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Quand la génétique explique les addictions : 220 marqueurs identifiés dans des populations diverses

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Les troubles de l’usage de substances, un enjeu de santé publique majeur

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Les troubles liés à l’usage de substances (que l’on appelle souvent SUD, pour Substance Use Disorders, c’est-à-dire l’alcool, le tabac, les opioïdes, le cannabis ou la cocaïne) ne sont pas de simples mauvaises habitudes. Ce sont en réalité des conditions de santé mentale très sérieuses, caractérisées par une consommation compulsive et incontrôlée. On sait que ces troubles sont incroyablement débilitants, ils peuvent même mener à des maladies graves, à des handicaps, et malheureusement, parfois même à la mort. C’est pour ça qu’ils nous concernent tous, partout dans le monde.

Pendant longtemps, on a cherché à comprendre ce qui rend certaines personnes plus vulnérables que d’autres. Nous savons que ces troubles sont souvent accompagnés d’autres problèmes psychologiques, comme l’anxiété ou la dépression. Mais ce que des chercheurs de l’Université d’Indiana et d’autres instituts viennent de découvrir, ça pourrait bien changer la donne. Ils ont regardé de très près les variantes génétiques – les petites différences dans notre ADN – qui augmentent ce risque, en analysant d’énormes quantités de données génétiques déjà existantes.

La piste génétique confirmée et élargie

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Ce que cette équipe de chercheurs a rappelé en préambule, c’est que l’héritabilité des SUD est estimée à environ 50 %. C’est énorme ! Ça veut dire que nos gènes jouent un rôle primordial. De plus, beaucoup d’individus souffrent de plusieurs troubles liés aux substances en même temps. Identifier les gènes communs à toutes ces addictions, c’est la clé pour inventer de nouvelles stratégies de prévention ou de traitement. Il faut bien comprendre qu’ils ont mené la plus grande méta-analyse — une étude qui compile les résultats de plusieurs autres études, un travail gigantesque — pour identifier ces gènes « partagés ».

Pour que cette analyse soit vraiment pertinente, ils ont utilisé des échantillons génétiques issus de populations très diverses, ressemblant aux groupes Européens, Africains et Américains mixtes du 1000 Genomes Project. Pourquoi cette diversité est-elle cruciale ? Parce que les risques et les variations génétiques peuvent différer selon les populations. C’est un point que les études précédentes n’avaient peut-être pas assez pris en compte.

220 « adresses » génétiques et 40 découvertes inédites

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Grâce à leurs techniques d’analyse informatique pointues, les chercheurs, dont Dongbing Lai et Michael Zhang, ont pu passer au peigne fin ces données. Le résultat est assez spectaculaire. Ils ont réussi à identifier 220 loci génétiques, c’est-à-dire des localisations très précises sur un chromosome, qui sont clairement liés à l’apparition des SUD. Et, tenez-vous bien, parmi ces 220 adresses, il y en a 40 qui étaient totalement inconnues jusqu’à présent ! C’est une avancée majeure, vous ne trouvez pas ?

Pour nous, les profanes, le mot ‘locus’ est un peu technique, mais imaginez que c’est une adresse spécifique sur la carte de notre ADN. Découvrir 40 nouvelles adresses liées au risque d’addiction, cela ouvre évidemment la porte à bien d’autres recherches futures, forcément.

Le cerveau au centre de l’action : 785 gènes partagés

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Au-delà des localisations spécifiques (les loci), l’analyse a aussi permis de cibler 785 gènes qui sont communs à plusieurs troubles liés aux substances (alcool, opioïdes, tabac, cannabis…). Et c’est là que l’on commence à comprendre ces gènes agissent dans notre corps. Les chercheurs ont cherché à savoir si ces gènes étaient particulièrement actifs dans certaines régions du cerveau. Et bien oui !

Ces 785 gènes sont très fortement exprimés dans des zones clés : l’amygdale, le cortex, l’hippocampe, l’hypothalamus et le thalamus. Ces régions, si l’on se souvient bien, jouent un rôle fondamental dans la régulation des émotions, la mémoire, et surtout, dans le fameux comportement de recherche de récompense. En gros, le plaisir, l’apprentissage et l’émotion. Cette découverte suggère en fait que plus de régions cérébrales seraient impliquées dans les SUD que ce que l’on pensait avant. C’est fascinant, je trouve, de voir comment tout est lié.

Évaluer le risque avant qu’il ne soit trop tard

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Une autre étape cruciale de cette étude a été le calcul des « scores polygéniques ». C’est une façon un peu compliquée de dire qu’ils ont fait la somme du risque génétique global pour chaque individu dont les données étaient analysées. En utilisant ces scores, les scientifiques peuvent estimer la probabilité de développer un SUD. C’est une sorte de grande addition des risques que nous portons.

Les résultats pour les échantillons Européens et Américains mixtes montrent que les 10 % d’individus ayant les scores polygéniques les plus élevés présentaient un risque beaucoup plus important de développer ces troubles (avec des ratios de chances allant de 1.95 à 2.87). En d’autres termes, si l’on peut calculer ces scores avec précision, on pourrait potentiellement identifier très tôt les personnes à haut risque, ce qui permettrait, je l’espère, de mettre en place des mesures de prévention ciblées. Imaginez pouvoir agir avant que le problème ne s’installe !

Le repositionnement de médicaments : la note d’espoir

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La dernière phase de l’étude est sans doute la plus porteuse d’espoir pour le traitement. Après avoir mis au jour les fondements génétiques de ces troubles, les chercheurs se sont demandé : « Est-ce qu’il existe déjà des médicaments qui ciblent spécifiquement ces gènes identifiés ? »

Ils ont analysé un large ensemble de médicaments déjà existants et approuvés. Et bingo ! Ils ont réussi à identifier sept médicaments qui ciblent précisément les gènes liés à l’usage compulsif de ces substances. L’idée, c’est de pouvoir les « repositionner » pour le traitement des SUD. Repositionner un médicament, cela signifie l’utiliser pour traiter une maladie pour laquelle il n’était pas initialement destiné. C’est génial, car cela permet de gagner énormément de temps et d’éviter les longs processus de développement et d’approbation d’une nouvelle molécule. C’est une perspective très prometteuse pour les soins, vraiment.

Conclusion : Avancer dans la compréhension et le soin

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En définitive, cette étude publiée dans Molecular Psychiatry fait progresser de manière significative notre compréhension de l’architecture génétique complexe qui se cache derrière les troubles liés à l’usage de substances. Le fait d’avoir analysé des échantillons diversifiés (Européens, Africains, Américains) et d’avoir découvert 40 nouveaux loci est un pas de géant.

Mais, je crois que le point le plus encourageant pour l’avenir réside dans l’application pratique de ces découvertes : la possibilité d’utiliser les scores polygéniques pour repérer les individus vulnérables et, surtout, l’identification de ces sept médicaments existants qui pourraient être rapidement réutilisés. Ces résultats nous offrent de nouvelles pistes concrètes pour la prévention et, surtout, pour améliorer les stratégies de traitement de ces troubles si difficiles à gérer. La science ne s’arrête jamais, et c’est tant mieux pour nous tous.

Selon la source : medicalxpress.com