Un espoir inattendu issu de la pandémie
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C’est pourtant la conclusion assez déconcertante d’une nouvelle étude que mes collègues et moi-même avons publiée dans la prestigieuse revue Nature. L’idée, c’est que ces vaccins pourraient bien donner le coup de fouet nécessaire à notre système immunitaire pour qu’il se mette à combattre les tumeurs.
Pour nous, chercheurs, c’est l’exemple parfait de la façon dont une crise mondiale peut paradoxalement générer des outils inestimables pour d’autres combats. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? C’est une histoire de sérendipité, ou peut-être de chance.
L’étincelle de 2016 : un indice découvert par hasard
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C’est là que nous avons fait une découverte fondamentale, presque par accident : l’ARNm a cette capacité d’entraîner le système immunitaire à tuer les tumeurs, même si l’ARNm injecté n’a rien à voir avec le cancer lui-même. Fascinant, n’est-ce pas ?
Partant de ce constat, on s’est demandé si les vaccins conçus pour cibler le SARS-CoV-2 n’auraient pas, en plus de leur rôle initial, des effets antitumoraux cachés. L’hypothèse était osée, je suppose, mais il fallait vérifier.
Des chiffres remarquables : doublement de la survie
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Et là, tenez-vous bien : les résultats sont juste renversants. Les patients qui avaient reçu soit le vaccin Pfizer, soit le vaccin Moderna à base d’ARNm dans les 100 jours suivant le début de leur immunothérapie étaient plus de deux fois plus susceptibles d’être encore en vie après trois ans, par rapport à ceux qui n’avaient pas été vaccinés.
Mais le plus étonnant, et c’est ce qui nous a vraiment soufflé, c’est que les patients avec des tumeurs qui, normalement, ne répondent pas bien à l’immunothérapie, ont vu une amélioration encore plus spectaculaire : une amélioration de près de cinq fois de leur survie globale à trois ans ! Et ce lien, nous l’avons vérifié, il reste très fort même après avoir tenu compte d’autres facteurs comme la gravité de la maladie.
Du froid au chaud : comprendre le mécanisme d’action
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Cette alarme incite le système immunitaire à reconnaître les cellules tumorales et à les éliminer. Surtout, elle aide à surmonter cette fameuse capacité du cancer à « éteindre » les cellules immunitaires.
L’immunothérapie, avec les inhibiteurs de points de contrôle, a déjà beaucoup changé le traitement du cancer, mais elle bute sur ce qu’on appelle les tumeurs « froides » : celles qui réussissent à se cacher complètement de la surveillance immunitaire. Nos résultats laissent penser que le vaccin à ARNm offre l’étincelle nécessaire pour transformer ces tumeurs « froides » en tumeurs « chaudes », des cibles beaucoup plus faciles à atteindre pour le système immunitaire. C’est en coordonnant les deux traitements que la pleine puissance est libérée.
L’avantage de l’accessibilité : un espoir pour tous
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C’est là que le vaccin anti-COVID change la donne. Il n’a pas besoin d’être personnalisé. Il est déjà là, largement disponible partout dans le monde, souvent à faible coût ou gratuitement. Et il pourrait être administré à n’importe quel moment du traitement d’un patient.
Imaginez l’impact ! Si ces résultats se confirment, cette intervention peu coûteuse et déjà disponible pourrait étendre les bénéfices de l’immunothérapie à des millions de patients qui, autrement, n’en profiteraient pas. C’est un argument de taille en faveur de cette approche simple, je trouve.
Prochaine étape : l’essai clinique national
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Cet essai va nous donner la réponse essentielle : le vaccin anti-COVID à ARNm doit-il être inclus dans le protocole de soins standard pour les patients sous immunothérapie ? J’espère vraiment que cette approche simple et accessible pourra aider tous ceux qui reçoivent une immunothérapie, surtout ceux qui manquent d’options de traitement efficaces à l’heure actuelle.
Conclusion : Un nouvel avenir pour l’immunothérapie
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En trouvant une nouvelle utilisation à un vaccin que nous connaissons bien, nous espérons offrir l’opportunité de survie que l’immunothérapie promet aux patients cancéreux qui se sentaient jusqu’à présent laissés pour compte. C’est une perspective pleine d’espoir, et le travail continue.
Selon la source : medicalxpress.com