Vincent Lacroix et l’affaire Norbourg : la liberté totale après 18 ans d’ombre
Richard Davis - 2026-01-26 11:37
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une page définitivement tournée

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C’est étrange de se dire que ça y est, c’est fini. À 59 ans, Vincent Lacroix est redevenu un homme comme les autres, ou presque. Depuis aujourd’hui, il est ce qu’on appelle « complètement libre ». On savait qu’il circulait déjà parmi nous depuis quelques années, mais là, c’est officiel : sa longue peine de 18 ans de prison est arrivée à son terme.
Cela signifie concrètement qu’il n’a plus de comptes à rendre à la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Plus de suivi, plus de rapport. C’est un peu fou quand on y pense, non ? Ce nom, Vincent Lacroix, restera pourtant gravé dans nos mémoires, indissociable du fameux scandale Norbourg. Pour ceux qui auraient oublié les détails — ou qui préfèrent ne pas s’en souvenir —, c’était cette histoire sordide entre 2002 et 2005. Avec ses complices, cet expert en valeurs mobilières avait réussi à flouer pas moins de 9200 investisseurs. On parle quand même de plus de 100 millions de dollars détournés ! Tout ça pour quoi ? Pour financer un train de vie de pacha, complètement extravagant.
Retour sur un marathon judiciaire et des vies brisées

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L’affaire a éclaté au grand jour et l’arrestation a eu lieu en 2006. Je me rappelle encore du cirque médiatique à l’époque. Il a fallu le poursuivre sur deux fronts : au pénal et au criminel. Au début, il s’est battu comme un diable en Cour du Québec face à l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui lui reprochait des infractions à la Loi sur les valeurs mobilières. Résultat ? Coupable. Il a pris une lourde peine, que la Cour d’appel a finalement ramenée à cinq ans moins un jour. Mais ce n’était que l’échauffement.
Le gros morceau, c’était le procès criminel. Tout était prêt, le jury sélectionné… et là, coup de théâtre ! Le 21 septembre 2009, alors qu’on attendait les premiers témoins, Lacroix décide de plaider coupable aux 200 accusations qui pesaient contre lui. C’était inattendu, une sorte de stratégie de dernière minute, je suppose.
Quelques semaines plus tard, le juge Richard Wagner — qui siégeait à la Cour supérieure du Québec à ce moment-là — n’y est pas allé de main morte. Il l’a condamné à 13 ans de prison, qui venaient s’ajouter aux 5 ans précédents. Le juge Wagner avait eu des mots très justes, soulignant que même sans violence physique, les gestes de Lacroix avaient provoqué une terrible « violence morale ». Pensez à l’insécurité, au stress, à ces gens qui ont vu le capital de toute une vie, leur retraite, s’évaporer. C’est ça, la vraie tragédie.
La prison, le « sixième » de la peine et les études

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Pendant que ses complices subissaient leur procès, lui était derrière les barreaux. Enfin… pas pour l’éternité non plus. Il a profité d’une disposition légale qui existait à l’époque — et qui a heureusement été abolie en 2011 — permettant de sortir après avoir purgé seulement le sixième de la peine pour un crime non violent. Aujourd’hui, les détenus doivent attendre le tiers, mais lui est passé entre les mailles du filet juste avant.
Il a donc obtenu une semi-liberté, mais avec des conditions strictes, faut pas croire. La Commission ne lui a pas fait de cadeaux sur un point : interdiction de travailler en finances. Pourtant, avec son baccalauréat et sa maîtrise en sciences économiques (il avait débuté à la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1991, quand même), c’est ce qu’il espérait faire. Au lieu de ça ? On l’a obligé à faire du bénévolat auprès de personnes défavorisées. L’objectif était clair : développer son empathie et sa conscience sociale. Une sorte de rééducation morale, si on veut.
Au fil des années, la bride s’est relâchée. Il a même pu reprendre des études. Tenez, détail intéressant : dans un jugement de 2012 concernant sa faillite, il est mentionné qu’il voulait faire un doctorat dans le domaine des communications. Est-ce qu’il l’a fini ? Aucune idée, on n’en a plus entendu parler. Par contre, pour sa faillite, le juge a été ferme : il a refusé de le libérer, donnant raison à l’Agence du revenu du Québec et au syndic, reportant la demande de dix ans.
Conclusion : Un homme « conformiste » et surveillé ?

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Finalement, où en est-il aujourd’hui ? La dernière grosse mise à jour remonte à une décision du 6 décembre 2016. La Commission des libérations conditionnelles notait alors qu’il filait doux. Il remettait son budget chaque mois, respectait les règles. Le commissaire Michel Pallascio avait même écrit qu’il vivait de son salaire, aidé par sa conjointe, et qu’il était devenu un homme « conformiste » qui collabore bien.
La grande question qui tue : pourrait-il retoucher à l’argent des autres ? Céline Bilodeau, une ancienne procureure de la Couronne experte en crimes économiques, a été claire là-dessus. La réponse est oui, techniquement, il pourrait. Mais soyons réalistes… « Il est connu ! », comme elle dit. Les organismes de surveillance ne le lâcheraient pas d’une semelle. Quoi qu’il en soit, sa dette judiciaire est payée. Il n’existe plus aucune loi pour l’encadrer au-delà de ces 18 années. C’est fini.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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