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Nos baleines du Saint-Laurent changent de menu face au climat : une découverte fascinante

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une adaptation surprenante face aux changements

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Vous savez, la nature a cette capacité incroyable de nous surprendre, parfois là où on s’y attend le moins. C’est exactement ce que nous apprend une étude récente menée par une équipe de scientifiques passionnés. Il semblerait que nos géants des mers, spécifiquement le petit rorqual, le rorqual commun et la majestueuse baleine à bosse, aient dû revoir leurs habitudes alimentaires au cours des dernières décennies. Ce n’est pas rien. Leurs recherches, qui viennent tout juste d’être mises en lumière ce vendredi dans un article de la revue Frontiers in Marine Science, démontrent une réalité à la fois fascinante et préoccupante : ces mammifères marins semblent s’adapter et même se partager les ressources pour réussir à coexister malgré la pression constante des changements climatiques.

C’est un travail de longue haleine, mené par des chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et de l’Institut Maurice-Lamontagne. Ils ne se sont pas contentés de quelques observations éparses ; non, ils ont plongé dans pas moins de 28 ans de données scientifiques pour documenter comment le régime de ces trois espèces a évolué dans le golfe du Saint-Laurent. Comme l’explique Charlotte Tessier-Larivière, l’une des autrices de l’article, cette période a été marquée par des changements climatiques évidents, bien sûr, mais aussi par des modifications environnementales profondes qui ont potentiellement bouleversé la disponibilité des proies essentielles pour ces grands rorquals.

Une enquête minutieuse : arbalètes et chimie

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Mais comment fait-on pour savoir ce qu’une baleine a mangé il y a vingt ans ? C’est là que ça devient vraiment ingénieux. Charlotte Tessier-Larivière, qui est diplômée de l’UQAR à la maîtrise en océanographie, souligne à juste titre qu’analyser l’assiette de si gros animaux n’est pas une mince affaire. On ne peut pas simplement les observer manger à chaque repas. Les chercheurs ont donc dû ruser avec une méthode indirecte, un peu comme des détectives. Entre 1992 et 2019, ils ont réussi l’exploit de prélever des échantillons de peau sur 1100 individus. Imaginez la scène : des scientifiques en zodiac, utilisant une arbalète munie d’une flèche modifiée spécialement conçue pour retirer un tout petit morceau de chair sans blesser l’animal.

Ensuite, c’est en laboratoire que la magie opère. Chaque échantillon a été scruté en profondeur. L’équipe cherchait des traceurs biochimiques, ce qu’on appelle des isotopes stables. C’est fascinant quand on y pense : ces marqueurs permettent d’identifier les proies ingérées et même leurs proportions dans l’alimentation globale. Comme l’explique si bien Mme Tessier-Larivière, quand les rorquals mangent, la signature isotopique de leurs proies finit par se métaboliser et s’inscrire littéralement dans leur peau. C’est une sorte d’archive biologique de leurs repas passés.

Du krill au poisson : un changement de régime forcé

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Alors, qu’est-ce que ces archives nous révèlent ? Eh bien, une grande tendance se dessine assez clairement. On a constaté une nette augmentation de la consommation de poissons pélagiques. On parle ici de poissons comme le capelan, le hareng ou le maquereau. C’est un virage important. En parallèle, et c’est peut-être le revers de la médaille, on a observé une diminution de l’apport en krill arctique. Mme Tessier-Larivière précise que cette petite proie était pourtant le mets favori du rorqual commun durant les années 2000. Mais voilà, le krill se faisant plus rare, sans doute à cause du réchauffement de l’eau, les rorquals n’ont pas eu le choix : ils se sont tournés naturellement, petit à petit, vers d’autres espèces pour combler leurs besoins.

C’est assez incroyable de voir que la diète de ces mammifères a changé graduellement, suivant presque le même rythme que le réchauffement des eaux du Saint-Laurent. On a pu voir que certaines espèces ont su s’adapter aux changements de disponibilité de leurs proies préférées. C’est une preuve de résilience, je suppose, mais ça pose aussi des questions sur l’équilibre de tout l’écosystème.

Protéger le garde-manger pour sauver les baleines

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Au final, savoir ce que mangent nos baleines, c’est crucial. L’océanographe insiste sur le fait que cette information est une clé de voûte pour la conservation des espèces. Si on veut les protéger, il faut protéger leur nourriture, ça tombe sous le sens. Charlotte Tessier-Larivière suggère que ces données pourraient être prises en compte pour la gestion des pêches ou même pour définir de nouvelles aires marines protégées. C’est du concret.

Il y a une note d’espoir dans tout ça : c’est encourageant de voir que ces espèces démontrent une certaine capacité d’adaptation. Elles ne se laissent pas abattre sans lutter. Cependant, et c’est là le hic, on ne connaît pas la limite de cette capacité adaptative. Jusqu’où pourront-elles changer leurs habitudes ? L’océanographe espère vivement que le projet se poursuivra. Elle pense, et je suis bien d’accord avec elle, qu’il serait vraiment très intéressant de continuer cette série temporelle, surtout quand on voit que les prédictions climatiques ne vont malheureusement pas en s’améliorant. Il faudra garder l’œil ouvert.

Selon la source : ici.radio-canada.ca

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