trois centres situés à Montréal. C’est un gros changement. M. Martel explique qu’ils sont en train de les rendre autonomes, un processus qui devrait s’étaler sur 3 ans.
Le nerf de la guerre : 57 millions à négocier avec Québec

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Mais les dons privés, ça ne fait pas tout. Le gros morceau, c’est l’argent public. En ce moment même, ça discute ferme en coulisses. La direction travaille d’arrache-pied pour renouveler une entente à long terme avec le gouvernement du Québec. On parle ici de sommes colossales : l’entente actuelle de 57,5 millions de dollars, qui avait été signée en 2023, arrive à échéance dans tout juste un an. Le temps presse, comme on dit.
Pascal Martel a confirmé qu’une rencontre est prévue avec la ministre de la Famille. « On a des discussions depuis 7 à 8 mois », précise-t-il. Ce n’est pas une mince affaire. Pour que vous compreniez bien l’impact de cet argent : ces dernières années, la Fondation a distribué en moyenne un peu plus de 300 000 $ par année à chacun des 48 centres de pédiatrie sociale. C’est vital pour eux, car ce montant couvre généralement entre 20 % et 30 % de leur budget annuel total. Sans ça, impossible de payer le loyer ou l’électricité.
D’ailleurs, le président insiste sur la rigueur : quand le gouvernement confie des fonds, il faut montrer patte blanche, notamment avec des états financiers vérifiés. C’est la moindre des choses quand on gère l’argent des contribuables, je suppose.
Réalité du terrain et conclusion

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Tout n’est pas rose pour autant sur le terrain. Radio-Canada a soulevé un lièvre cette semaine concernant le Centre de pédiatrie sociale Cœur des Laurentides, situé à Sainte-Agathe-des-Monts. C’est assez inquiétant : l’automne dernier, ils ont frôlé la suspension de leurs activités. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’avaient plus assez de fonds pour payer les employés. C’est le genre de situation qui fait froid dans le dos quand on pense aux enfants suivis là-bas.
Il semblerait qu’il y ait eu des « irrégularités comptables ». Résultat : des donateurs et même l’Agence du revenu du Canada suivent le dossier de très près. Ça ne pardonne pas. C’est un rappel brutal que la bonne volonté ne suffit pas ; il faut une gestion impeccable.
Malgré ces accrocs et les défis de restructuration, il ne faut jamais perdre de vue l’essentiel. À ce jour, ce réseau permet de rejoindre près de 12 000 enfants et leurs familles. C’est énorme. C’est pour eux que tout ce brassage politique et financier a lieu, finalement.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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