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Le mystère du crayon jaune : nos cousins Néandertaliens étaient-ils des artistes ?

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Le crayon qui réécrit l’histoire de l’art

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Pendant très longtemps, vous savez, on nous a appris que l’art, la vraie culture symbolique – dessiner, s’exprimer – c’était l’apanage exclusif de l’Homo sapiens. Nous, et seulement nous. Les autres, comme les Néandertaliens, étaient vus comme des êtres purement utilitaires, efficaces certes, mais sans cette petite étincelle créative. Eh bien, cette vision est en train de s’effondrer, et ce n’est pas la première fois, d’ailleurs.

Une découverte fascinante vient d’ajouter un poids considérable à l’idée que nos chers cousins Néandertaliens étaient tout à fait capables d’une culture symbolique complexe. Il s’agit d’un fragment d’ocre, une sorte de pigment naturel, qui a été méticuleusement façonné pour ressembler… à un crayon. Et attention, il est vieux d’au moins 42 000 ans.

Une enquête minutieuse sur les pigments préhistoriques

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L’étude à l’origine de cette conclusion a porté sur 16 morceaux d’ocre découverts sur des sites occupés par des Néandertaliens, principalement en Crimée et en Ukraine continentale. L’ocre, pour simplifier, c’est une roche argileuse qui contient des oxydes de fer, ce qui lui donne ces belles couleurs allant du jaune au rouge. C’est la peinture de l’époque!

Les chercheurs, à l’aide d’analyses microscopiques et chimiques poussées, ont pu confirmer que plusieurs de ces fragments avaient été délibérément modifiés. On parle de techniques bien spécifiques : broyage, incision, écaillage et raclage. Ce n’est pas un accident de la nature, c’est un travail manuel, réfléchi. Mais la grande question qui se pose toujours, c’est : est-ce que ces modifications servaient à la peinture, ou bien à des usages plus pratiques, comme tanner des peaux ?

L’outil qui dépasse la simple utilité

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La majorité des morceaux d’ocre pouvaient potentiellement avoir un usage pratique, c’est vrai. Mais l’équipe de recherche a identifié trois pièces qui, d’après eux, présentaient des caractéristiques allant « au-delà de l’usage utilitaire ». En clair, ces outils étaient trop soignés pour n’être que de simples instruments de travail brut.

Le clou du spectacle, c’est bien sûr ce fragment d’ocre jaune. Il mesure environ 4,5 centimètres de long pour 1,2 centimètre d’épaisseur. C’est un petit objet, mais sa forme est frappante. Il a été complètement transformé en un outil crayon avec une morphologie pointue. Ce n’est pas anodin, n’est-ce pas?

Le fameux crayon jaune de 42 000 ans

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Ce qui rend ce crayon si spécial, ce sont les marques d’usure. Imaginez : il a été périodiquement retaillé pour maintenir sa pointe. On trouve aussi des signes clairs d’usure dus au « contact avec une surface sous pression appliquée ». On ne racle pas une peau de cette manière, on dessine! Cela suggère que l’outil a servi de marqueur, un peu comme un crayon moderne, utilisé pour tracer des lignes sur une surface.

Francesco d’Errico, l’un des auteurs de l’étude, l’a très bien résumé à New Scientist : « C’était un outil qui avait été conservé et remodelé plusieurs fois, ce qui le rend très spécial. » L’équipe pense qu’il a pu être utilisé pour marquer la peau (peut-être des tatouages?), les vêtements, des sacs ou, plus classiquement, des pierres.

Honnêtement, c’est un niveau d’investissement et de soin pour un outil qui est difficile à attribuer à une simple nécessité de survie. C’est de la planification, c’est de l’esthétique.

Des indices qui dessinent une culture complexe

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Le crayon jaune n’était pas le seul indice. Les chercheurs ont aussi trouvé un fragment d’ocre rouge qui, selon eux, faisait autrefois partie d’un morceau plus grand, également façonné comme un crayon. Et enfin, un fragment plat d’ocre orange avec des rainures manifestement faites intentionnellement, en plus de signes d’être lissé et poli.

Il faut rester prudent, bien sûr, les couleurs minérales avaient plusieurs fonctions, ils l’admettent volontiers. Mais l’argument des chercheurs est solide : « Le façonnage délibéré et la réutilisation des crayons, les motifs gravés et la preuve d’outils conservés soutiennent collectivement la conclusion qu’au moins certains matériaux d’ocre étaient impliqués dans des activités symboliques. »

Ces objets et les marques qu’ils produisaient jouaient probablement un rôle crucial dans la communication, l’expression d’identité, et même, ce qui est très important, la transmission du savoir d’une génération à l’autre.

Dire adieu au stéréotype du Néandertal rustre

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Franchement, il est grand temps d’enterrer le vieux stéréotype du Néandertal rustre, bête et sans culture. Cette espèce était bien plus raffinée que nous ne l’avions imaginé il y a quelques décennies. Ces découvertes ne sont d’ailleurs pas isolées.

Ce nouveau « crayon » vient s’ajouter à une masse croissante de preuves. N’oublions pas que les plus anciennes gravures rupestres connues au monde sont considérées comme étant d’origine néandertalienne. On a également trouvé des preuves d’une véritable « mode » préhistorique des empreintes de mains. Ils n’étaient pas si différents de nous, juste nos cousins un peu plus robustes, peut-être. On ne le dira jamais assez, ils étaient capables d’une réflexion et d’un investissement culturel qui prouvent leur complexité intellectuelle.

L’étude est publiée dans la prestigieuse revue Science Advances, ce qui en dit long sur la robustesse des conclusions.

Conclusion : ce que l’art préhistorique nous apprend

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Finalement, ce minuscule fragment d’ocre, vieux de 42 000 ans, nous raconte une histoire bien plus grande que celle de sa simple utilisation. Il témoigne d’un comportement très humain : le besoin de s’exprimer, de laisser sa marque, de communiquer au-delà du simple son ou geste. La nature organisée des fragments d’ocre – le fait qu’ils aient été conservés, transportés et réutilisés – démontre une planification et un investissement culturel non négligeable.

Ces découvertes continuent de brouiller les lignes entre ce que nous pensions être uniquement « notre » humanité et celle de nos proches parents disparus. Peut-être que le besoin d’art et de symbole n’est pas né avec Homo sapiens, mais est une caractéristique partagée, profondément ancrée dans l’histoire de la lignée humaine. C’est une pensée assez touchante, vous ne trouvez pas ?

Selon la source : iflscience.com