Les chiens très âgés révèlent une piste surprenante contre la fragilité liée à l’âge

Les chiens très âgés révèlent une piste surprenante contre la fragilité liée à l’âge credit : freepik

La fragilité, cette menace silencieuse

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La fragilité, pour les personnes âgées, est une véritable épée de Damoclès. On parle là de cette vulnérabilité accrue qui rend n’importe quel petit pépin de santé bien plus dangereux. Une chute, une hospitalisation un peu longue, et hop, l’espérance de vie s’en trouve menacée. C’est terrifiant, n’est-ce pas ?

Jusqu’à présent, la recherche se concentrait surtout sur comment éviter que cette fragilité ne s’installe. Mais, et c’est là que l’histoire devient fascinante, une nouvelle étude publiée dans la revue Scientific Reports explore une voie toute autre : celle de la résilience face à la fragilité.

Ces travaux, menés par le Centre d’études sur la longévité exceptionnelle de la Gerald P. Murphy Cancer Foundation, suggèrent qu’une stratégie étonnamment puissante pour atténuer les conséquences funestes de la fragilité tardive résiderait dans le maintien de la fonction gonadique. Oui, vous avez bien lu, les gonades – et l’axe hormonal qui les régule – pourraient être la clé.

L’axe HPG et la testostérone : comprendre le lien hormonal

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Pour ceux d’entre nous qui n’ont pas fait de longues études de médecine, il faut d’abord comprendre de quoi on parle. L’axe HPG (hypothalamo-hypophyso-gonadique) est un système crucial dans notre corps. Il s’agit en gros de la centrale de régulation qui gère la production d’hormones essentielles, notamment la testostérone chez les mâles.

David J. Waters, DVM, Ph.D., qui dirige ces recherches, l’a dit clairement : « Notre travail fournit la première description du lien entre l’intégrité de l’axe HPG et le risque de mortalité associé à la fragilité tardive. » On savait déjà que les hormones jouaient un rôle dans le développement de la fragilité. Mais ce qu’ils ont découvert, c’est l’influence de cet axe sur les conséquences néfastes une fois la fragilité installée. C’est une nuance très importante, qui change la perspective de la lutte contre le vieillissement.

Une découverte majeure chez nos amis canins

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Les résultats sont assez frappants. L’étude s’est concentrée sur des chiens mâles gériatriques (très vieux, pour faire simple) avec des durées d’exposition aux testicules très différentes au cours de leur vie.

Qu’ont-ils observé ? Les chiens mâles ayant eu la plus courte durée d’exposition aux testicules présentaient un risque de mortalité extrêmement élevé lorsque la fragilité s’installait. C’est logique, je suppose, si l’on pense que l’absence d’hormones pourrait les rendre plus vulnérables.

Mais tenez-vous bien : pour les mâles ayant bénéficié de la plus longue exposition gonadique, les conséquences mortelles de la fragilité étaient quasiment effacées ! C’est une sacrée nouvelle. Cela indique que le maintien de la fonction gonadique agit comme un véritable tampon, une protection interne contre les pires effets du vieillissement.

Ces rottweilers qui vivent 30% plus longtemps que la moyenne

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Comment les chercheurs sont-ils parvenus à une telle conclusion ? En s’appuyant sur des modèles incroyablement précieux : les chiens de compagnie. Plus précisément, l’étude s’appelle « Exceptional Aging in Rottweilers Study ».

C’est une méthodologie unique. Ils étudient les Rottweilers qui vivent 30% plus longtemps que la moyenne de leur race. Imaginez l’équivalent humain : des centenaires en pleine forme ! C’est auprès de ces « super-vieux » que les scientifiques construisent des historiques médicaux complets, à l’aide de questionnaires, de dossiers médicaux et d’entretiens téléphoniques avec les propriétaires.

L’idée, c’était de prendre ce groupe de chiens exceptionnels, d’évaluer leur score de fragilité, puis de les suivre jusqu’à la fin de leur vie pour voir comment leur exposition hormonale passée influençait leur destin. C’est ça le vrai travail de détective scientifique, utiliser la biologie naturelle pour nous apprendre de grandes leçons.

L’importance de l’équipe interdisciplinaire

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Il est important de souligner que ce type de recherche ne peut pas être mené par un seul spécialiste enfermé dans son labo. Il faut une expertise vraiment variée pour aborder des sujets aussi complexes que la longévité et la fragilité.

Le Dr. Waters, par exemple, a réuni une équipe impressionnante : il y avait des spécialistes en médecine vétérinaire, bien sûr, mais aussi en sociologie, en science de l’exercice et même en nutrition. L’un des co-auteurs, Markus H. Schafer, est d’ailleurs Professeur de sociologie à la Baylor University. Il étudie habituellement le rôle des liens sociaux pour amortir la solitude. C’est fascinant de voir comment ces différentes disciplines peuvent s’allier pour comprendre un processus biologique!

Kenneth Ferraro, de l’Université Purdue, a noté que plusieurs membres de l’équipe étaient d’anciens doctorants du Centre sur le vieillissement et le parcours de vie de Purdue, qui fut d’ailleurs la première université aux États-Unis à proposer un doctorat multidisciplinaire en gérontologie. Cela montre à quel point l’approche globale est essentielle pour déchiffrer les mystères du vieillissement réussi.

Conclusion : les chiens, nos meilleurs professeurs

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Cette étude, en s’appuyant sur l’expérience des chiens, ouvre clairement une nouvelle porte dans la recherche sur le vieillissement. Le Dr. Waters insiste sur le fait que les chiens ont toujours été des acteurs majeurs dans la recherche endocrinienne – n’oublions pas les découvertes cruciales sur l’insuline ou sur la réduction des cancers de la prostate via l’ablation des androgènes. Il y a un historique très fort.

Aujourd’hui, ces chiens exceptionnellement âgés nous donnent de nouveaux indices scientifiques.

En évitant une détérioration trop précoce de l’axe HPG, on pourrait peut-être conserver un environnement hormonal capable de neutraliser l’impact le plus grave de la fragilité. C’est l’espoir que nous offre cette recherche. Le message final de l’équipe aux chiens est simple, et il est très touchant : « Nous sommes prêts à écouter. » Une belle manière de remercier nos fidèles compagnons pour ces leçons de vie.

Selon la source : medicalxpress.com