Le Colorado élargit l’accès à la naloxone, le médicament qui inverse les overdoses d’opioïdes

Le Colorado élargit l’accès à la naloxone, le médicament qui inverse les overdoses d’opioïdes credit : credit : votrequotidien.ca (image IA)

Un médicament salvateur de plus en plus accessible

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Au Colorado, l’accès à un médicament crucial pour sauver des vies lors d’overdoses d’opioïdes est en train de devenir quasiment universel. Ce médicament, c’est la naloxone, souvent vendue sous le nom de marque Narcan. Son principe est simple mais terriblement efficace : il bloque les effets des opioïdes et permet à une personne en surdose de recommencer à respirer. Pendant dix ans, l’État avait déjà mis en place des « ordonnances permanentes » permettant à quiconque de l’acheter sans prescription individuelle.

Mais un vrai changement est survenu en 2023, quand l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a autorisé sa vente en libre accès, sans ordonnance du tout. Ça a relancé le débat public sur l’importance de pouvoir porter ce remède sur soi, au cas où. Et les Coloradiens, semble-t-il, ont répondu présents.

Des achats records, mais une question de financement

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la première année suivant son autorisation en vente libre en septembre 2023, les résidents du Colorado ont acheté 743,7 doses de naloxone pour chaque million d’habitants. C’est plus de 80% de plus que la moyenne nationale, qui était de 396 unités par million, et ça place l’État juste derrière l’Oregon en tête du classement. Le Wyoming, la Géorgie et le Nevada suivent de près.

Mais il y a un mais, et de taille. Ces ventes en pharmacie ont atteint un pic le premier mois, puis ont rapidement chuté. En réalité, à l’échelle du pays, pour chaque unité achetée en libre accès, les pharmacies en ont délivré 18 sur ordonnance, et les programmes financés par l’État en ont distribué 30 gratuitement. Autrement dit, l’achat direct par le public, c’est bien, mais ça reste une petite part du tableau.

Lisa Raville, directrice du Centre d’action de réduction des risques à Denver, explique ce paradoxe. Les personnes qui consomment des drogues sont celles qui répondent à une part disproportionnée des overdoses, souvent parce qu’elles sont sur place et hésitent à appeler les secours. Les études estiment que 80% à 90% des renversements d’overdose sont le fait d’un sauveteur qui consomme aussi, pas d’un premier répondant. Son centre doit donc prioriser et ne donne la naloxone qu’aux personnes jugées à plus haut risque.

Le vrai défi, c’est l’argent. En 2022, l’État a alloué 20 millions de dollars à un fonds d’achat en gros de naloxone. Le problème ? La majeure partie vient de fonds fédéraux de relance post-pandémie qui expireront fin 2026. Paul Bishop, du département de la santé publique du Colorado, indique que les projections montrent que le fonds aura assez d’argent jusqu’en décembre 2026 pour approvisionner les groupes travaillant avec les populations les plus à risque. Après, l’incertitude plane.

Les hôpitaux en première ligne, surtout pour les nouvelles mamans

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Face à cette limite des ressources, d’autres acteurs prennent le relais, notamment les hôpitaux. La plupart proposent déjà de la naloxone aux patients traités pour une overdose et aux nouvelles mères considérées à risque. Et pour cause : l’overdose est pratiquement à égalité avec le suicide comme première cause de décès en post-partum.

Rachael Duncan, pharmacienne, dirige un projet de distribution dans les hôpitaux. Elle a observé un résultat encourageant : les overdoses parmi les nouvelles mères sont passées de 20 en 2022 à seulement 8 en 2023, soit une baisse de 60%. Dans le même temps, les overdoses chez l’ensemble des femmes en âge de procréer n’ont baissé que de 15%. On ne peut pas affirmer avec certitude que c’est uniquement grâce à la naloxone, mais la tendance est prometteuse au point d’avoir ému son équipe.

Pour améliorer cette distribution, des hôpitaux testent de nouvelles approches. À l’hôpital régional de Montrose, par exemple, on propose systématiquement de la naloxone à toutes les patientes enceintes lors de la première visite prénatale et quand elles rentrent à la maison avec leur bébé. Jennifer Ackerman, directrice des services pour femmes, parle d’un système « d’exclusion » plutôt que d’adhésion, ce qui supprime le biais de jugement sur qui est à risque.

Le Children’s Hospital Colorado va aussi plus loin en offrant la naloxone à toutes les familles dont les bébés sont en soins intensifs néonatals, ainsi qu’aux parents à haut risque. Le Dr Stephanie Bourque, néonatalogiste, souligne qu’idéalement, on l’offrirait à toute personne qui accouche, car le risque d’overdose augmente après la naissance et les bébés mettent tout à la bouche. Elle compare ça à l’apprentissage des gestes de secours : « C’est aussi normal que d’apprendre à coucher son bébé sur le dos », dit-elle.

Conclusion : Un outil simple, mais qui demande de la vigilance et du soutien

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Le message des professionnels est clair : la naloxone est un outil miracle, simple d’utilisation. Lisa Raville le répète : « On ne peut pas la rater ». Le seul vrai problème, c’est qu’on ne peut pas s’auto-administrer le spray. Elle encourage cependant les gens à se former, ne serait-ce que pour apprendre la respiration de sauvetage pendant les trois minutes que met le produit à agir.

L’État du Colorado a historiquement soutenu l’accès à ce médicament. Dès 2015, la législature avait voté à l’unanimité pour permettre les ordonnances permanentes. Aujourd’hui, la perception a tellement changé que des parents en glissent dans le sac de leur enfant qui part à l’université, « au cas où ».

Mais derrière ces progrès, l’ombre du financement futur plane. Si le fonds d’achat en gros venait à s’épuiser sans renflouement, l’accès pour les plus vulnérables pourrait être menacé. L’enjeu des prochaines années sera de trouver une source de financement pérenne pour que ce filet de sécurité, tissé entre les pharmacies, les hôpitaux et les associations, ne se déchire pas. Parce que, comme le conclut simplement Raville : « Les gens ne devraient pas mourir d’overdose ».

Selon la source : medicalxpress.com

Ce contenu a été créé avec l’aide de l’IA.