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Une lueur d’espoir contre la fièvre jaune et l’encéphalite : quand la science joue les leurres

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Déjouer les ruses des virus mortels

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Franchement, on parle beaucoup du changement climatique et de ses conséquences, mais il y a un aspect moins visible qui nous touche tous : l’expansion des virus. Des maladies autrefois confinées à certaines régions, comme la fièvre jaune ou l’encéphalite transmise par les tiques, sont désormais des menaces croissantes pour la santé publique. Et le pire, c’est que pour la plupart de ces infections, on n’a malheureusement aucun traitement réel.

C’est pour cela que la nouvelle qui nous arrive de l’École de médecine de l’Université de Washington à St. Louis est si capitale! Des chercheurs sont parvenus à identifier les portes d’entrée exactes qu’utilisent deux virus très dangereux pour infecter nos cellules. Mieux encore : ils ont conçu des molécules « leurres » pour bloquer ces infections. Ces découvertes, publiées dans Nature et PNAS, ouvrent une voie que l’on attendait depuis longtemps pour lutter contre cette famille de virus, qui inclut aussi Zika, la dengue ou le Nil occidental. C’est un grand pas, vraiment.

Les fléaux que l’on oublie : fièvre jaune et encéphalite à tiques

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La fièvre jaune, transmise par les moustiques, sévit toujours en Afrique et en Amérique du Sud. Beaucoup de gens s’en remettent avec de simples symptômes grippaux, bien sûr. Mais il ne faut pas l’oublier : selon l’Organisation mondiale de la Santé, environ 15 % des infections deviennent graves, causant des fièvres très élevées, des saignements internes, et, bien souvent, une défaillance de plusieurs organes. Près de la moitié des cas sévères se terminent malheureusement par la mort.

Ce qui est un peu frustrant, c’est que le seul vaccin disponible utilise un virus vivant. C’est pour ça qu’il est déconseillé aux personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme les nourrissons ou, justement, les personnes âgées. L’encéphalite à tiques, elle, se propage via… des tiques (quelle surprise !), et cause de graves inflammations du cerveau et de la moelle épinière en Europe, en Russie et en Asie. Là aussi, il existe un vaccin, mais il est seulement recommandé pour une seule sous-espèce du virus et principalement pour les voyageurs. Il y a donc un besoin criant de solutions pour tout le monde.

Le mystère de l’entrée virale enfin percé

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Durant plus d’un siècle, on a étudié ces virus, mais il restait une énigme fondamentale : comment diable réussissaient-ils à infecter nos cellules ? Ce n’est pas rien, puisque sans connaître la serrure, il est impossible de concevoir la bonne clé pour la bloquer. On utilisait encore, pour la fièvre jaune, le même vaccin atténué développé en 1937 par Max Theiler! C’est fascinant de voir qu’un prix Nobel a été décerné pour cette découverte, mais ça montre aussi à quel point la recherche était au point mort sur les mécanismes d’infection.

L’équipe de Michael S. Diamond et Daved Fremont à l’Université de Washington a finalement résolu le problème. En utilisant des techniques génétiques pointues – notamment la technologie d’édition de gènes CRISPR – ils ont réussi à identifier une famille de protéines qui se trouvent à la surface de nos cellules : les récepteurs de lipoprotéines de faible densité, ou LDLR. Ce sont elles, les portes d’entrée principales!

Des cibles précises dans le corps humain

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Ce qui est particulièrement astucieux dans cette découverte, c’est la spécificité des récepteurs. Ce n’est pas une seule porte pour tous, non, ce sont des portes différentes qui expliquent pourquoi les virus attaquent différents organes. C’est logique, n’est-ce pas ?

Pour la fièvre jaune, les chercheurs ont découvert que le virus s’accroche aux récepteurs LRP1, LRP4 et VLDLR. Tiens, regardez : LRP1 se trouve en grande quantité sur les cellules du foie, ce qui explique pourquoi la fièvre jaune provoque souvent de graves maladies hépatiques. Parfaitement cohérent!

Quant aux virus de l’encéphalite à tiques, ils préfèrent un autre membre de cette famille de récepteurs, le LRP8. Et devinez où l’on trouve surtout le LRP8 ? Dans les cellules du système nerveux. Ça explique directement pourquoi l’encéphalite à tiques cause ces symptômes neurologiques sévères. Ils ont même prouvé que si l’on élimine ces récepteurs génétiquement des cellules, le virus ne peut plus entrer. C’est la preuve qu’ils ont la bonne cible!

La stratégie du ‘leurre’ : comment tromper le virus

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Mais identifier la porte n’est que la moitié de l’histoire. Il faut la bloquer! Et là, l’équipe a eu une idée brillante : utiliser des « molécules leurres ». C’est une technique que j’adore, franchement, car c’est une ruse très efficace.

Ils ont conçu ces leurres en attachant un morceau de nos récepteurs (la partie que le virus veut attraper) à un fragment d’anticorps. Le résultat ? Une sorte de faux récepteur, flottant librement, qui n’est pas du tout intégré à la cellule. Le virus, en arrivant, se fait bêtement piéger : il s’accroche au leurre au lieu de s’accrocher à la vraie cellule. Et hop, il est neutralisé!

Ces molécules ont prouvé leur efficacité en laboratoire, protégeant des cellules humaines et de souris de l’infection. Elles ont même sauvé des souris immunodéficientes d’une dose normalement mortelle de fièvre jaune. Cette méthode ne protège pas seulement de la maladie, elle a aussi prévenu les dommages aux cellules hépatiques chez des souris porteuses de cellules du foie humain. C’est vraiment prometteur.

Conclusion : Une nouvelle voie de traitement durable et intelligente

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Cette nouvelle stratégie antivirale, basée sur l’identification de ces récepteurs LDLR, est particulièrement séduisante car elle résout le problème classique de la mutation virale. Voyez-vous, si l’on cible une protéine virale, le virus mute souvent pour contourner le traitement. C’est un peu une course sans fin.

Mais ici, le leurre est basé sur une protéine humaine. Comme l’explique bien le professeur Diamond, si jamais le virus mute pour essayer d’éviter le leurre, il doit aussi modifier sa capacité à se lier à la protéine humaine essentielle. En théorie, si le virus s’adapte pour éviter le leurre, il s’éloigne du même coup de sa capacité à infecter, ce qui le rendrait moins dangereux. C’est ce que j’appelle une stratégie intelligente : on utilise la biologie humaine pour forcer le virus à se rendre moins infectieux. C’est peut-être la clé pour développer une nouvelle génération de vaccins et de traitements antiviraux qui ne craignent pas les mutations. Et ça, c’est une sacrée bonne nouvelle pour nous tous.

Selon la source : medicalxpress.com