Succession de Legault : entre hésitations et renoncements, la course s’emballe à la CAQ

Succession de Legault : entre hésitations et renoncements, la course s’emballe à la CAQ credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Le grand bal des prétendants commence

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On sentait une certaine fébrilité dans l’air, ce mercredi matin à l’Assemblée nationale. C’est assez inévitable, je suppose, quand on sait que l’avenir de la Coalition avenir Québec (CAQ) se joue en coulisses depuis maintenant une semaine. Tout s’est accéléré depuis que François Legault a lâché cette bombe politique mercredi dernier : il partira. Il quittera toutes ses fonctions, mais seulement — et c’est là tout le suspense — une fois que son parti lui aura déniché un successeur digne de ce nom. L’ambiance est donc à la spéculation, aux chuchotements de couloir et, disons-le franchement, aux calculs stratégiques.

Le visage de cette course à la chefferie commence d’ailleurs à se préciser sérieusement. On est passé des rumeurs aux déclarations d’intention, ou du moins, aux « réflexions sérieuses ». C’est tout un branle-bas de combat pour une formation politique qui, rappelons-le, a été fondée par François Legault lui-même au début des années 2010. C’est une première historique pour eux, ce n’est pas rien. Les règles officielles devraient tomber d’ici la fin de la semaine, mais en attendant, les pions se placent sur l’échiquier.

Jolin-Barrette et Drainville : deux poids lourds en réflexion

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Commençons par Simon Jolin-Barrette. C’était sa première apparition publique depuis l’annonce surprise du chef, et il n’a pas tourné autour du pot. Mercredi matin, il a confirmé avoir entamé une réflexion très sérieuse. Il faut dire qu’il porte déjà plusieurs chapeaux importants : député de Borduas en Montérégie, ministre de la Justice, ministre responsable des Relations canadiennes et leader parlementaire du gouvernement. Rien que ça. S’il y va, il devra probablement lâcher tout ce lest. Mais il semble prêt, ou du moins très tenté. Il a souligné avoir eu des conversations ces derniers jours avec plusieurs collègues. « Il y en a qui m’ont appuyé et qui m’ont indiqué leur soutien […] et ça, c’est fort important, parce que la CAQ, c’est une équipe », a-t-il lancé. On sent l’homme qui compte ses troupes.

Et parlant de troupes, il ne part pas les mains vides. Jolin-Barrette a déjà sécurisé l’assentiment du ministre Jonatan Julien. Mais ce n’est pas tout. Du côté des députés, il a rallié Shriley Dorismond, Mario Asselin, Suzanne Roy et Stéphane Sainte-Croix. Ça fait déjà cinq appuis solides pour celui qui songe à briguer la couronne.

Dans le coin opposé, ou plutôt dans le couloir d’à côté, Bernard Drainville ne s’en laisse pas imposer. Lui aussi a confirmé à la presse parlementaire qu’il réfléchit. « Je songe à me lancer », a-t-il dit, tout simplement. Il a même précisé avoir eu le « feu vert » de sa famille, ce qui est souvent l’étape cruciale avant le grand saut. Drainville, qui est député de Lévis, cumule les titres : ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, en plus d’être responsable de la Stratégie maritime et de la région de la Chaudière-Appalaches.

Sa vision ? Il mise sur l’expérience. Il veut « unir les Québécois, pas se chicaner » et travailler avec les autres provinces face aux menaces. C’est le sens de sa réflexion actuelle, en attendant de voir les règles du jeu. On se souvient qu’il avait déjà laissé planer le doute dans des entrevues juste après l’annonce de Legault, n’écartant pas la possibilité de viser le sommet de l’État.

Désistement de Girard et montée en puissance de Fréchette

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À l’inverse, il y a ceux qui jettent l’éponge avant même le début du combat. Eric Girard, le ministre des Finances — le numéro 2 du gouvernement, quand même — a décidé de passer son tour. C’est un peu surprenant car jeudi dernier, il se disait « intéressé ». Mais mercredi matin, en mêlée de presse, le ton avait changé. Il a expliqué, avec un certain pragmatisme froid qu’on attribue souvent aux financiers, qu’il ne voyait pas de « voie de passage » pour gagner. Alors, il préfère rester neutre. Il a annoncé qu’il se concentrera sur son rôle aux finances publiques (c’est là que sa contribution est la plus importante, selon lui) et sur la préparation de son budget du printemps.

Cela dit, Girard ne quitte pas le navire pour autant : il a annoncé qu’il sera candidat à sa réélection à l’automne dans sa circonscription de Groulx, sur la Rive-Nord, pour un troisième mandat. Au moins, c’est clair.

Pendant que Girard se retire, Christine Fréchette semble prendre du galon. C’est peut-être la surprise de cette course. La ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie aurait dû être à Davos, en Suisse, cette semaine pour le Forum économique mondial et le discours de Mark Carney. Eh bien non. Elle a annulé sa mission là-bas sans trop d’explications explicites, mais on devine pourquoi. Elle chemine toujours, comme elle l’a dit à l’Assemblée nationale mercredi matin.

Et les chiffres parlent pour elle. À ce jour, Mme Fréchette a obtenu six appuis, ce qui la place en tête devant Jolin-Barrette. Le dernier en date ? Kateri Champagne Jourdain, ministre de la Famille et députée de Duplessis sur la Côte-Nord, qui a annoncé son choix tôt mercredi sur les réseaux sociaux. Une prise importante. Ajoutez à cela les ministres Gilles Bélanger, Mathieu Lacombe et Benoit Charette, ainsi que les députés Chantale Jeannotte et Vincent Caron. La dynamique est clairement en sa faveur pour l’instant.

Conclusion : Une course incertaine et des départs marquants

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On s’enligne donc peut-être vers une course à six, qui sait ? Outre les noms qu’on a déjà mentionnés, d’autres sont encore en pleine réflexion. Ian Lafrenière et Jean-François Simard y pensent. Même François Bonnardel, qui est redevenu simple député l’été dernier après un remaniement, pèse le pour et le contre. Mme Fréchette et M. Simard ont d’ailleurs réitéré mercredi matin qu’ils étaient toujours en train de cheminer.

Mais il y a aussi les absents, ceux qu’on attendait et qui ne viendront pas. La valse des départs continue avec Geneviève Guilbault et Sonia LeBel. Non seulement elles ne seront pas sur la ligne de départ pour la chefferie, mais elles ont annoncé qu’elles ne se représenteront même pas aux prochaines élections. C’est une page qui se tourne.

Tout ce beau monde était réuni à Québec mercredi midi pour le Conseil des ministres hebdomadaire de François Legault. Une dizaine de caquistes se sont déjà positionnés, la machine s’organise, et on attend maintenant le coup d’envoi officiel. C’est le début d’une nouvelle ère pour la CAQ, c’est certain.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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