Déjouer les ruses des virus mortels
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C’est pour cela que la nouvelle qui nous arrive de l’École de médecine de l’Université de Washington à St. Louis est si capitale! Des chercheurs sont parvenus à identifier les portes d’entrée exactes qu’utilisent deux virus très dangereux pour infecter nos cellules. Mieux encore : ils ont conçu des molécules « leurres » pour bloquer ces infections. Ces découvertes, publiées dans Nature et PNAS, ouvrent une voie que l’on attendait depuis longtemps pour lutter contre cette famille de virus, qui inclut aussi Zika, la dengue ou le Nil occidental. C’est un grand pas, vraiment.
Les fléaux que l’on oublie : fièvre jaune et encéphalite à tiques
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Ce qui est un peu frustrant, c’est que le seul vaccin disponible utilise un virus vivant. C’est pour ça qu’il est déconseillé aux personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme les nourrissons ou, justement, les personnes âgées. L’encéphalite à tiques, elle, se propage via… des tiques (quelle surprise !), et cause de graves inflammations du cerveau et de la moelle épinière en Europe, en Russie et en Asie. Là aussi, il existe un vaccin, mais il est seulement recommandé pour une seule sous-espèce du virus et principalement pour les voyageurs. Il y a donc un besoin criant de solutions pour tout le monde.
Le mystère de l’entrée virale enfin percé
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L’équipe de Michael S. Diamond et Daved Fremont à l’Université de Washington a finalement résolu le problème. En utilisant des techniques génétiques pointues – notamment la technologie d’édition de gènes CRISPR – ils ont réussi à identifier une famille de protéines qui se trouvent à la surface de nos cellules : les récepteurs de lipoprotéines de faible densité, ou LDLR. Ce sont elles, les portes d’entrée principales!
Des cibles précises dans le corps humain
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Pour la fièvre jaune, les chercheurs ont découvert que le virus s’accroche aux récepteurs LRP1, LRP4 et VLDLR. Tiens, regardez : LRP1 se trouve en grande quantité sur les cellules du foie, ce qui explique pourquoi la fièvre jaune provoque souvent de graves maladies hépatiques. Parfaitement cohérent!
Quant aux virus de l’encéphalite à tiques, ils préfèrent un autre membre de cette famille de récepteurs, le LRP8. Et devinez où l’on trouve surtout le LRP8 ? Dans les cellules du système nerveux. Ça explique directement pourquoi l’encéphalite à tiques cause ces symptômes neurologiques sévères. Ils ont même prouvé que si l’on élimine ces récepteurs génétiquement des cellules, le virus ne peut plus entrer. C’est la preuve qu’ils ont la bonne cible!
La stratégie du ‘leurre’ : comment tromper le virus
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Ils ont conçu ces leurres en attachant un morceau de nos récepteurs (la partie que le virus veut attraper) à un fragment d’anticorps. Le résultat ? Une sorte de faux récepteur, flottant librement, qui n’est pas du tout intégré à la cellule. Le virus, en arrivant, se fait bêtement piéger : il s’accroche au leurre au lieu de s’accrocher à la vraie cellule. Et hop, il est neutralisé!
Ces molécules ont prouvé leur efficacité en laboratoire, protégeant des cellules humaines et de souris de l’infection. Elles ont même sauvé des souris immunodéficientes d’une dose normalement mortelle de fièvre jaune. Cette méthode ne protège pas seulement de la maladie, elle a aussi prévenu les dommages aux cellules hépatiques chez des souris porteuses de cellules du foie humain. C’est vraiment prometteur.
Conclusion : Une nouvelle voie de traitement durable et intelligente
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Mais ici, le leurre est basé sur une protéine humaine. Comme l’explique bien le professeur Diamond, si jamais le virus mute pour essayer d’éviter le leurre, il doit aussi modifier sa capacité à se lier à la protéine humaine essentielle. En théorie, si le virus s’adapte pour éviter le leurre, il s’éloigne du même coup de sa capacité à infecter, ce qui le rendrait moins dangereux. C’est ce que j’appelle une stratégie intelligente : on utilise la biologie humaine pour forcer le virus à se rendre moins infectieux. C’est peut-être la clé pour développer une nouvelle génération de vaccins et de traitements antiviraux qui ne craignent pas les mutations. Et ça, c’est une sacrée bonne nouvelle pour nous tous.
Selon la source : medicalxpress.com