Bien avant Pong : l’histoire méconnue du tout premier jeu vidéo, créé par un physicien du projet Manhattan

Bien avant Pong : l’histoire méconnue du tout premier jeu vidéo, créé par un physicien du projet Manhattan credit : freepik

Quand le jeu vidéo était juste une idée farfelue

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Ah, les jeux vidéo ! Quand on pense aux débuts, la plupart d’entre nous—surtout nous qui avons quelques décennies au compteur—imaginons immédiatement Pong, n’est-ce pas? Ou peut-être l’arrivée des premières bornes d’arcade comme Computer Space en 1971. C’était l’ère où le jeu est devenu commercial, un vrai phénomène.

Mais, vous savez quoi? L’histoire est souvent bien plus tordue et fascinante que les gros titres. En réalité, le premier jeu vidéo conçu purement pour le plaisir et l’amusement des gens est apparu bien, bien plus tôt, dès 1958. Et le monsieur qui l’a inventé? C’était un physicien qui avait travaillé sur un projet des plus sérieux : la bombe atomique.

Un détournement inattendu par un homme de science

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L’inventeur de cette merveille, nommée Tennis for Two, était William Higinbotham. C’est un nom qu’on ne connaît pas forcément, mais son parcours est pour le moins impressionnant, et franchement, un peu ironique. Avant de se pencher sur le divertissement, Higinbotham a travaillé au Laboratoire de Los Alamos pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son équipe était chargée de mettre au point l’électronique utilisée dans les premières bombes atomiques lâchées en août 1945. Oui, un homme qui a aidé à construire des outils de destruction massive a fini par inventer le divertissement numérique. Maintenant, n’est-ce pas une drôle de pirouette de l’histoire?

De la dissuasion nucléaire à l’ennui des expositions

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Après la guerre, Higinbotham a fait un virage complet. Il a même aidé à fonder la Federation of American Scientists, militant activement pour mettre fin à la course aux armements nucléaires. Il a passé le reste de sa carrière au Brookhaven National Laboratory.

C’est là que le déclic s’est produit. Apparemment, il s’ennuyait terriblement lors d’une exposition scientifique. Il s’est dit, ‘il faudrait quelque chose qui anime un peu l’endroit et qui montre aux gens que nos efforts scientifiques peuvent être utiles à la société,’ comme l’a rapporté le laboratoire. C’est une motivation si simple, presque adorable, pour une invention qui allait changer le monde.

Tennis for Two : quand le tennis rencontre l’oscilloscope

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L’idée était donc de créer une simulation de tennis incroyablement simple. Le jeu, Tennis for Two, a été conçu en quelques heures seulement et assemblé en environ trois semaines par le technicien Bob Dvorak. C’était rudimentaire, mais ingénieux. Les joueurs utilisaient des contrôleurs spécialement conçus pour ajuster l’angle de leur coup, puis appuyaient sur un bouton pour frapper la balle.

Et où voyait-on l’action? Pas sur un écran de télévision sophistiqué, mais sur un oscilloscope. Pour ceux qui ne sont pas familiers, un oscilloscope est habituellement un instrument de laboratoire qui affiche des graphiques de signaux électriques. Ici, il affichait une ligne horizontale représentant le terrain et un petit point lumineux qui rebondissait. C’était minimaliste, mais terriblement captivant!

L’ordinateur analogique et la trajectoire de la balle

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La vraie astuce technique résidait dans le ‘cerveau’ de Tennis for Two : un petit ordinateur analogique. Ce n’était pas un ordinateur au sens moderne, mais une machine conçue pour calculer des trajectoires balistiques. Vous savez, calculer où atterriraient une balle, un missile ou un obus, en tenant compte de la gravité et de la résistance de l’air. C’est l’instruction de cette machine qui décrivait comment générer ces courbes qui a donné l’idée à Higinbotham. Il a simplement adapté ces calculs sérieux à quelque chose de beaucoup plus amusant : le rebond d’une balle de tennis.

D’ailleurs, pour ajouter un peu de piment, les versions mises à jour du jeu permettaient de jouer avec différents niveaux de gravité. On pouvait faire rebondir la balle comme si on était sur la Lune, je suppose! Maintenant, c’est ça l’ingéniosité : prendre un outil de guerre et le transformer en outil de jeu.

L’oubli temporaire et la reconnaissance tardive

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Même si Tennis for Two a été extrêmement populaire lors des expositions scientifiques, l’histoire a une drôle de manière de ranger les choses. Le jeu est tombé dans l’oubli pendant un bon moment. C’est seulement dans les années 1970 qu’il a refait surface, reconnu comme étant potentiellement le premier jeu vidéo jamais conçu dans le seul but de divertir. Avant lui, il y avait eu d’autres jeux expérimentaux, certes, mais ils servaient surtout à tester des ordinateurs ou des capacités de recherche, pas juste à passer un bon moment.

Ce n’est qu’après qu’on a eu ces succès commerciaux, et c’est souvent ce que l’histoire retient. Mais Higinbotham, lui, avait posé la première pierre, prouvant qu’il y avait une valeur à faire des machines pour le pur plaisir.

Conclusion : Ce que l’inventeur voulait vraiment laisser derrière lui

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William Higinbotham nous a quittés en 1994, une année faste pour les jeux vidéo (on pense à Doom II et Donkey Kong Country!). Ironiquement, malgré cette contribution monumentale à l’industrie du jeu, Higinbotham avait exprimé le souhait qu’on se souvienne de lui pour ses travaux sur les écrans radar et, surtout, pour son engagement en faveur de la non-prolifération nucléaire.

Mais, comme cela arrive souvent avec les grands inventeurs, c’est parfois la petite chose qu’ils ont faite ‘pour s’amuser’ qui laisse la marque la plus durable. Qu’il le veuille ou non, Higinbotham restera pour beaucoup celui qui a prouvé que les ordinateurs, même analogiques, étaient faits pour le jeu. Il a montré au monde, bien avant les grandes entreprises, que le jeu vidéo était une chose qui valait la peine d’être faite, juste pour le fun.

Selon la source : iflscience.com