Ottawa veut vendre son pétrole et son gaz à l’Inde (et oublier les vieilles chicanes)
Richard Davis - 2026-01-26 11:59
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Le grand retour des affaires

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On dirait bien que la page est tournée. Vous vous souvenez du froid polaire entre le Canada et l’Inde sous l’ère Trudeau ? Eh bien, c’est de l’histoire ancienne, apparemment. L’Inde a une soif insatiable d’énergie — pétrole, gaz, minéraux, tout y passe — et le gouvernement de Mark Carney est plus que prêt à rouvrir la boutique.
Pour lancer le bal, c’est le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, qui s’y colle. Il part pour une mission économique de trois jours, du 27 au 30 janvier prochain. Ce n’est pas juste une visite de courtoisie, loin de là. C’est surtout pour préparer le terrain avant la visite du premier ministre Carney, prévue un peu plus tard cette année. Hodgson ne cache pas son jeu : pour lui, l’Inde est une cible évidente.
Il faut dire que la demande énergétique là-bas explose littéralement. C’est l’une des plus fortes croissances au monde. M. Hodgson sera d’ailleurs le tout premier membre du gouvernement canadien à se pointer à la conférence India Energy Week, à Goa, dans le sud-ouest du pays. L’objectif ? Mettre nos industries de l’avant, évidemment. Et les tensions diplomatiques ? L’affaire Nijjar ? Oubliées. Ou du moins, mises sous le tapis.
Pétrole russe et diplomatie du carnet de chèques

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C’est là que ça devient intéressant, et un peu complexe aussi. L’Inde, pour l’instant, c’est le deuxième plus gros acheteur de pétrole russe au monde. Pourquoi ? Parce que c’est moins cher que celui du Golfe, tout simplement. Mais Tim Hodgson, lui, il a une idée en tête : il espère que le Canada pourra se faufiler et remplacer une partie de cet approvisionnement russe.
Le ministre a l’intention de rencontrer les gros bonnets là-bas. On parle des dirigeants de la Indian Oil Corporation (qui appartient à l’État) et ceux de Reliance, une énorme compagnie privée. Le hic, c’est que la Indian Oil Corporation achète massivement du pétrole russe, malgré toutes les sanctions du G7. C’est un peu contradictoire, non ? Reliance, par contre, a récemment laissé entendre qu’elle aimerait bien se sortir du giron russe. C’est là que le Canada flaire la bonne affaire.
Hodgson martèle que l’Inde cherche à sécuriser ses approvisionnements et que ça va créer des emplois payants ici, chez nous. Il faut dire que les relations se sont réchauffées depuis que Mark Carney est au pouvoir. Il a déjà eu deux tête-à-tête avec Narendra Modi : une fois chez nous, au sommet du G7 à Kananaskis en juin 2025, et une autre fois en Afrique du Sud, au G20 de Johannesburg en novembre. Ils s’étaient entendus pour relancer les négos d’un Accord de partenariat économique global. Bref, on recommence à se parler sérieusement.
Pas que du pétrole : virage vert et minéraux critiques

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Bon, on ne va pas se mentir, l’Inde marche encore beaucoup au charbon. Plus de 63 % de son énergie vient de là. Mais New Delhi a de l’ambition : ils veulent doubler leur production d’énergie renouvelable pour passer de 20 % à 40 % d’ici 2035. C’est un marché colossal, estimé à 30 milliards de dollars.
Alors oui, la mission de Hodgson met l’accent sur le pétrole et le gaz, c’est sûr. Mais il y a aussi tout le volet des énergies vertes. Le Canada essaie de vendre son expertise en capture et stockage de carbone. Et puis, il y a les minéraux critiques. L’Inde en a désespérément besoin pour ses voitures électriques et ses panneaux solaires : cuivre, lithium, cobalt, terres rares… on a tout ça en stock.
D’ailleurs, le ministre ne part pas seul. Une trentaine de compagnies de l’Alberta font le voyage, ainsi qu’une poignée de l’Ontario. On note la présence de noms comme Emerson, Palliser Group et Alco Energy Solutions. Il y a même une touche québécoise avec l’entreprise Velan Vales. Hodgson insiste : nos PME sont parfaites pour répondre aux besoins spécifiques de l’Inde. C’est, selon lui, un domaine où on est des leaders mondiaux, rien de moins.
Conclusion : Un nouveau départ ?

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Tout ça, au fond, c’est pour préparer la grande visite. Le premier ministre Mark Carney a accepté l’invitation de son homologue indien et devrait se rendre sur place au début de 2026. La date exacte ? On ne la connaît pas encore, ça reste à déterminer.
En attendant, Tim Hodgson joue les éclaireurs. Son but est de signaler au secteur privé indien que le Canada est redevenu un partenaire « souhaitable et fiable ». On essaie de rebâtir la confiance, brique par brique, après les années de tumulte. Reste à voir si ces belles paroles se transformeront en contrats signés.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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