Une thérapie génique inédite offre une lueur d’espoir aux enfants condamnés par une leucémie dite incurable
Richard Davis - 2025-12-12 11:01
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une impasse médicale et une lueur d’espoir

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On parle souvent de combats, de batailles. Mais pour certains enfants et adultes frappés par une forme particulièrement agressive de cancer du sang, les mots manquent quand la médecine avoue son impuissance. La leucémie aiguë lymphoblastique à cellules T, ou T-ALL, c’est son nom, est une de ces terribles épreuves.
Elle représente environ 15 % des leucémies aiguës chez l’enfant. Alors que les traitements classiques sauvent de nombreuses vies, il reste ce noyau dur, ces 20 % de patients pour qui la chimiothérapie ne fonctionne plus, comme l’explique le Dr Rob Chiesa, hématologue au Great Ormond Street Hospital (GOSH). Pour eux, les options s’amenuisent. La greffe de moelle osseuse, souvent un dernier recours, n’est même pas envisageable sans rémission préalable. C’est un peu comme être au bout du chemin, sans plus aucun panneau indicateur.
Face à cette impasse, une équipe britannique du Great Ormond Street Hospital et de l’University College London a osé une voie inédite. Leurs travaux, publiés dans le prestigieux New England Journal of Medicine, décrivent une thérapie cellulaire utilisant des cellules immunitaires modifiées provenant de donneurs sains. Imaginez : redonner une arme à l’organisme pour qu’il se défende, quand tout avait échoué. C’est ce qu’ils ont testé sur onze patients, littéralement au bout du rouleau.
Le défi des leucémies T et la solution BE-CAR7

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Le problème avec les leucémies T, c’est un véritable casse-tête biologique. Contrairement aux leucémies B, où les thérapies CAR-T ont fait des merveilles, ici, les cellules malignes sont des lymphocytes T. Elles partagent donc les mêmes « étiquettes », les mêmes marqueurs, que les cellules immunitaires saines qui sont censées les combattre. Résultat ? Un phénomène de « fratricide cellulaire » : les cellules thérapeutiques risquent de s’entre-tuer ou d’attaquer les cellules saines du patient avant de toucher la tumeur. C’est un peu vouloir éteindre un feu avec un lance-flamme… sans se brûler soi-même.
Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont utilisé une technologie de pointe appelée édition de base. C’est plus précis et potentiellement plus sûr que la méthode CRISPR-Cas9, car au lieu de couper l’ADN, elle modifie chimiquement une seule « lettre » de son code, sans casser la double hélice. Moins de risques d’erreurs, c’est crucial.
Leur protocole, baptisé BE-CAR7, consiste à prélever des cellules T saines sur des donneurs compatibles et à les modifier génétiquement en quatre étapes clés. C’est un travail d’orfèvrerie cellulaire. D’abord, on les empêche de voir le corps du patient comme un ennemi. Ensuite, on supprime le marqueur CD7 qu’elles portent toutes, pour éviter l’auto-destruction. Troisièmement, on les rend résistantes à certains médicaments de chimiothérapie. Enfin, et c’est le cœur du dispositif, on les programme pour qu’elles reconnaissent et attaquent spécifiquement les cellules qui portent ce fameux marqueur CD7… c’est-à-dire les cellules cancéreuses.
Le Pr Waseem Qasim, qui dirige ce programme, voit là une nouvelle génération de thérapies. L’avantage est énorme : ces cellules sont préparées à l’avance, « prêtes à l’emploi » (off-the-shelf). Plus besoin d’attendre des semaines pour fabriquer un traitement sur mesure pour chaque patient. Quand le temps presse, cette rapidité peut tout changer.
Des résultats tangibles et des vies transformées

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Les chiffres, ici, parlent plus que des statistiques. Sur les 11 patients traités à Londres – huit enfants et trois adultes en échec thérapeutique complet –, 9 ont atteint une rémission suffisante pour pouvoir recevoir une greffe de moelle osseuse. Et aujourd’hui, sept d’entre eux sont toujours en rémission, certains depuis plus de trois ans. C’est colossal.
Prenons l’histoire d’Alyssa. À 13 ans, en 2022, sa leucémie résistait à tout : chimiothérapie, première greffe… Sans espoir. La thérapie BE-CAR7 a effacé toute trace de cancer dans son corps, permettant une seconde greffe, celle-ci réussie. Aujourd’hui, elle va à l’école, apprend à conduire. Elle le dit elle-même à la BBC, ces projets simples sont redevenus possibles. Son cas n’est pas qu’un numéro dans une étude, c’est une adolescence retrouvée.
Bien sûr, le traitement n’est pas une promenade de santé. Les effets secondaires ont été présents, mais jugés tolérables par les équipes du GOSH et du King’s College Hospital. On a observé des aplasies, des syndromes de relargage de cytokines, des infections virales… le prix à payer pour un système immunitaire temporairement mis KO. Deux patients ont malheureusement rechuté, leurs cellules cancéreuses ayant « perdu » le marqueur CD7, échappant ainsi à la détection. Ça montre que le cancer peut s’adapter, lui aussi.
Malgré tout, le sentiment dominant est l’émerveillement face à l’efficacité. Le Dr Deborah Yallop, hématologue à King’s, le résume bien : « Nous avons observé des réponses impressionnantes face à une leucémie que nous pensions incurable ». Pour des patients condamnés, c’est une porte qui se rouvre, même si elle est étroite.
Conclusion : Un pont vers l’avenir, mais un chemin semé d’embûches

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Alors, est-ce un remède miracle ? Absolument pas, et les chercheurs sont les premiers à le dire. La thérapie BE-CAR7 est ce qu’on appelle un « pont thérapeutique ». Elle n’est pas une fin en soi, mais un moyen puissant de ramener le patient à un état où une greffe de moelle – le seul traitement curatif durable – devient possible. Elle est destinée à ceux qui n’ont plus aucune autre option.
Les défis, eux, sont encore immenses. D’un point de vue médical, le traitement est lourd. Il efface le système immunitaire, nécessite une hospitalisation longue et un suivi intensif. Après la greffe, la vulnérabilité aux infections, les risques de rejet (maladie du greffon contre l’hôte) ou de rechute persistent pendant des mois, voire des années. Le Pr Justin Stebbing le rappelle : les survivants ont besoin d’une surveillance à vie, d’une reconstruction immunitaire via des vaccinations, et d’un solide soutien psychosocial. La rémission n’est pas un retour à la case départ.
Et puis il y a la question pratique et éthique. Produire ces cellules modifiées coûte très cher et est techniquement complexe. Si le modèle « prêt à l’emploi » facilite les choses, le déploiement à grande échelle pose des problèmes de logistique, d’équité d’accès et de financement. La GOSH Charity a débloqué plus de 2 millions de livres pour traiter 10 nouveaux patients, mais c’est une goutte d’eau.
Malgré tout, cette avancée ouvre un champ des possibles immense. Et si cette approche pouvait s’adapter à d’autres cancers du sang, voire à certaines tumeurs solides ? Les équipes y croient. La réussite contre la T-ALL sert de prototype, de preuve de concept. Elle montre que même face à l’incurable, la science peut parfois, avec humilité et ténacité, dessiner un chemin. C’est une lueur, fragile mais bien réelle, au bout d’un très long tunnel.
Selon la source : science-et-vie.com
Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.