Montréal, 20 décembre 2025 – Neuf mois après son accession au poste de Premier ministre du Canada, Mark Carney impose un style de gestion radicalement différent de l’ère Trudeau. Entre un virage énergétique audacieux qui a fracturé son cabinet et une impasse diplomatique avec l’administration Trump, la première année du « banquier-PM » redessine le paysage politique canadien.
Un gouvernement géré comme une entreprise
Arrivé au pouvoir en mars 2025 après une victoire décisive à la course à la direction du Parti libéral, Mark Carney a rapidement transformé le mode opératoire d’Ottawa. Bien qu’il dirige un gouvernement techniquement minoritaire, le Premier ministre agit avec la latitude d’un majoritaire, tranchant dans le vif des dossiers complexes avec une approche pragmatique héritée de ses années à la Banque d’Angleterre.
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Cette méthode « directrice générale » s’est illustrée de manière spectaculaire cet automne. Rompant avec l’approche incrémentale de ses prédécesseurs, M. Carney a signé un accord énergétique historique avec la Première ministre de l’Alberta, Danielle Smith. L’entente, qui prévoit le développement de nouveaux corridors pour les pipelines de bitume vers la côte du Pacifique et la suspension de certains plafonds d’émissions, vise à stimuler l’investissement étranger et à apaiser les tensions de l’Ouest.
La démission de Steven Guilbeault
Ce virage pro-industrie a provoqué une onde de choc au sein du caucus libéral. Le ministre de la Culture et ancien militant écologiste, Steven Guilbeault, a remis sa démission début décembre, déclarant ne plus pouvoir cautionner la direction environnementale du gouvernement.
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« Je ne peux pas, en toute bonne conscience, rester membre d’un cabinet qui ouvre la porte à de nouvelles infrastructures fossiles sans le consentement adéquat des Premières Nations et au détriment de nos cibles climatiques », a affirmé M. Guilbeault lors de son départ.
Malgré cette perte symbolique importante pour l’aile gauche du parti, Mark Carney a maintenu le cap, affirmant que la croissance économique du Canada nécessitait des compromis difficiles mais nécessaires pour financer la transition énergétique à long terme.
L’impasse commerciale avec les États-Unis
Si M. Carney a réussi à imposer sa vision sur la scène intérieure, son principal défi international reste entier. Élu en partie sur la promesse que son expertise financière ferait de lui l’interlocuteur idéal pour gérer le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre canadien termine l’année sur un constat d’échec diplomatique.
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Les négociations commerciales, qui devaient aboutir à une entente renouvelée avant l’été, se sont enlisées. L’administration Trump, fidèle à sa ligne protectionniste, a mis fin aux pourparlers à la fin octobre, laissant planer la menace concrète de tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens. Cette impasse fragilise la position de M. Carney, dont l’argumentaire électoral reposait sur sa capacité à « sauver » la relation canado-américaine.
Un fossé culturel avec le Québec
Sur le plan intérieur, les observateurs notent une distance croissante entre le chef libéral et le Québec. Bien que la collaboration économique avec le gouvernement de François Legault soit qualifiée de fluide, notamment sur les dossiers d’investissements technologiques, la connexion culturelle semble absente. Les critiques pointent une maîtrise du français qui ne progresse pas et un désintérêt apparent pour les enjeux identitaires et médiatiques spécifiques à la province, contrastant avec l’attention qu’y portait son prédécesseur.
Selon la source : journaldemontreal.com