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Pourquoi les hommes sont-ils en moyenne plus grands que les femmes ? Le mystère génétique qui nous échappait

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La différence de taille, une énigme persistante

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C’est un fait que l’on observe partout, dans la rue, au bureau, ou même dans nos familles : les hommes sont généralement plus grands que les femmes. En moyenne, l’écart tourne autour de 13 centimètres (soit environ 5 pouces), ce qui n’est pas négligeable, n’est-ce pas ? On a toujours supposé que les hormones sexuelles, notamment celles produites par les testicules, jouaient un rôle majeur dans cette distinction. Mais croyez-le ou non, si on creuse un peu, le mécanisme génétique précis derrière ce fossé de stature nous échappait encore complètement jusqu’à très récemment.

Pendant des années, les scientifiques ont cherché un « gène magique » qui serait uniquement présent chez les hommes et qui expliquerait leur croissance supérieure. Les tentatives pour mettre la main sur ce coupable génétique sont restées vaines. Il semble que nous ayons peut-être cherché au mauvais endroit, ou plutôt, que nous ayons mal interprété les indices.

Le rôle des hormones : le point de départ évident

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Évidemment, personne ne peut nier que les hormones sexuelles sont capitales. Les androgènes testiculaires, pour n’en citer qu’un type, sont considérés comme les moteurs principaux qui poussent les hommes à devenir plus grands que leurs homologues féminins, surtout à partir de l’adolescence. C’est la puberté qui marque le grand coup d’accélérateur.

Cependant, et c’est là que ça devient intéressant, les chercheurs eux-mêmes l’admettent : nous ne comprenions pas clairement comment l’interaction entre ces hormones puissantes et les facteurs de croissance génétiques influençait la taille adulte finale. Comment ces deux éléments travaillaient-ils main dans la main ? C’était le flou total.

La chasse infructueuse au gène masculin exclusif

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La grande interrogation était liée au chromosome Y. Puisque ce chromosome est exclusivement possédé par le sexe masculin, il semblait logique que le gène responsable de la stature accrue s’y cache. Les scientifiques ont donc passé beaucoup de temps à essayer d’identifier ce fameux gène de croissance « masculin-seulement » sur le chromosome Y.

Et devinez quoi ? Toutes ces tentatives se sont soldées par des échecs. Aucun gène propre aux hommes n’expliquait à lui seul l’écart de 13 centimètres. Ce manque de succès a forcé les chercheurs à revoir leur copie. Si le gène n’est pas exclusif, peut-être est-il commun, mais utilisé différemment ?

Le gène SHOX sort de l’ombre

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Pour enfin obtenir des réponses, des chercheurs se sont concentrés sur un gène de croissance appelé SHOX. Et là, on fait face à un petit paradoxe scientifique : SHOX était souvent négligé comme candidat majeur parce qu’il est présent sur les deux chromosomes sexuels, le X et le Y. Il est donc possédé par les hommes et les femmes. Pourquoi s’y intéresser si tout le monde l’a ?

Sauf que la science nous prouve parfois qu’il faut regarder au-delà de la simple présence. Dans une nouvelle étude, dont certains chercheurs sont les auteurs, une découverte majeure a eu lieu : bien que le gène SHOX soit partagé, il n’est pas utilisé de la même manière par tout le monde.

La clé de l’énigme : l’expression plus élevée chez l’homme

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Le cœur de l’affaire réside dans l’« expression » du gène. Pour faire simple, l’expression, c’est le niveau d’activité, la manière dont le gène travaille et produit ses effets. Les chercheurs ont découvert que SHOX est exprimé à un degré considérablement plus élevé dans les tissus des hommes que dans ceux des femmes. C’est ça la grosse différence !

Même si ce gène n’est pas exclusif au sexe masculin, son activité exacerbée chez les hommes pourrait très bien être la cause génétique manquante qui explique pourquoi leur stature augmente davantage. On dirait que SHOX travaille à temps partiel chez la femme, et à plein temps chez l’homme.

Des preuves étonnantes tirées des chromosomes atypiques

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Ces résultats sont très fortement étayés par une autre étude récente, qui a analysé les données de près d’un million de personnes (928 605, pour être précis), en se penchant notamment sur les cas dits d’aneuploïdie chromosomique – c’est-à-dire quand une personne possède un nombre atypique de chromosomes sexuels.

Ce qu’ils ont observé est fascinant : l’ajout d’un chromosome Y supplémentaire était associé à une augmentation de taille de 3,1 centimètres. Inversement, l’ajout d’un chromosome X supplémentaire n’avait pas le même effet. Étant donné que SHOX est le seul gène lié à la croissance squelettique sur ces chromosomes, cette disparité prouve qu’il y a bien une différence dans la façon dont ce gène s’exprime ou agit en fonction du chromosome porteur.

L’impact dramatique sur la stature

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Cette même étude a révélé une dernière donnée vraiment spectaculaire. Les anomalies au sein du gène SHOX lui-même entraînent une réduction massive de la taille : 18,6 centimètres en moins chez les hommes, contre seulement 8,9 centimètres chez les femmes. C’est presque deux fois plus !

Cela renforce l’idée que, dans le processus de croissance masculine, SHOX a un rôle beaucoup, beaucoup plus important que chez la femme. C’est un peu comme si pour l’homme, SHOX était l’interrupteur principal, tandis que pour la femme, c’était juste une petite lampe d’appoint.

« Cette découverte est cohérente avec l’hypothèse selon laquelle l’expression réduite de SHOX chez les femmes entraîne une différence nette de taille entre les sexes », écrivent d’ailleurs les auteurs de la deuxième étude.

Conclusion : SHOX est fondamental, mais l’histoire n’est pas finie

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En regardant ces deux études ensemble, publiées dans le Journal of Human Genetics, il devient assez clair que ce gène, présent sur les chromosomes sexuels, joue un rôle fondamental dans la régulation de la taille adulte. C’est la pièce que l’on cherchait pour comprendre l’énigme de ces 13 centimètres.

Attention cependant, les chercheurs restent humbles. Ils concèdent que SHOX n’est peut-être pas l’unique acteur dans cette pièce de théâtre génétique. Ils ne peuvent pas « exclure la possibilité que des gènes ou des ARN encore non reconnus sur les chromosomes sexuels puissent exercer des effets sexospécifiques sur la taille ».

Mais pour l’instant, le gène SHOX, grâce à sa super-activité masculine, représente la meilleure explication génétique à la dimorphie sexuelle de taille que nous ayons. C’est une belle avancée, vous ne trouvez pas ?

Selon la source : iflscience.com