Le fromage gras pourrait-il protéger notre cerveau ? Ce qu’il faut savoir d’une étude sur le risque de démence

Le fromage gras pourrait-il protéger notre cerveau ? Ce qu’il faut savoir d’une étude sur le risque de démence credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une étude qui surprend et qu’il faut décrypter

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une grande étude suédoise, publiée fin 2025, a fait parler d’elle en suggérant que manger du fromage et de la crème entiers pourrait être lié à un risque plus faible de démence. Voilà qui semble contredire des décennies de conseils nutritionnels prônant les produits laitiers allégés ! Mais comme souvent en science, il faut lire entre les lignes et ne pas se précipiter sur le plateau de fromages.

L’étude a suivi pas moins de 27 670 participants pendant 25 ans. Parmi eux, 3 208 ont développé une démence. Les résultats ont montré que chez les personnes sans risque génétique connu pour la maladie d’Alzheimer, consommer plus de 50 grammes de fromage entier par jour était associé à une réduction du risque d’Alzheimer de 13% à 17%. Pour la crème entière, consommer plus de 20 grammes par jour était lié à une baisse du risque global de démence de 16% à 24%.

Ces chiffres sont intrigants, mais les chercheurs eux-mêmes appellent à une interprétation prudente. Aucun lien protecteur n’a été observé pour le lait (entier ou écrémé) ou la crème allégée. Et surtout, aucun bénéfice n’a été constaté chez les porteurs de facteurs de risque génétiques pour Alzheimer. Alors, que faut-il vraiment en penser ?

Des résultats qui bousculent les idées reçues, mais des études contradictoires

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Ces conclusions suédoises sont d’autant plus notables qu’elles vont à l’encontre des recommandations habituelles pour la santé cardiaque, qui privilégient les graisses limitées. C’est important, car les maladies du cœur et la démence partagent de nombreux facteurs de risque, comme l’hypertension ou le diabète. Pourtant, quand on regroupe les preuves existantes, certaines analyses suggèrent que la consommation de fromage pourrait aussi être liée à un risque cardiaque plus bas, et que les produits laitiers entiers ne sont pas forcément mauvais pour le système cardiovasculaire.

Mais pour la santé du cerveau, le tableau est mitigé. De façon générale, les études menées en Asie ont plus tendance à rapporter des bénéfices des produits laitiers sur la cognition que les études européennes. Une explication possible ? La consommation moyenne y est bien plus faible. Une étude japonaise, par exemple, a bien noté un risque réduit de démence chez les mangeurs de fromage, mais les quantités consommées étaient minimes. Et cette étude était financée par un producteur de fromage… À l’inverse, une autre étude japonaise, financée par des fonds publics, n’a trouvé aucun effet protecteur.

Certaines études européennes de long terme vont dans le sens des résultats suédois. Une étude finlandaise sur 2 497 hommes d’âge moyen suivis pendant 22 ans a conclu que le fromage était le seul aliment associé à une baisse du risque de démence, réduit de 28%. Dans cette même étude, la consommation de lait et de viande rouge transformée était liée à de moins bonnes performances aux tests cognitifs, tandis que le poisson était associé à de meilleurs résultats. Une vaste étude britannique a, elle, trouvé qu’une consommation de poisson deux à quatre fois par semaine, de fruits quotidienne et de fromage une fois par semaine était liée à un risque plus faible.

Les limites des études et l’importance du mode de vie global

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Il ne faut pas prendre ces chiffres pour argent comptant. Ces études d’observation ont des limites importantes. Ce que les gens mangent est généralement déclaré par eux-mêmes, et des problèmes de mémoire naissants peuvent à la fois modifier les habitudes alimentaires et fausser le souvenir de ce qui a été mangé. Pour contourner ce problème, les chercheurs suédois ont pris deux précautions.

D’abord, ils ont exclu les personnes déjà atteintes de démence au début de l’étude. Ensuite, ils ont refait leurs calculs en retirant les personnes qui ont développé une démence dans les dix premières années du suivi. L’idée est que les premiers stades de la maladie peuvent modifier subtilement les comportements bien avant le diagnostic. En se concentrant sur ceux qui sont restés en bonne santé cognitive longtemps, on réduit le risque que ces changements précoces biaisent les résultats.

Une autre question cruciale est celle de la substitution. Est-ce que le bénéfice apparent vient du fromage lui-même, ou du fait qu’il remplace dans l’assiette de la viande rouge ou transformée, moins favorable ? L’étude suédoise appuie cette idée : elle n’a trouvé aucun lien entre les produits laitiers entiers et le risque de démence chez les participants dont le régime était resté stable sur cinq ans.

Le point le plus important, et que tous les experts répètent, est qu’il ne faut pas isoler les aliments. Ce qui compte, c’est le modèle alimentaire global. Des régimes comme le régime méditerranéen, constamment associé à un risque plus bas de démence et de maladies cardiaques, incluent du fromage, mais aux côtés de légumes, de poisson, de céréales complètes et de fruits.

D’ailleurs, dans l’étude suédoise, les personnes qui consommaient plus de fromage et de crème entiers étaient aussi plus éduquées, moins souvent en surpoids, et avaient moins de maladies liées à la démence (comme les maladies cardiaques, les AVC, l’hypertension ou le diabète). Tous ces facteurs réduisent indépendamment le risque. Cela suggère fortement qu’une plus grande consommation de fromage allait souvent de pair avec un mode de vie globalement plus sain, et non avec une alimentation excédentaire ou une mauvaise santé métabolique.

Conclusion : Pas de solution miracle, mais des nutriments intéressants dans une alimentation équilibrée

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Alors, que retenir de tout ça ? Premièrement, les preuves ne soutiennent pas l’idée que les produits laitiers entiers causent la démence. Bonne nouvelle pour les amateurs de fromage ! Mais elles ne prouvent pas non plus que les produits fermentés comme le yaourt protègent de manière fiable.

Le fromage entier contient plusieurs nutriments pertinents pour la santé cérébrale : les vitamines liposolubles A, D et K2, mais aussi de la vitamine B12, des folates, de l’iode, du zinc et du sélénium. Tous jouent un rôle dans le fonctionnement neurologique et pourraient contribuer à soutenir la santé cognitive.

Cela dit, et c’est le message le plus important, ces données ne justifient pas de se gaver de fromage ou de crème comme d’aliments protecteurs miracles contre la démence ou les maladies cardiaques. Le message le plus constant et le plus solide reste que les régimes équilibrés, la modération et le mode de vie global comptent infiniment plus que n’importe quel aliment isolé sur un plateau.

En résumé, cette étude suédoise ouvre une piste intéressante et complexe. Elle nous rappelle que la nutrition est une science pleine de nuances, et que ce qui semble être une bonne nouvelle simpliste mérite toujours d’être creusé. Pour votre cerveau comme pour votre cœur, continuez à privilégier la variété, les fruits et légumes, les bonnes graisses et le plaisir de manger, fromage y compris, mais sans excès.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.