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Pourquoi les sportifs d’endurance de haut niveau voient-ils leur risque de fibrillation atriale augmenter ?

credit : votrequotidien.ca (image IA)

L’exercice, un paradoxe pour le cœur

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On nous le répète sans cesse : bouger, c’est bon pour le cœur. Et c’est vrai pour la grande majorité d’entre nous. Mais voilà, la vie nous réserve parfois des paradoxes étonnants. Des travaux scientifiques pointent du doigt un phénomène surprenant : les athlètes qui poussent l’endurance à des niveaux extrêmes, comme les marathoniens ou les ultra-traileurs, auraient jusqu’à quatre fois plus de risques de développer une fibrillation auriculaire – qu’on appelle aussi fibrillation atriale – que le reste de la population.

Cette arythmie n’est pas anodine. Elle augmente sérieusement les chances de faire un accident vasculaire cérébral ou de développer une insuffisance cardiaque. Alors, comment expliquer que ceux qui sont, a priori, les plus en forme, soient aussi plus exposés à ce trouble potentiellement grave ?

L’explication se niche peut-être dans un vieil adage médical, que Ben Buckley, enseignant-chercheur à la Liverpool John Moores University, rappelle : en matière de santé cardiaque, il ne faudrait pas abuser des bonnes choses. Comme si, au-delà d’un certain seuil, l’exercice intense devenait une contrainte trop lourde pour le muscle cardiaque.

Une relation en forme de « J » : la dose fait le poison

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Pour la plupart des gens, l’activité physique est un formidable bouclier. Une vaste étude sur plus de 400 000 personnes l’a confirmé : celles qui font entre 250 et 300 minutes d’exercice modéré à vigoureux par semaine voient leur risque de fibrillation atriale diminuer de 10 à 15 % par rapport aux sédentaires. Chez les femmes, l’effet semble encore plus marqué : des niveaux d’activité trois fois supérieurs aux recommandations réduisent le risque d’environ 20 % supplémentaires, un bénéfice qui n’a pas été observé chez les hommes.

L’exercice est même un traitement précieux pour ceux qui sont déjà atteints. Une méta-analyse a montré qu’il pouvait réduire le risque de récidive d’arythmie de 30 %, tout en améliorant les symptômes et la qualité de vie. Mais jusqu’où peut-on aller ?

La recherche a mis en lumière une courbe de relation « en J ». Jusqu’aux niveaux recommandés, plus on bouge, moins on risque. C’est la partie descendante de la courbe. Mais pour ceux qui dépassent très largement ces recommandations – disons, en s’entraînant dix fois plus –, la courbe remonte. Le risque recommence à augmenter. C’est là que se situent les athlètes d’endurance de haut niveau.

Une méta-analyse a ainsi calculé que les athlètes avaient un risque de fibrillation atriale quatre fois plus élevé que les non-athlètes, et le phénomène est même plus prononcé chez les jeunes athlètes. Pour les hommes très actifs (plus de dix fois la dose hebdomadaire recommandée, soit environ sept heures d’exercice intense par semaine), le risque est accru de 12 %. Étonnamment, ce sur-risque n’a pas été constaté chez les femmes pratiquant au même niveau.

Le cœur sous tension : volume, intensité et cicatrices

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Le risque ne semble pas lié qu’à la quantité pure. La combinaison de la charge d’entraînement et de son intensité, sur le long terme, joue un rôle clé. Une étude suédoise sur 52 000 skieurs de fond est éclairante : ceux qui participaient au plus grand nombre de courses avaient un risque supérieur de 30 %. Et ceux qui réalisaient les temps les plus rapides voyaient leur risque augmenter de 20 %. En gros, plus on court de courses (volume élevé) et plus on court vite (intensité élevée), plus la pression sur le cœur est grande.

Cette pression répétée finit par laisser des traces. Au sens propre. Des examens d’imagerie ont révélé que certains de ces athlètes présentaient des cicatrices sur le myocarde, le tissu musculaire du cœur. Ces lésions sont un signe avant-coureur de troubles du rythme.

Les scientifiques pensent que des années d’efforts très intenses provoquent un stress mécanique et électrique. Le cœur s’adapte, les cavités – notamment les oreillettes – grossissent (hypertrophie), et la pression sur leurs parois augmente. Même après une seule course extrême, comme un marathon en montagne, on observe des pics d’inflammation et un ralentissement transitoire de la conduction électrique dans le cœur. À force de se répéter, ces micro-événements pourraient conduire à ce remodelage pathologique et aux cicatrices qui favorisent la fibrillation.

Quant à la différence hommes-femmes, elle pourrait s’expliquer par les œstrogènes. Ces hormones, plus présentes chez les femmes, auraient un effet cardioprotecteur en stabilisant les adaptations cardiaques provoquées par l’entraînement, limitant ainsi les changements structurels excessifs.

Conclusion : S’entraîner avec intelligence et rester vigilant

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Alors, faut-il arrêter de courir ? Absolument pas. Pour le coureur « normal » qui prépare un marathon de manière raisonnable, le bénéfice pour la santé reste colossal et le risque spécifique de fibrillation atriale est très faible. Le message, c’est surtout de s’entraîner avec intelligence.

Il est crucial de réfléchir au volume et à l’intensité de son entraînement, surtout si on cumule plusieurs heures d’effort intense chaque semaine, année après année. Écouter son corps, intégrer des phases de récupération et éviter la surenchère permanente pourraient bien aider à réduire le stress cardiaque et les risques associés.

Enfin, il est essentiel de connaître les symptômes de la fibrillation atriale pour la prendre en charge tôt : un pouls irrégulier, des palpitations ou un essoufflement inhabituel. Cette pathologie se traite très bien aujourd’hui. Le but n’est pas de faire peur, mais de rappeler que même en matière d’exercice, l’équilibre et la modération – au-delà d’un certain seuil – restent des principes de sagesse pour préserver notre précieux cœur.

Selon la source : science-et-vie.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.