Négociations à Abou Dhabi : Russes, Ukrainiens et Américains tentent de mettre fin à 4 ans de conflit
Richard Davis - 2026-01-24 11:11
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une reprise du dialogue sous haute tension

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C’est une nouvelle qui suscite autant d’espoir que de prudence, vous ne trouvez pas ? Ce samedi, à Abou Dhabi, une scène pour le moins inédite se joue. Des négociateurs russes, ukrainiens et américains ont repris leurs discussions. C’est, il me semble, la toute première fois qu’ils se réunissent sous ce format précis pour tenter de trouver une issue à cette guerre en Ukraine qui dure depuis maintenant quatre ans. Quatre ans… c’est long.
L’objectif affiché est clair sur le papier : régler le conflit. Mais voilà, ça coince, et pas qu’un peu, sur la question toujours aussi épineuse du Donbass. Le Kremlin, fidèle à sa ligne dure, n’a pas tardé à annoncer la couleur en préambule : ils s’attendent à des pourparlers difficiles. Pourquoi ? Eh bien, Moscou exige tout simplement que Kiev retire ses forces de ces territoires miniers et industriels de l’est de l’Ukraine. Des zones qui, rappelons-le, sont déjà en grande partie contrôlées par la Russie à l’heure où l’on se parle.
De son côté, le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, essaie de garder le cap. Selon lui, les premiers entretiens qui ont eu lieu vendredi visaient surtout à définir les paramètres pour arrêter la guerre menée par la Russie. Il parle d’une « suite logique » du processus pour avancer vers une paix qu’il qualifie de « digne et durable ». C’est du moins le but affiché.
Les acteurs autour de la table et l’ombre du Donbass

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Il faut bien regarder qui est assis autour de cette table pour comprendre l’enjeu. Ce sont les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev concernant le plan américain de règlement du conflit. Un conflit qui a fauché des dizaines de milliers de vies depuis 2022, c’est terrifiant quand on y pense. Côté russe, ce n’est pas n’importe qui qui mène la danse : la délégation est conduite par le général Igor Kostioukov. Pour ceux qui ne le remettent pas, c’est l’homme qui dirige le renseignement militaire, le fameux GRU. Ça donne le ton, non ?
En face, ou plutôt à leurs côtés, Washington a envoyé ses émissaires spéciaux. On y retrouve Steve Witkoff et, figurez-vous, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. D’ailleurs, une photo datée du 22 janvier 2025 – ou peut-être une erreur de date, disons récente – montrait déjà Vladimir Poutine et Steve Witkoff ensemble à Moscou. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, reste prudent. Il a déclaré vendredi qu’il était encore « trop tôt pour tirer des conclusions ». Il attend les résultats de ce samedi, en précisant qu’il est tenu informé presque heure par heure. Il a ajouté une phrase lourde de sens : il ne suffit pas que l’Ukraine veuille la paix et la sécurité, il faut qu’une « volonté similaire apparaisse aussi en Russie ».
Mais le discours russe reste inflexible, c’est le moins qu’on puisse dire. Vendredi, Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, a été très clair, voire menaçant : « Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer ». Il a même ajouté que sans règlement de cette question territoriale, il est inutile d’espérer un accord à long terme. C’est un ultimatum qui ne dit pas son nom.
La réalité glaciale du terrain : Kiev sous les bombes

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Pendant qu’on discute dans les salons climatisés d’Abou Dhabi, la réalité en Ukraine est tout simplement glaciale, au sens propre comme au figuré. Le contexte est terrible pour les Ukrainiens. Leur réseau énergétique a été sévèrement mis à mal par une série de frappes russes. Résultat ? Des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur, alors que le thermomètre chute. À Kiev, les températures descendent sous les -10 °C. Vous imaginez vivre ça sans chauffage ?
Le maire de la capitale, Vitali Klitschko, a rapporté un bilan tragique pour la nuit de vendredi à samedi : d’intenses bombardements ont fait au moins un mort et quatre blessés en ville. Et malgré le froid polaire, les fournitures en eau et en chauffage sont perturbées. L’attaque ne s’est pas arrêtée là : en périphérie de Kiev, on compte quatre blessés supplémentaires. La ville de Kharkiv a elle aussi été visée. Pas moins de 25 drones russes ont frappé, faisant 19 blessés. C’est un acharnement quotidien.
Sur le front militaire, la situation n’est guère plus reluisante pour Kiev. Les troupes ukrainiennes sont sur le recul depuis près de deux ans maintenant. Elles font face à un adversaire plus nombreux, mieux armé… C’est une lutte inégale, d’autant que Kiev dépend énormément du soutien financier et militaire de l’Occident, qui semble parfois s’essouffler.
Conclusion : Une diplomatie sans l’Europe

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Ce qui frappe aussi dans cette réunion d’Abou Dhabi, c’est qui n’est pas là. Ces nouvelles discussions se tiennent loin de l’Europe et, c’est un point crucial, sans la participation des pays de l’UE. Pourquoi ? Eh bien, il semble que les Européens craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord un peu trop favorable à Moscou. La Russie, de son côté, n’a jamais cessé de critiquer ce qu’elle appelle l’ingérence européenne. C’est une mise à l’écart notable.
D’ailleurs, à Davos vendredi, Volodymyr Zelensky ne s’est pas privé pour tenir un discours très dur envers ses alliés. Il décrit une Europe « fragmentée et perdue » quand il s’agit d’influer sur Donald Trump, et qui manque de volonté face à Poutine. En marge de ce Forum économique, Zelensky a tout de même pu s’entretenir brièvement avec Donald Trump. Il assure avoir obtenu un accord sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine, qui doit maintenant être finalisé par les parlements des deux pays. Espérons que ce ne sont pas que des paroles en l’air.
Selon la source : ici.radio-canada.ca
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