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Les bouteilles en verre, plus chargées en microplastiques que les bouteilles en plastique ? Une étude surprenante de l’ANSES

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une croyance populaire remise en question

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C’est un résultat qui a de quoi faire sursauter, ou du moins nous faire réfléchir à deux fois avant de choisir notre boisson. Je viens de lire une étude parue dans le Journal of Food Composition and Analysis, réalisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’ANSES, et elle bouscule pas mal d’idées reçues. Vous savez, nous avons tous tendance à penser que le verre, c’est ce qu’il y a de mieux. Inerte, recyclable, sans danger… enfin, c’est ce que l’on croyait.

Cette étude, menée par des chercheurs de l’unité de sécurité sanitaire des aliments à Boulogne-sur-Mer, montre que les boissons dans des bouteilles en verre pourraient contenir jusqu’à cinquante fois plus de microplastiques que celles conditionnées dans des bouteilles en plastique ou des canettes. On parle là de niveaux qui atteignent environ 100 particules par litre pour le verre, contre à peine quelques particules pour les autres contenants. Ce n’est pas une petite différence, c’est un gouffre.

Qu’est-ce qui pourrait bien expliquer un tel écart ? Ce n’est pas le verre lui-même, rassurez-vous. En creusant, les scientifiques ont mis le doigt sur un coupable tout à fait inattendu, un élément qu’on ne regarde même plus : le bouchon métallique. Plus précisément, la peinture qui le recouvre. Une découverte qui, vous en conviendrez, nous pousse à regarder notre bière ou notre soda d’un autre œil.

Le grand paradoxe : quand le verre devient plus contaminant que le plastique

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Comme le dit Iseline Chaïb, doctorante qui a travaillé sur cette étude, c’est tout l’inverse de ce à quoi on s’attendait. « Nous pensions trouver moins de particules dans le verre ». Eh bien non. Pour arriver à ce constat, l’équipe a analysé un large panel de boissons de tous les jours : des eaux plates et gazeuses, des sodas, des bières, des thés glacés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et sont assez sidérants. Dans les échantillons en verre, la moyenne est d’environ 100 particules de microplastique par litre. Dans les bouteilles en plastique, on est entre 1,6 et 4,5 particules par litre. C’est colossal. Pour l’eau en bouteille de verre, c’est un peu mieux avec 4,5 particules/litre, mais ça reste plus que dans l’eau en plastique (1,6). Le vin, lui, semble assez épargné malgré son bouchon métallique. Mais les mauvais élèves sont clairement les sodas, limonades et bières, qui peuvent atteindre ces fameux 100 particules.

Ce qui est frappant, c’est que cette différence ne vient ni du liquide à la base, ni du verre en lui-même. Alors, où est-ce que ça se passe ? Tout se joue ailleurs, dans une étape qu’on ne voit pas, lors de la fabrication. Cette contamination n’est donc pas une fatalité liée au matériau, mais bien à un problème de procédé industriel. C’est peut-être une bonne nouvelle, car cela signifie qu’on peut potentiellement y remédier.

Le coupable identifié : les micro-rayures sur les bouchons métalliques

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Alors voilà le fin mot de l’histoire, et c’est plutôt technique. La source principale de ces microplastiques, c’est la peinture polyester qui recouvre nos bouchons métalliques de bière ou de soda. Cette peinture, elle est là pour la décoration et pour protéger le métal de la rouille. Mais elle a un talon d’Achille. Comme l’explique Alexandre Dehaut, chercheur à l’ANSES, la plupart des particules retrouvées dans les boissons avaient la même couleur et la même composition que cette peinture.

En examinant les bouchons de très près avec un microscope électronique, les scientifiques ont découvert des micro-rayures et des éraflures invisibles à l’œil nu. D’où viennent-elles ? Eh bien, simplement du transport et du stockage. Imaginez des milliers de ces petits bouchons métalliques qui s’entrechoquent dans des sacs ou des cartons pendant le transport. Ils se frottent les uns aux autres, et ce frottement arrache des fragments microscopiques de peinture. Ces fragments, comme de la poussière, se déposent sur le bouchon. Et au moment où la machine pose le bouchon sur la bouteille, une partie de cette poussière tombe directement dans la boisson. C’est aussi simple et banal que ça.

Iseline Chaïb le dit bien : « Ce frottement libère des fragments microscopiques… qui peuvent être entraînés dans les boissons au moment du capsulage ». On est donc face à un problème qui n’avait jamais vraiment été pris en compte, un maillon faible dans la chaîne de production que tout le monde avait ignoré.

Des pistes pour nettoyer et des risques encore flous

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Bon, la bonne nouvelle dans cette histoire, c’est que les chercheurs ont testé une solution. Et elle est étonnamment simple. Il s’agit de nettoyer les bouchons avant de les poser, avec un bon coup d’air sous pression, suivi d’un rinçage à l’eau et à l’alcool. Les résultats en laboratoire sont encourageants : ça réduit le nombre de particules de près de 60%. Alexandre Dehaut tempère cependant en disant que ce qui fonctionne au labo n’est pas toujours facile à mettre en œuvre à l’échelle d’une usine qui produit des millions de bouteilles par jour. Mais c’est une piste sérieuse.

Cela pose aussi la question de la santé. On avale donc tous, probablement sans le savoir, ces microplastiques. Ils sont partout : dans l’air, le sol, et maintenant on les retrouve même dans notre sang ou le placenta. Certains contiennent des additifs chimiques pas très sympathiques, comme des phtalates ou du bisphénol A, soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Guillaume Duflos, directeur de recherche à l’ANSES, est clair : on ne connaît pas encore de seuil toxique précis, donc il est difficile de quantifier le risque immédiat. Mais l’ingestion répétée est évidemment une préoccupation. Comme le souligne Dehaut, les microplastiques sont déjà dans la boisson quand on l’achète, donc le consommateur ne peut pas faire grand-chose. La solution doit venir des industriels.

Que faire alors ? Repenser le matériau des bouchons, améliorer leur conditionnement pour éviter qu’ils ne s’abîment entre eux, ou généraliser un nettoyage efficace. L’étude, publiée le 23 juillet 2025, nous rappelle que la sécurité alimentaire est une affaire complexe. On ne peut pas se contenter de dire « le plastique, c’est mal, le verre, c’est bien ». Il faut regarder l’ensemble du processus. Comme le résume Alexandre Dehaut, il faut investiguer ces sources de contamination « sans sombrer dans la paranoïa, mais avec sérieux ». Un sage conseil, je trouve.

Selon la source : science-et-vie.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.