Arctique sous tension : qui contrôle vraiment le toit du monde ?
Richard Davis - 2026-01-21 11:44
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Un désert de glace… surpeuplé ?

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On a souvent cette image d’Épinal de l’Arctique : une étendue blanche, vide, silencieuse, où seul le vent a droit de cité. Eh bien, détrompez-vous. C’est loin d’être aussi calme qu’on l’imagine. En réalité, cette zone est occupée militairement depuis des décennies, et disons que ça ne va pas en s’arrangeant. Aujourd’hui, on y dénombre des dizaines de bases et tout un attirail de surveillance. Pourquoi cet engouement soudain ? C’est simple, ou presque.
Avec une superficie totale de 21 millions de km2 — imaginez, c’est plus de deux fois la taille des États-Unis — l’Arctique est un gâteau que se partagent huit pays : le Canada, la Russie, les États-Unis, le Danemark, la Norvège, l’Islande, la Suède et la Finlande. La militarisation a commencé doucement après la Seconde Guerre mondiale, histoire de parer aux attaques nucléaires, mais là, ça s’accélère franchement depuis dix ans. La faute à qui ? Au climat, pardi. La fonte des glaces ouvre le passage du Nord-Ouest (côté Canada/Alaska/Groenland) et la route maritime du nord (côté Russie/Norvège). Résultat : on peut naviguer presque toute l’année et accéder à des richesses minières et pétrolières qu’on ne pouvait que rêver d’atteindre avant. Ajoutez à ça les ambitions de la Russie et les regards intéressés des Américains sur le Groenland, et vous avez une sacrée course au territoire.
Le Canada : un géant aux pieds… légers

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Parlons de nous, le Canada. On possède quand même près de 40 % de l’Arctique et 70 % de son littoral. C’est énorme. Pourtant, quand on regarde notre présence militaire comparée aux voisins, ça fait un peu pâle figure, et je ne suis pas le seul à trouver ça moyennement rassurant. On compte actuellement huit bases militaires actives. La plus grosse est à Yellowknife, mais on a aussi des installations à Whitehorse, Iqaluit, Inuvik et quelques autres coins perdus. Mention spéciale pour la base d’Alert, tout au nord de l’île d’Ellesmere : c’est la base la plus septentrionale du monde. Il y a environ 55 personnes là-bas en permanence, même si personne n’y vit à l’année (il faut avoir le moral solide).
Côté mer, la Garde côtière est là, mais sa couverture est, disons, modeste. Son QG pour le Nord est à Yellowknife… ce qui est assez ironique puisqu’elle est loin des côtes. Ils ont une centaine d’employés à temps plein pour surveiller plus de 162 000 kilomètres de côtes. Cherchez l’erreur. Heureusement, on a les Rangers canadiens. Créée en 1947, cette force de réserve de 5000 membres fait un boulot incroyable dans plus de 200 communautés pour surveiller le territoire. On s’appuie aussi sur la technologie avec 47 sites radars du Système d’alerte du Nord reliés au NORAD, mais ils sont sans personnel. Ah, et petit détail logistique : le seul port en eaux profondes relié au train est à Churchill, au Manitoba.
Les voisins : l’Amérique montre les muscles, le Danemark observe

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Juste à côté, l’ambiance est différente. Prenez le Groenland, ce territoire danois autonome de 2,17 millions de km2. Ils n’ont que trois bases, mais attention, la base aérienne américaine de Pituffik (ex-Thule) ne rigole pas. C’est le port en eau profonde le plus au nord du monde — bon, il est gelé neuf mois par an, mais quand même — et un aérodrome ouvert tout le temps. Un vieux traité de 1951 permet aux USA de s’y installer un peu comme chez eux, avec une présence quasi illimitée. Pour la petite histoire, pendant la guerre froide, les Américains y avaient 13 bases !
En parlant des États-Unis, leur morceau d’Arctique, c’est l’Alaska. Et là, c’est l’artillerie lourde. Ils ont au moins une dizaine d’installations. On y trouve des avions de chasse F-35 et F-22, rien que ça. La base de Fort Greely est hérissée de missiles intercepteurs, prêts à dégommer tout ce qui viendrait de Russie ou de Corée du Nord. Sans oublier leurs sous-marins nucléaires qui patrouillent toute l’année sous la glace. C’est une autre échelle.
Russie et Norvège : le face-à-face dans le grand froid

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Mais soyons honnêtes, le patron actuel de la zone, militairement parlant, c’est la Russie. C’est incontestable. On estime qu’ils ont entre 30 et 40 installations opérationnelles dans le nord. Ils sont partout le long de leur littoral, même tout près de l’Alaska. Le cœur de leur puissance, c’est la péninsule de Kola, vers la mer de Barents. Certains analystes disent que c’est l’endroit avec la plus grosse concentration de puissance de feu au monde. Ils ont trois bases aériennes, des troupes au sol, et la fameuse flotte du nord basée à Mourmansk : sous-marins nucléaires, brise-glaces, navires de surface… la totale.
Face à cet ours russe, la Norvège joue serré. Membre de l’OTAN, elle partage une frontière terrestre avec la Russie, alors la méfiance est de mise. Pour éviter que Moscou ne prenne trop ses aises, la Norvège maintient 15 installations militaires sur son petit territoire arctique. Troupes, avions, garde-côtes, ils occupent le terrain. Il y a juste l’archipel du Svalbard qui fait exception : un traité de 1920 oblige ces îles à rester démilitarisées. Une sorte de zone neutre au milieu de ce jeu d’échecs glacé.
Conclusion

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En somme, l’Arctique est devenu bien plus qu’une réserve de glace et d’ours polaires. C’est un échiquier géopolitique où chaque pion est avancé avec précaution. Entre la fonte des glaces qui ouvre de nouvelles routes commerciales et les ressources naturelles qui font saliver tout le monde, la présence militaire n’est pas près de diminuer. Le Canada, avec son immense territoire, semble devoir courir pour rattraper le peloton, tandis que la Russie a déjà pris une longueur d’avance inquiétante. Reste à voir comment tout cela évoluera quand la glace aura encore reculé.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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