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Médias sociaux ou jeux vidéo ? Une nouvelle étude révèle le vrai coupable derrière les problèmes d’attention des adolescents

credit : votrequotidien.ca (image IA)

Une expérience à grande échelle sur nos enfants

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La révolution numérique, c’est un peu devenu une vaste expérience dont on n’a pas vraiment prévu le protocole. Et les enfants, eh bien, ils en sont les cobayes les plus exposés. C’est un constat un peu rude, mais c’est la réalité que pointent les chercheurs. Alors que les diagnostics de TDAH, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, augmentent un peu partout dans le monde, une question cruciale se pose : est-ce que nos écrans y seraient pour quelque chose ?

Pour tenter d’y voir plus clair, une équipe de scientifiques a suivi plus de 8 000 enfants, depuis l’âge d’environ dix ans jusqu’à leurs quatorze ans. Ils leur ont posé des questions sur leurs habitudes numériques et ont classé ces activités en trois catégories bien distinctes : les jeux vidéo, la télé et les vidéos (sur YouTube, par exemple), et enfin les réseaux sociaux. Dans cette dernière catégorie, on retrouve les applications comme TikTok, Instagram, Snapchat, X (anciennement Twitter), Messenger et Facebook.

Leur objectif était d’analyser si l’usage de ces plateformes était associé à des changements à long terme sur les deux symptômes clés du TDAH : l’inattention et l’hyperactivité. Les résultats, publiés fin décembre 2025, sont assez tranchants et vont à l’encontre de certaines idées reçues.

Le verdict de l’étude : les réseaux sociaux pointés du doigt

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La découverte principale des chercheurs est assez claire : l’utilisation des médias sociaux est associée à une augmentation graduelle de l’inattention. C’est le point central. Et c’est spécifique. Parce que jouer à des jeux vidéo ou regarder des vidéos, ça ne montrait pas ce lien. Ces schémas sont restés identiques même après avoir pris en compte des facteurs importants comme le risque génétique des enfants de développer un TDAH ou le revenu de leur famille. Ce qui veut dire que l’effet observé semble bien lié aux réseaux sociaux eux-mêmes, et pas à d’autres causes sous-jacentes.

Mais attention, on pense souvent que c’est peut-être l’inattention qui pousse les enfants à passer plus de temps sur les réseaux, comme une sorte de refuge. Les chercheurs ont testé cette hypothèse, et elle ne tient pas. La direction du lien est à sens unique : c’est bien l’usage des médias sociaux qui prédit une inattention plus tardive, et pas l’inverse. C’est un point crucial pour comprendre la causalité.

Bon, alors comment ça marche ? Les mécanismes exacts par lesquels les écrans affectent l’attention restent mystérieux. Mais le fait que les autres activités sur écran n’aient pas d’effet négatif nous permet déjà d’écarter quelques pistes. On peut mettre de côté l’idée d’un effet négatif général des écrans, un peu comme s’ils étaient tous mauvais de la même façon. Et on peut aussi oublier la notion populaire selon laquelle tous les médias numériques provoqueraient des « hits de dopamine » qui dérègleraient l’attention des enfants. Si c’était le cas, les jeux vidéo, conçus pour être très engageants, auraient aussi montré un effet. Or, ce n’est pas le cas.

En tant que neuroscientifiques, les auteurs font une hypothèse éclairée. Les réseaux sociaux introduisent des distractions constantes, des notifications, des fils d’actualité infinis, qui empêchent de maintenir une attention soutenue sur une tâche. C’est l’idée du « scrolling » permanent. Et ce n’est pas seulement les messages qui arrivent qui distraient ; parfois, c’est juste la pensée qu’un message pourrait arriver qui agit comme une distraction mentale. Ces interruptions nuisent à la concentration sur le moment, et quand elles persistent pendant des mois ou des années, elles pourraient bien avoir des effets à long terme sur notre capacité à nous concentrer.

En comparaison, le jeu vidéo se déroule souvent pendant des sessions limitées, pas tout au long de la journée, et implique généralement une concentration constante sur une seule tâche à la fois.

Un effet modeste mais massif, et une explosion du temps passé en ligne

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Il faut bien comprendre l’ampleur de l’effet mesuré. Sur le plan statistique, l’impact des réseaux sociaux sur l’inattention n’est pas énorme au niveau individuel. À lui seul, il ne suffirait pas à faire basculer une personne ayant une attention normale dans le territoire du TDAH diagnostiqué. Mais voilà le hic : si c’est toute la population qui devient un peu plus inattentive, même légèrement, alors mécaniquement, beaucoup plus de gens finiront par franchir la frontière du diagnostic.

Pour illustrer cela, les chercheurs font un calcul théorique. Ils estiment qu’une augmentation d’une heure de l’usage des médias sociaux dans toute la population pourrait augmenter le nombre de diagnostics d’environ 30%. C’est évidemment une simplification, car les diagnostics dépendent de plein d’autres facteurs, mais cela montre bien comment un effet qui semble petit pour une personne peut avoir des conséquences significatives à l’échelle d’une société.

Et justement, les données montrent que cette augmentation, elle a bien eu lieu. Beaucoup d’études suggèrent que nous avons gagné au moins une heure de plus par jour sur les réseaux sociaux au cours des dix ou vingt dernières années. Il y a vingt ans, les réseaux sociaux n’existaient pratiquement pas. Aujourd’hui, les adolescents sont en ligne environ cinq heures par jour, et c’est surtout sur les médias sociaux. Le pourcentage d’adolescents qui affirment être « constamment en ligne » a littéralement doublé, passant de 24% en 2015 à 46% en 2023.

Face à ce constat, les chercheurs estiment que l’explosion de l’usage des réseaux sociaux, passée de quasiment zéro à environ cinq heures quotidiennes, pourrait expliquer une part substantielle de l’augmentation des diagnostics de TDAH au cours des 15 dernières années. C’est un lien de cause à effet plausible et inquiétant.

Certains diront que cette hausse des diagnostics reflète simplement une meilleure sensibilisation et une réduction de la stigmatisation. C’est peut-être une partie de l’explication, concèdent les auteurs, mais cela n’exclut pas une augmentation réelle et tangible des symptômes d’inattention. D’autant que certaines études qui affirment que ces symptômes n’ont pas augmenté ont souvent porté sur des enfants trop jeunes pour posséder un smartphone, ou sur des périodes qui précèdent l’avalanche du « scrolling » tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Conclusion : Que faire face à ce constat ?

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Alors, on fait quoi maintenant ? Le constat est là : les réseaux sociaux augmentent probablement l’inattention, et leur usage a explosé. La régulation est un chemin possible, mais compliqué. Aux États-Unis, par exemple, la plupart des plateformes exigent que les utilisateurs aient au moins 13 ans pour créer un compte. Mais soyons honnêtes, ces restrictions sont assez faciles à contourner pour un adolescent déterminé.

L’Australie, elle, semble vouloir aller plus loin. À partir du 10 décembre 2025, les entreprises de médias seront tenues de s’assurer que leurs utilisateurs ont 16 ans ou plus, avec des pénalités élevées pour celles qui ne respecteraient pas la loi. C’est une mesure radicale. « Voyons quel effet aura cette législation », disent prudemment les chercheurs. « Peut-être que le reste du monde devrait suivre l’exemple des Australiens. »

En fin de compte, cette étude nous rappelle que tous les écrans ne se valent pas. Diaboliser le jeu vidéo quand on cherche à comprendre les problèmes d’attention des jeunes, c’est peut-être se tromper de coupable. Le vrai défi, c’est l’infini distractif des réseaux sociaux, cette sollicitation permanente qui fragmente notre attention. Protéger le temps de concentration de nos enfants, ça devient un enjeu de santé publique. Et ça commence peut-être par regarder la bonne activité du doigt.

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.