Succession de François Legault : la course s’organise et les pions se déplacent

Succession de François Legault : la course s’organise et les pions se déplacent credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Un voyage annulé qui en dit long

On s’en doutait un peu, mais les choses se précisent à une vitesse folle à Québec. Depuis que François Legault a pris tout le monde de court, mercredi matin, en annonçant son départ — il quittera ses fonctions dès qu’un successeur sera nommé —, l’agitation est palpable dans les coulisses de la Coalition avenir Québec (CAQ). C’est le branle-bas de combat, si je peux dire. La preuve? Christine Fréchette, qui est actuellement ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, a brusquement décidé d’annuler une mission importante à l’étranger.

Elle devait s’envoler pour Davos, en Suisse, du 19 au 26 janvier prochain. Finalement, elle reste ici. C’est son collègue Christopher Skeete, responsable des Relations internationales et de la Francophonie, qui devra faire ses valises et la remplacer au pied levé. Pourquoi ce changement soudain? Eh bien, son cabinet reste muet sur la raison officielle, mais entre vous et moi, le timing ne trompe personne : Mme Fréchette est en pleine réflexion pour se lancer dans la course à la chefferie. Et puis, il y a cette règle d’éthique qui change la donne…

Désistements et règles du jeu

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Il faut dire que les règles sont strictes. Ariane Mignolet, la commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, a recommandé que la CAQ refuse qu’un candidat conserve son siège au Conseil des ministres pendant la course. L’idée, c’est d’éviter qu’un ministre profite d’un avantage injuste sur les autres. C’est logique, je suppose. Donc, si Mme Fréchette veut se lancer, elle devra probablement démissionner de son poste actuel. Pendant que certains calculent leurs appuis, d’autres ont déjà jeté l’éponge. C’est le cas de Christopher Skeete — oui, celui-là même qui part pour la Suisse — qui a confirmé vendredi soir qu’il ne sera pas de la partie.

Il a été assez clair sur la plateforme X, expliquant qu’il préfère se concentrer sur ses dossiers ministériels. Il a écrit, et je cite, que son soutien au futur chef dépendra de sa capacité à « incarner la 3e voie » et à recentrer l’État sur sa vocation première : « servir les citoyens ». Un autre nom qui circulait beaucoup, c’est celui de l’homme d’affaires Olivier Primeau. Lui aussi a coupé court aux rumeurs vendredi, sur Instagram cette fois. Il a expliqué qu’il avait encore des projets personnels et entrepreneuriaux à terminer. « Je veux faire les choses correctement et dans le bon ordre », a-t-il dit. Au moins, ça a le mérite d’être clair.

Cela n’empêche pas la liste des candidats potentiels de s’allonger. On parle de ministres comme Bernard Drainville, Ian Lafrenière, ou encore Jean-François Simard, qui n’ont pas fermé la porte cette semaine. Même François Bonnardel, qui est redevenu simple député après le remaniement de l’été dernier, pourrait tenter sa chance. Et n’oublions pas les pointures comme Sonia LeBel et Geneviève Guilbault, qui se font plutôt discrètes pour l’instant.

La montée de Simon Jolin-Barrette et les premiers appuis

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Là où ça devient vraiment intéressant, c’est du côté des appuis qui commencent à sortir publiquement. Christine Fréchette a déjà reçu l’encouragement du ministre Gilles Bélanger, jeudi. Mais c’est surtout autour de Simon Jolin-Barrette que les passions semblent se déchaîner. Bien qu’il n’ait rien officialisé et qu’il n’ait fait aucune apparition publique depuis l’annonce du départ de M. Legault, son nom est sur toutes les lèvres. Shirley Dorismond, la députée de Marie-Victorin, nous a livré un témoignage assez incroyable au téléphone.

Elle n’y est pas allée de main morte : « Simon, c’est quelqu’un qui va te défendre à l’os! Il va saigner pour toi, à la vie, à la mort! ». Vous entendez ça? Elle le décrit comme un « vrai caquiste », un fidèle de la première heure présent depuis 2012, avec « 12 ans derrière la cravate ». Pour elle, c’est carrément le dauphin, celui qui ressemble le plus à François Legault, que certains considèrent presque comme un père spirituel pour Jolin-Barrette. Elle est convaincue que c’est une candidature incontournable pour porter l’héritage du premier ministre.

Elle n’est pas la seule. Mario Asselin, député de Vanier–Les Rivières, a aussi plaidé en sa faveur vendredi. Il voit en Jolin-Barrette un « réformateur » doté d’une grande maîtrise de caractère, de flegme et de répartie. C’est notre leader parlementaire, après tout. De son côté, le principal intéressé, qui est aussi ministre de la Justice, s’est contenté d’un message sur X vendredi pour remercier ses collègues de leurs bons mots, se disant « honoré » de servir à leurs côtés. On sent que la machine se met en branle, n’est-ce pas? D’autres noms circulent aussi, comme celui d’Eric Girard, le ministre des Finances, qui se positionne tranquillement.

Conclusion : À quoi s’attendre pour la suite?

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Alors, quelle est la suite du programme? La CAQ ne devrait pas tarder à nous éclairer : les modalités précises de la course à la chefferie devraient être dévoilées dès la semaine prochaine. Pour l’instant, le scénario qui circule le plus sérieusement évoque un Congrès à la direction qui se tiendrait au printemps, probablement autour du mois d’avril. Ça laisse peu de temps, mine de rien.

Le parti a aussi l’intention d’organiser deux grands débats pour confronter les idées des candidats, l’un à Montréal et l’autre à Québec. Ce sera l’occasion de voir qui a vraiment l’étoffe pour succéder à François Legault. D’ici là, attendez-vous à d’autres annonces, d’autres désistements et, sans doute, beaucoup de surprises. La politique québécoise ne prend jamais vraiment de vacances.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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