Davos 2026 : Trump règle ses comptes avec Carney et lorgne toujours sur le Groenland

Davos 2026 : Trump règle ses comptes avec Carney et lorgne toujours sur le Groenland credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une ambiance glaciale pour un discours « America First »

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C’était sans doute le moment le plus attendu de ce Forum économique mondial, et le moins qu’on puisse dire, c’est que Donald Trump n’a pas déçu ceux qui s’attendaient à des étincelles. Ce 21 janvier 2026, dans un Davos sous haute tension, le président américain est monté à la tribune pour livrer un discours d’un peu plus d’une heure. « Tellement d’amis, quelques ennemis », a-t-il lâché d’entrée de jeu, d’une voix monocorde qui contrastait avec la virulence de ses propos.

L’atmosphère était lourde, presque palpable. Présentée par son entourage comme une allocution centrée sur le thème de « l’Amérique d’abord », sa prise de parole a surtout ressemblé à une longue liste de doléances. Il a dépeint les États-Unis comme ce meneur indispensable, portant à bout de bras des nations qui, selon lui, ne seraient « pas grand-chose » sans l’Oncle Sam. Mais c’est véritablement son attaque frontale contre son voisin du Nord qui a marqué les esprits.

Sans prendre de gants, il s’en est pris directement au premier ministre canadien, Mark Carney. « Le Canada vit grâce aux États-Unis », a-t-il asséné, visiblement agacé par le discours que Carney avait prononcé la veille. On sentait une rancune tenace, Trump lui lançant même un avertissement personnel : « Souviens-t’en, Mark, la prochaine fois que tu fais des déclarations. » Pour Trump, qui a multiplié les allusions au Canada comme étant le « 51e État » et imposé de nombreux droits de douane l’an dernier, l’ingratitude supposée d’Ottawa ne passe pas. « Le Canada reçoit d’ailleurs beaucoup d’avantages gratuits de notre part… mais ce n’est pas le cas [qu’ils soient reconnaissants] », a-t-il déploré.

Obsession territoriale et règlements de comptes avec l’OTAN

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Si les piques envers le Canada étaient prévisibles, le retour du dossier groenlandais a laissé l’auditoire perplexe. Trump a confirmé qu’il cherchait des négociations immédiates pour acquérir le Groenland, qualifiant ce territoire de « morceau de glace pour protéger le monde ». C’est assez incroyable d’entendre ça en 2026, mais il persiste : selon lui, seuls les États-Unis peuvent défendre cette zone.

Il a toutefois tenu à préciser, peut-être pour rassurer (ou inquiéter ?) le Danemark : « Je n’utiliserai pas la force. » Jusqu’ici, l’option militaire n’avait pas été explicitement exclue, ce qui en dit long. Il reproche au Danemark son refus, qu’il perçoit comme une ingratitude alors que les USA auraient pu, selon ses dires, « conserver ce territoire » par le passé. L’ultimatum est à peine voilé : « Vous pouvez dire oui et nous allons être très reconnaissants, ou vous pouvez dire non et nous allons nous en souvenir. »

L’OTAN en a aussi pris pour son grade. « Vous n’auriez plus d’OTAN si ce n’était pas de moi », a-t-il affirmé, martelant encore cette idée qu’on « donne tant et on reçoit si peu ». C’est là que le bât blesse : Trump soutient que les États-Unis n’ont rien tiré de l’Alliance. Pourtant, l’histoire raconte une autre version. L’article 5, qui stipule qu’une attaque contre un membre est une attaque contre tous, n’a été invoqué qu’une seule fois… pour défendre les États-Unis après le 11 septembre 2001. Et ironie du sort, c’est le Danemark qui, proportionnellement à sa population, a subi les plus lourdes pertes en Afghanistan au sein de la coalition. Mais ces détails ne semblaient pas encombrer le président américain.

L’Europe méconnaissable, un « miracle » économique et un retard technique

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Le président n’a pas épargné le Vieux Continent. Avec un ton presque nostalgique mais négatif, il a déclaré : « L’Europe ne va pas dans la bonne direction. » Il a ciblé l’immigration de masse et, sujet récurrent chez lui, les éoliennes, affirmant qu’il ne « reconnaissait plus » certains pays. « Et ce n’est pas dans un sens positif », a-t-il précisé pour lever toute ambiguïté. Emmanuel Macron a eu droit à sa mention spéciale : Trump s’est vanté d’avoir fait plier le président français sur le prix des médicaments grâce à sa stratégie tarifaire.

Sur le plan intérieur, c’était l’heure de l’auto-congratulation. Célébrant le premier anniversaire de son retour au pouvoir, Trump a parlé d’un « miracle économique », assurant avoir vaincu l’inflation et ramené des investissements massifs. Les droits de douane punitifs ? Une simple compensation pour les dommages subis, d’après lui. Une vision très personnelle de l’économie mondiale.

Enfin, petite note logistique qui a son importance : le discours a commencé avec un léger retard. La raison ? Un problème électrique mineur sur Air Force One, qui a forcé l’appareil à faire demi-tour pour changer d’avion. Ce contretemps n’a pas été sans conséquences diplomatiques, puisqu’une rencontre prévue avec le chancelier allemand, Friedrich Merz, a dû être purement et simplement annulée, selon une source de l’agence Reuters. Comme quoi, même les « meneurs indispensables » sont tributaires de la technique.

Conclusion : Un nouvel ordre mondial fracturé

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Ce passage à Davos restera gravé comme une démonstration de force et de défiance. Entre les menaces à peine voilées envers Mark Carney — qui avait la veille appelé les puissances moyennes à s’unir contre les hégémonies — et les revendications territoriales sur l’Arctique, le fossé se creuse.

Donald Trump repart de Suisse en laissant derrière lui des alliés ébranlés et un message clair : dans sa vision du monde, la gratitude se mesure en dollars et en territoires, et la diplomatie ressemble de plus en plus à un rapport de force permanent.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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