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Ces bactéries qui ‘jouent la morte’ pourraient contaminer l’espace : le casse-tête de la protection planétaire

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Le dilemme de la protection planétaire

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Avant qu’un vaisseau ne prenne la route pour une autre planète, il doit subir une stérilisation rigoureuse. C’est une obligation, vraiment, car les agences spatiales, elles, prennent la protection planétaire très au sérieux. On ne voudrait surtout pas éparpiller nos microbes terrestres ailleurs, n’est-ce pas ? Et puis, imaginez la catastrophe : découvrir un signal de vie sur Mars, pour réaliser ensuite qu’il s’agissait juste d’un auto-stoppeur venu de notre bonne vieille Terre. C’est le cauchemar de tout scientifique.

Pourtant, malgré tous ces efforts, il semble que certaines bactéries trouvent toujours un moyen d’échapper à ce nettoyage drastique. Et cette résilience microscopique a des implications considérables, non seulement pour l’exploration spatiale, mais aussi, plus proche de nous, pour notre propre santé.

L’apparition de l’extrêmophile artificiel

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On connaît bien les bactéries dites « extrêmophiles » : ces organismes capables de prospérer dans des environnements incroyablement rudes. On les trouve dans les geysers bouillants du parc de Yellowstone ou sous les couches de glace de l’Antarctique. Elles sont fascinantes, je dois dire.

Or, ce que l’humain a créé sans le vouloir, c’est un nouvel environnement extrême : la salle blanche des vaisseaux spatiaux. C’est un milieu froid, sec, pauvre en nutriments… parfait pour sélectionner de nouveaux extrêmophiles ! Les équipes de missions font un travail incroyable pour nettoyer ces lieux. Vraiment. Mais les bactéries sont ingénieuses. Elles ont développé des stratégies d’évolution pour contourner ces processus de désinfection quasi militaires.

Le caméléon bactérien : Tersicoccus phoenicis

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Un parfait exemple de cette ingéniosité est la bactérie baptisée Tersicoccus phoenicis. On l’a découverte en 2007 dans une salle blanche qui abritait l’atterrisseur Phoenix de la NASA. Devinez quoi ? Elle n’a été trouvée que dans un seul autre endroit : la salle blanche du port spatial européen, où était assemblé l’observatoire spatial Herschel.

C’est assez étrange, non ? Un micro-organisme qui n’existe, semble-t-il, que là où nous construisons nos machines pour l’espace. Les chercheurs ont découvert que cette bactérie possède un talent tout particulier : elle sait faire semblant d’être morte. Elle peut survivre à la stérilisation en se mettant en état de dormance.

Le jeu du « cache-cache » microbien

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Quand elle manque de nutriments et qu’elle se retrouve en milieu sec (des conditions typiques des salles blanches), la bactérie entre en état de dormance. C’est une capacité de survie redoutable. Et ce qui est le plus préoccupant, c’est qu’une fois dans cet état, elle devient quasiment indétectable ! Les méthodes standards utilisées pour vérifier l’absence de bactéries ne parviennent plus à les repérer.

« Elles jouent à cache-cache, vous voyez ? Elles jouent à cache-cache jusqu’à ce qu’elles trouvent les bonnes conditions », a expliqué le professeur adjoint Madhan Tirumalai, microbiologiste à l’Université de Houston, à nos confrères d’IFLScience. C’est clair comme de l’eau de roche, c’est une stratégie de survie incroyable.

La question qui nous taraude tous est : « Est-ce qu’elles pourraient survivre au voyage spatial et atteindre un autre monde dans cet état ? » C’est une inquiétude légitime pour la protection planétaire. On ne sait pas vraiment.

Des implications qui dépassent l’espace

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L’équipe de recherche, financée par l’Université de Houston, a heureusement réussi à démontrer qu’il est possible de ramener *Tersicoccus* à la vie. Comment ? En utilisant les fameux facteurs de promotion de la réanimation (RPF) provenant d’une espèce proche, *Micrococcus luteus*.

C’est fascinant parce que cette capacité de dormance pourrait être courante dans tout le phylum des Actinobactéries. Et là, ça devient très sérieux pour nous. Savez-vous ce qui appartient aussi aux Actinobactéries ? La tuberculose, cette maladie qui continue de tuer un million de personnes chaque année. Si nous parvenons à comprendre comment la bactérie de la tuberculose passe en dormance pour échapper aux antibiotiques, ce serait un vrai tournant dans le traitement, un « game-changer », comme on dit.

Le professeur William Widger, co-auteur, croit que le même mécanisme est en jeu : « Le RPF que nous avons trouvé pourrait être un excellent outil pour étudier la réanimation de n’importe quelle Actinobactérie dormante, car je pense qu’elles ont toutes le même mécanisme. » Ces leçons tirées des salles blanches pourraient donc s’appliquer aux hôpitaux, aux usines pharmaceutiques, ou même à l’industrie alimentaire. Ça montre bien que tout est lié, n’est-ce pas ?

Conclusion : que nous reste-t-il à découvrir ?

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Ce travail, publié dans la revue Microbiology Spectrum, souligne combien il est difficile d’éradiquer la vie microbienne. La question de savoir si *Tersicoccus phoenicis* pourrait s’épanouir sur Mars, Titan ou Encelade reste ouverte, malheureusement. La réponse sincère des experts est simple : nous ne savons pas encore. Nous manquons d’informations précises sur les propriétés détaillées de ces mondes lointains, et il y a encore trop d’incertitudes sur les besoins exacts de ces Actinobactéries en mode « sommeil ».

Une chose est sûre : nous avons besoin de beaucoup plus de recherche. Que ce soit pour mieux protéger l’espace contre la contamination terrestre, ou pour développer des stratégies de traitement plus efficaces contre des maladies graves comme la tuberculose ici, sur Terre. Ce petit microbe qui joue la morte dans nos usines de vaisseaux spatiaux nous rappelle que la vie est plus résiliente, et plus mystérieuse, qu’on ne le pense.

Selon la source : iflscience.com