Ukraine : Négociations critiques à Berlin entre Zelensky et les émissaires de Trump

Ukraine : Négociations critiques à Berlin entre Zelensky et les émissaires de Trump credit : Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Chancelier allemand Friedrich Merz se serrant la mai
Crédit : President of Ukraine from Україна (Wikimedia)

BERLIN — Le ballet diplomatique s’intensifie dans la capitale allemande ce lundi 15 décembre. Au lendemain d’une première session de pourparlers qualifiée de « constructive » par le camp américain, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Chancelier allemand Friedrich Merz retrouvent les émissaires de Donald Trump pour tenter de sceller un accord de cessez-le-feu durable.

Un sommet de la dernière chance à la Chancellerie

Après cinq heures de discussions dimanche, les délégations ont repris leurs travaux lundi matin à la Chancellerie fédérale. L’objectif pour Kiev est clair : convaincre Washington d’accepter un gel des hostilités sans imposer de concessions territoriales préalables définitives, une ligne rouge que l’Ukraine tente de maintenir malgré la pression croissante sur le terrain.

Steve Witkoff, envoyé spécial américain, en costume sombre, l'air sérieux lors d'une déclaration ou
Steve Witkoff, envoyé spécial américain, en costume sombre, l’air sérieux lors d’une déclaration ou
Crédit : Unknown authorUnknown author (Wikimedia)

Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président américain Donald Trump, s’est voulu optimiste. Sur la plateforme X, il a évoqué « beaucoup de progrès » réalisés lors des échanges sur « le plan de paix, les programmes économiques et davantage ». La présence à ses côtés de Jared Kushner, gendre et conseiller influent de Donald Trump, témoigne de l’importance capitale que la Maison-Blanche accorde à ce dossier, alors que le président américain manifeste une impatience grandissante face à la prolongation du conflit.

Le dilemme territorial et les garanties de sécurité

Au cœur des tractations se trouve un plan de paix complexe, dont une version amendée par Kiev et ses alliés européens est actuellement sur la table. Les points de friction demeurent majeurs :

Jared Kushner marchant ou discutant en marge d'une réunion internationale.
Jared Kushner marchant ou discutant en marge d’une réunion internationale.
Crédit : US Mission to the European Union (Wikimedia)
  • La question du Donbass : Washington et Moscou pressent Kiev de céder le contrôle effectif du Donbass (notamment la région de Donetsk) pour y établir une « zone économique libre » ou une zone démilitarisée.
  • Le gel des lignes : En échange, la Russie se retirerait de certaines zones occupées au nord et au centre-est (Soumy, Kharkiv, Dnipropetrovsk), mais conserverait ses positions au sud (Kherson, Zaporijjia).
  • Garanties de sécurité : Volodymyr Zelensky réclame un mécanisme de protection inspiré de l’article 5 de l’OTAN, garantissant une intervention mutuelle en cas de nouvelle agression, sans pour autant impliquer une adhésion formelle de l’Ukraine à l’Alliance atlantique dans l’immédiat. « C’est déjà un compromis de notre part », a souligné le président ukrainien.

L’Europe tente de faire front commun

Le Chancelier Friedrich Merz, hôte de ce sommet, joue une partition délicate. Ayant accueilli Volodymyr Zelensky dimanche sous les drapeaux américain, ukrainien et européen, le dirigeant allemand a insisté sur le fait que « les intérêts ukrainiens sont aussi les intérêts européens ». L’Europe redoute par-dessus tout un désengagement américain qui laisserait le continent seul face à la menace russe.

De nombreux dirigeants européens sont attendus lundi soir à Berlin pour un dîner à huis clos visant à harmoniser leur position. Ils craignent d’être marginalisés par une administration Trump désireuse de conclure un accord bilatéral rapide avec le Kremlin, potentiellement au détriment de la sécurité à long terme de l’Europe.

Vue extérieure de la Chancellerie allemande (Bundeskanzleramt) à Berlin avec des drapeaux allemands
Vue extérieure de la Chancellerie allemande (Bundeskanzleramt) à Berlin avec des drapeaux allemands
Crédit : votrequotidien.ca (Image IA)

Pression maximale sur Kiev

Ces négociations interviennent dans un contexte d’extrême fragilité pour l’Ukraine. Affaibli politiquement par des scandales de corruption interne et militairement par le recul de son armée face aux bombardements russes quotidiens, Volodymyr Zelensky doit manœuvrer entre les exigences maximalistes de Vladimir Poutine et la volonté de Donald Trump de clore le dossier ukrainien au plus vite.

Du côté de Moscou, le conseiller Iouri Ouchakov a déjà exprimé, via les médias d’État russes, de « fortes objections » prévisibles aux amendements proposés par Kiev, laissant présager que le chemin vers un accord définitif reste semé d’embûches.

 

Selon la source : journaldequebec.com