Tensions en Arctique : Le Canada prêt à envoyer des soldats au Groenland ?
Richard Davis - 2026-01-19 11:19
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Des plans sur la table

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On a parfois l’impression de lire le script d’un film de géopolitique, mais la situation est bien réelle. Le premier ministre Mark Carney est actuellement en train d’évaluer, très sérieusement, la possibilité d’envoyer un petit contingent de soldats canadiens au Groenland. L’idée ? Rejoindre les forces européennes qui sont déjà sur le terrain. D’après ce que rapportent nos collègues de CBC News, les choses s’accélèrent : des « plans de contingence » ont été dessinés la semaine dernière. Pour l’instant, Mark Carney n’a pas encore donné son feu vert définitif, mais s’il décide d’aller de l’avant, nos troupes pourraient être déployées très vite, peut-être même d’ici samedi prochain.
C’est depuis Doha, au Qatar, que le premier ministre a partagé ses vives inquiétudes. Ce qui préoccupe tout le monde, c’est cette volonté affichée par le président américain Donald Trump de s’emparer du Groenland, que ce soit par la pression ou, pire, par la force. Mark Carney a tenu à être clair face aux médias : pour le Canada, la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays, c’est sacré. Il a déclaré, je cite, que « l’intégrité territoriale de n’importe quel pays, dans n’importe quel coin du monde, est inviolable ». On sent bien la gravité du moment.
Diplomatie et escalade tarifaire : Le bras de fer

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Il ne faut pas oublier que le Groenland, cette immense île de l’Atlantique, appartient au Danemark et se trouve sous la protection de l’OTAN. M. Carney a d’ailleurs rappelé que le Canada s’est déjà engagé à renforcer la défense de l’Alliance dans l’Arctique. Il compte bien passer le message directement au président américain s’ils se croisent cette semaine à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial. Mais pendant ce temps, Donald Trump ne reste pas les bras croisés. Samedi, il a annoncé de nouveaux droits de douane pour tordre le bras à huit pays européens et les forcer à accepter la cession de l’île aux Américains.
Ces pays, qui incluent la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont eu le malheur – ou le courage, c’est selon – de se joindre à une mission militaire au Groenland la semaine dernière pour soutenir le Danemark. La sanction américaine est brutale : des droits de douane de 10 % dès le 1er février, qui grimperont à 25 % le 1er juin sur tous les produits venant de ces nations. C’est un coup dur économique.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Dimanche, lors d’une réunion d’urgence à Bruxelles, les ambassadeurs des huit pays visés (Danemark, Finlande, France, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Suède et Royaume-Uni) ont fait front commun. Ils dénoncent un « dangereux engrenage » qui sape les relations transatlantiques. Leur message est ferme : « Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse » et ils expriment leur pleine solidarité avec le peuple du Groenland.
La riposte européenne et l’avenir de l’OTAN

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L’Europe prépare sa contre-attaque, et ça ne sera pas juste des mots. Antonio Costa, le président du Conseil européen, a annoncé qu’un sommet extraordinaire des 27 dirigeants de l’UE aura lieu dans les prochains jours pour organiser la riposte commerciale. Emmanuel Macron, de son côté, veut sortir l’artillerie lourde : il compte demander l’activation de l’instrument « anti-coercition » de l’UE. L’eurodéputée Valérie Hayer n’hésite pas à qualifier cet outil d’« arme nucléaire économique ». Concrètement, cela permettrait de bloquer les importations d’un pays tiers ou de lui fermer l’accès aux marchés publics s’il tente d’interférer dans les choix souverains de l’Europe.
Une autre option sur la table serait de réactiver une liste de représailles ciblant 93 milliards d’euros de marchandises américaines. Cette mesure avait été envisagée au printemps dernier puis suspendue à l’été, mais aujourd’hui, de nombreux élus européens, qu’ils soient de gauche ou de droite, aimeraient la voir renaître de ses cendres. Comme le disent certains : « L’ordre mondial tel que nous le connaissons et l’avenir de l’OTAN sont en jeu. »
Au milieu de cette tempête, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, se trouve dans une position franchement inconfortable. Très prudent, il a annoncé dimanche soir avoir échangé avec Donald Trump et espère le rencontrer à Davos en fin de semaine. Il faut dire que cette dispute territoriale entre deux membres de l’OTAN est du jamais-vu et menace l’existence même de l’Alliance, 77 ans après sa création en 1949.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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