Et si on pouvait enfin arrêter les antidépresseurs ? Une nouvelle étude montre la voie
Richard Davis - 2025-12-28 11:12
credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)
Une question cruciale, longtemps laissée sans réponse

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Vous savez, c’est une situation que beaucoup de personnes qui ont traversé une dépression connaissent bien. On vous prescrit des antidépresseurs, et ils peuvent être d’une grande aide pour retrouver un équilibre. Mais vient toujours ce moment où l’on se demande : « Et maintenant, comment je fais pour arrêter ? » C’est une vraie source d’angoisse, comme le dit si bien Christine Villelongue de l’association France Dépression. Elle remarque que le simple fait d’envisager de réduire son traitement peut générer beaucoup d’anxiété.
Le problème, c’est qu’il n’existe pas vraiment de « mode d’emploi » clair. Souvent, quand le moment de l’arrêt arrive, les patients se retrouvent un peu seuls, sans accompagnement spécifique. C’est un peu comme si on vous donnait les clés pour démarrer la voiture, mais pas pour l’arrêter en douceur. Pourtant, avec plus de 5% de la population mondiale concernée par la dépression selon l’OMS, cette question n’est pas anecdotique. Des millions de personnes se la posent.
La solution qui émerge : un sevrage très lent, et surtout, du soutien

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Alors, qu’est-ce que la science nous dit aujourd’hui ? Une étude d’envergure, publiée le 27 décembre 2025 dans la prestigieuse revue The Lancet Psychiatry, a passé au crible pas moins de 76 essais cliniques différents, impliquant au total 17 000 personnes. Leur objectif ? Évaluer la meilleure façon d’arrêter un antidépresseur une fois que la dépression est en rémission.
Les résultats sont assez clairs, et ils vont dans le sens d’une pratique qui gagne du terrain chez les psys, qu’on appelle la « déprescription ». L’idée, c’est de réduire la dose tout doucement, progressivement, pour éviter les effets de sevrage ou une rechute. Mais l’étude va plus loin : elle montre que le meilleur résultat n’est pas obtenu par le simple fait de diminuer les comprimés.
La stratégie gagnante, la plus efficace pour prévenir un retour de la dépression, combine deux choses : une diminution lente et progressive de la posologie ET un suivi psychologique en parallèle. Les chercheurs estiment que cette approche pourrait empêcher une rechute chez une personne sur cinq, par rapport à un arrêt brutal ou à une diminution trop rapide. Autrement dit, ce n’est pas négligeable du tout.
Les précautions et le fossé avec la réalité quotidienne

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Il faut cependant rester prudent, comme nous y invite le spécialiste Jonathan Henssler de l’hôpital universitaire Charité de Berlin. Même avec un sevrage très lent, il souligne qu’il subsiste un risque de rechute. L’étude ne dit pas que c’est une garantie à 100%, mais elle met surtout en lumière l’immense bénéfice ajouté de la psychothérapie dans ce processus. C’est elle qui fait souvent la différence.
Mais voilà, c’est là que le bât blesse, et les témoignages recueillis sont assez édifiants. La psychiatre Maeva Musso, qui vient tout juste de terminer son internat, confie que la question de l’arrêt des antidépresseurs n’a tout simplement jamais été abordée pendant sa formation. Pire, quand un patient exprime le souhait de réduire son traitement, cela est encore trop souvent interprété par le corps médical comme un « déni de son trouble ». Un vrai frein à la communication.
Et puis, il y a la question pratique, pragmatique, que soulève Christine Villelongue. L’étude décrit un monde idéal, mais sur le terrain, c’est une autre histoire. « Parfois le psychiatre n’est pas disponible — vous passez un mois ou deux sans le voir », explique-t-elle. Imaginez : vous êtes en train de diminuer vos médicaments, vous avez du mal, vous avez besoin de parler… et personne n’est là pour vous écouter. L’accès à ce soutien psychologique crucial n’est malheureusement pas une évidence pour tout le monde, que ce soit pour des questions de disponibilité, de coût ou de désert médical.
Conclusion : Un message d’espoir, mais qui nécessite un changement de perspective

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Alors, que retenir de tout ça ? Pour Debora Zaccoletti, co-auteure de l’étude de l’Université de Vérone, le message est clair : les antidépresseurs sont efficaces pour prévenir les rechutes, mais ils n’ont pas besoin d’être un traitement à vie pour tout le monde. C’est une lueur d’espoir pour ceux qui souhaitent s’en affranchir.
Le chemin est désormais mieux balisé : l’arrêt doit se concevoir comme un processus long et accompagné, et non comme un événement ponctuel. Il ne s’agit pas de « réussir » ou d’« échouer » à arrêter son traitement, mais de le faire en sécurité, avec le bon rythme et le soutien adéquat. Cette étude nous rappelle surtout l’importance de prendre au sérieux la demande du patient et de ne pas laisser cette phase délicate dans l’angle mort des soins. La guérison, finalement, c’est aussi savoir comment poser les médicaments en douceur, quand le moment est venu.
Selon la source : medicalxpress.com
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