Le filtre ‘Bébé’ pourrait-il vraiment nous faire voyager dans nos souvenirs d’enfance oubliés ?

Le filtre ‘Bébé’ pourrait-il vraiment nous faire voyager dans nos souvenirs d’enfance oubliés ? credit : freepik

Le rêve de remonter le temps grâce à la science

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Avouons-le franchement : qui n’a jamais rêvé de revivre un instant précis de son enfance, surtout ces moments qui se sont effacés de notre mémoire avec le temps ? On parle souvent de la machine à voyager dans le temps, mais tenez-vous bien : les neuroscientifiques ont peut-être trouvé une méthode beaucoup plus simple. Pas besoin de *Tardis* ni de *DeLorean*, juste d’une petite astuce visuelle, ce qu’ils appellent l’« illusion de l’enfacement ».

Cette nouvelle étude, menée par une équipe de l’Université Anglia Ruskin à Cambridge, au Royaume-Uni, suggère qu’en regardant une version modifiée de notre propre visage – une version qui nous ferait ressembler à des enfants – nous pourrions déverrouiller des souvenirs profondément enfouis, même les plus anciens. C’est assez fascinant, vous ne trouvez pas ?

L’illusion de l’enfacement : comment ça marche ?

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Alors, qu’est-ce que cette fameuse « illusion de l’enfacement » ? C’est en réalité une manipulation visuelle assez simple. Les chercheurs ont recruté 50 adultes en bonne santé et les ont installés devant un écran d’ordinateur pour visionner une vidéo d’eux-mêmes en direct. Le truc, c’est que pour la moitié des participants, l’image était passée à travers un filtre numérique.

Ce filtre était censé les faire ressembler à la personne qu’ils étaient lorsqu’ils étaient enfants. Je dis « censé », parce que, honnêtement, les chercheurs notent eux-mêmes que le résultat peut parfois tomber dans ce qu’on appelle l’« *uncanny valley* » (la vallée de l’étrange), où le visage modifié est un peu trop réaliste, mais juste assez bizarre pour être légèrement troublant. C’est un peu comme un appel Zoom avec un soi-même légèrement flippant.

 

L’astuce, c’est que la vidéo était mise en miroir. Quand les participants bougeaient, le visage à l’écran répondait immédiatement

, donnant l’impression que le visage d’enfant qu’ils voyaient était bel et bien le leur. Cette sensation d’« incarnation » est cruciale.

L’expérience et les résultats étonnants

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Après avoir vécu cette expérience de visionnage – filtrée ou non, pour le groupe témoin – les participants ont passé des entretiens de mémoire autobiographique. On leur a posé des questions pour se remémorer des événements de leur enfance, mais aussi des souvenirs plus récents, histoire de comparer.

Et là, surprise : ceux qui avaient regardé leur propre visage avec le filtre enfantin ont réussi à se souvenir d’un nombre significativement plus élevé de souvenirs d’enfance. Ces résultats, publiés dans la revue *Scientific Reports*, sont vraiment prometteurs. On dirait que revoir notre propre corps tel qu’il était agit comme une sorte de clé, ou de déclencheur, pour ces tiroirs de la mémoire qu’on pensait verrouillés.

Le lien profond entre le corps et la mémoire

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Mais alors, pourquoi ce filtre marche-t-il ? C’est la question qui me vient à l’esprit. Le docteur Utkarsh Gupta, auteur principal de l’étude, donne un éclairage important. Il explique que les événements que nous stockons dans notre mémoire ne sont pas seulement des expériences du monde extérieur ; ils sont aussi, et peut-être surtout, des expériences de notre corps, qui est toujours présent lorsque nous vivons quelque chose. Logique, n’est-ce pas ?

« Nous avons découvert que des changements temporaires au ‘soi corporel’ – spécifiquement, le fait d’incarner une version enfantine de son propre visage – peuvent améliorer l’accès aux souvenirs d’enfance », a déclaré le Dr. Gupta. C’est l’idée que notre cerveau code les informations corporelles comme faisant partie des détails de l’événement. En réintroduisant ces indices corporels, même des décennies après, on aide le cerveau à retrouver le chemin.

Un espoir pour vaincre l’amnésie infantile

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C’est un concept fascinant. Le professeur Jane Aspell, l’auteure principale, a résumé la problématique de façon très claire : quand nos souvenirs d’enfance se sont formés, notre corps était différent. Et si on pouvait aider les gens à ressentir à nouveau des aspects de ce corps passé, on pourrait peut-être les aider à se souvenir ?

Cela ouvre surtout des pistes pour contourner l’énigme de l’« amnésie infantile ». C’est ce phénomène universel qui fait que nous ne pouvons généralement rien nous remémorer de notre vie avant l’âge de trois ans environ. L’idée que ce type d’illusion corporelle puisse nous faire passer outre cette barrière, même si l’on ne se souvient pas d’être un bébé inefficace, comme le texte le suggère avec un sourire, est révolutionnaire.

Des applications prometteuses pour les troubles de la mémoire

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Au-delà de la simple curiosité de se souvenir de nos premières années, cette recherche a des implications très sérieuses et potentiellement très utiles, surtout pour les personnes qui développent des troubles de la mémoire plus tard dans leur vie. C’est ça qui est important, non ?

Le professeur Aspell et son équipe croient fermement que l’illusion pourrait être adaptée pour aider à la remémoration chez des patients atteints de pertes de mémoire. Si le fait de modifier l’expérience corporelle peut faciliter l’accès à des souvenirs autobiographiques lointains, alors on tient peut-être une méthode non invasive et plutôt douce pour les aider. « Ces résultats sont vraiment excitants et suggèrent que des illusions corporelles plus sophistiquées pourraient être utilisées pour débloquer des souvenirs d’autres étapes de notre vie », a conclu Aspell. L’avenir dira si cela peut devenir un outil thérapeutique concret.

Conclusion : un petit pas vers nos souvenirs lointains

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En définitive, cette étude nous rappelle que notre corps n’est pas qu’une simple enveloppe. Il est intimement lié à ce que nous sommes et, surtout, à ce dont nous nous souvenons. Les neuroscientifiques de Cambridge ont démontré de manière convaincante que des changements temporaires dans notre perception corporelle peuvent déverrouiller des pans entiers de notre histoire personnelle, même ceux que nous pensions perdus à jamais.

Retenez bien ceci : le soi corporel et la mémoire autobiographique sont liés. C’est une idée puissante, offrant un aperçu inédit sur la manière dont notre cerveau fonctionne. Si cette technique est perfectionnée, imaginez les possibilités !

Selon la source : iflscience.com