Une entreprise sur 5 bientôt à vendre : la grande valse des propriétaires commence
Richard Davis - 2026-01-28 11:29
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Un tsunami de départs à la retraite se prépare

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On s’en doutait un peu, mais les chiffres viennent de tomber et ils donnent le vertige. D’après un tout nouveau rapport de la Banque de développement du Canada (BDC), c’est près d’une entreprise canadienne sur cinq qui pourrait changer de propriétaire d’ici 2031. C’est énorme. Que ce soit via des fusions ou des acquisitions pures et simples, le paysage économique va drastiquement changer de visage.
Le plus urgent dans tout ça ? Le quart de ces transferts, c’est pour tout de suite, ou presque : ils sont prévus dans les 12 prochains mois. Pourquoi une telle urgence ? C’est simple, c’est la démographie qui nous rattrape. Pierre Cléroux, l’économiste en chef de la BDC, met le doigt sur le bobo : plus de 60 % des entrepreneurs au Canada ont dépassé la cinquantaine. Donc, forcément, plusieurs sont sur le pas de la porte, prêts à prendre leur retraite. C’est ce qui crée cette vague massive de transition qu’on observe en ce moment.
Mais attention, ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Cléroux note qu’il y a du monde au portillon pour prendre le relais. Pour beaucoup d’entrepreneurs, c’est l’occasion ou jamais. « Ça prend une certaine taille pour investir en technologie, pour bénéficier, pour réduire ces coûts », explique-t-il. En gros, racheter une boîte, c’est le raccourci idéal pour grandir vite.
Productivité et profits : la loi du plus fort ?

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Il y a une statistique dans ce rapport qui fait réfléchir : les PME qui se lancent dans des acquisitions génèrent des bénéfices quatre fois plus élevés que celles qui restent dans leur coin sans rien acheter. Quatre fois. C’est difficile à ignorer. M. Cléroux détaille la logique derrière ça : en avalant une autre entreprise, une PME gagne en taille, ce qui lui permet de sabrer dans ses coûts d’administration. C’est mathématique.
Mais ce n’est pas tout. Devenir plus gros, ça change le rapport de force. On négocie mieux avec ses fournisseurs, et surtout, on peut explorer de nouveaux marchés qui étaient complètement inaccessibles avant. Pour les experts, ces acquisitions pourraient être le remède miracle pour booster la productivité des entreprises canadiennes, un domaine où, soyons honnêtes, on traîne la patte par rapport aux voisins américains.
« Plus notre économie a un niveau de productivité élevé, plus les salaires sont élevés, plus notre niveau de vie est élevé », rappelle l’économiste. C’est un peu la base, mais on l’oublie souvent : la productivité explique le niveau de vie d’une nation. D’ailleurs, petit détail intéressant pour les temps incertains qui courent : les entreprises de taille moyenne s’en sortent généralement mieux quand l’économie vacille, que ce soit face à une récession ou à l’imposition de tarifs.
Le casse-tête de la mise en relation

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C’est bien beau de vouloir vendre, mais encore faut-il trouver à qui. Le rapport indique que 83 % des entrepreneurs comptent vendre à des Canadiens. Le hic, c’est que ça coince sur le terrain. Michelle Auger, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), soulève un point crucial : on a un mal fou à connecter les propriétaires qui veulent partir à la retraite avec la relève.
Elle insiste : « Du côté du gouvernement, il faut s’assurer que les jeunes entrepreneurs aujourd’hui savent où trouver les entreprises qui existent et comment les acheter ». Il y a un manque flagrant d’éducation et de promotion. Les programmes existent, les agences aussi, mais personne ne semble être au courant. C’est un problème de communication qui coûte cher, surtout pour les PME.
Et puis, il ne faut pas se mentir, le climat actuel n’aide pas. Michelle Auger est assez pessimiste là-dessus : selon elle, ça n’a jamais été aussi dur d’être propriétaire au Canada. Entre les coûts opérationnels qui explosent, la paperasserie qui s’empile, et l’incertitude commerciale avec les États-Unis (import-export), la situation est « très fragile ». Elle appelle à créer un environnement plus favorable, sinon la transition risque d’être chaotique.
Ceux qui l’ont fait : Rhesus et RAB Lighting racontent

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Pour comprendre que ça marche pour vrai, il faut regarder du côté de ceux qui ont sauté le pas. Prenez Rhesus, une boîte de TI basée à Sherbrooke. Il y a un peu plus de deux ans, ils ont racheté Quebecom. Vicky Beaudoin, la vice-présidente, est catégorique : l’impact a été immédiat, surtout pour la main-d’œuvre. C’est drôle comment les choses s’alignent parfois… ils manquaient de personnel administratif à Sherbrooke, alors que leur équipe de Victoriaville était pleine à craquer. L’acquisition a permis d’équilibrer tout ça naturellement.
Avec ce casse-tête RH en moins, ils ont pu attaquer le marché, notamment en cybersécurité. Le résultat ? Une augmentation du chiffre d’affaires de 40 % pendant deux années de suite. Si on compare ça à une croissance organique classique de 12 à 15 %, il n’y a pas photo.
Même son de cloche en Ontario avec David Beron. En 2017, il a racheté RAB Lighting… à son propre père, qui était prêt pour la retraite. « J’ai acquis un héritage, j’ai acquis une entreprise vieille de 60 ans », dit-il avec fierté. Depuis, il n’a pas chômé. L’entreprise d’éclairage d’Etobicoke est passée d’environ 50 à près de cent employés, et il veut encore embaucher. Il avoue même être prêt à racheter une autre entreprise, plus petite cette fois, mais il reste patient. « Nous ne voulons pas que l’entreprise se développe sans intention », précise-t-il. Pour lui, protéger la réputation et l’héritage, c’est sacré.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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